‹ Œuvres de Froissart; (volume 2)Chapitre 214 sur 307 · LES COMPAGNIES ANGLAISES · texte numérisé non relu

LES COMPAGNIES ANGLAISES

plus fors, et firent leur armée n Toulouse pour aler garder les frontières à l'encontre de ches compaignes ; car il ne volloient point qu'il passaissent par là, mais alaissent ailleurs quérir passaige, et estoient les Franchois bien XII"* combatans, et les reboutèrent dedens la ville de Montalben. Pour che tamps estoit dedens la ville de Montalben le sénescal d'Aghinois et atendoit là les compaignes , car commandé Ij estoit de par le connestable monsigneur Jehan Candos , lyquels sénescal s'apelloit messire Thomas de Wellefare, vaillant homme. Sy fu moult esmervilliés pourquoy les Franchois faisoient guerre as compaignes , quant encore il estoient ou conduit du prinche, ne à quel title il le faisoient. Il respondirent (les capitaines) que as gens du prinche ne volloient-ils fors que amour, mais les compaignes feront-il tout le pis qu'il pouront ; car che sont pilleur, robeur et gens qui vivent d'avantaige et sans raison, et que nullement il ne leur soufferont à passer le royalme de Franche. Geste response desplaisy grandement as compaignes , et disrent que sy feroient, volsissent les Franchois ou non, ou il moroient tous. Sy se mirent ung jour en ordenanche et vinrent sur les camps. Chil signeur de Franche leur vinrent au devant et les encontèrent moult fièrement, et les compaignes contre yauls. Là eult moult forte bataille et bien combatue, et fait pluiseurs bieau fais d'armes ; ne on vit oncques gens qui si bien se combatirent comme firent ces compaignes, car il n'estoient que ung peu. Sy se prendoient cascuns sy près de bien faire et tant et sy vaillaument que la plache leur demoura, et obtinrent le journée, et en y eult mors grant foison des Franchois, et prirent desquels que voiront. Toutesfois le visconte de Nerbonne, le visconte de Thalar, le visconte de Villaiue, le visconte d'Usez, messire Guy d'Azay et plus de cent et cinquante chevaliers furent

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