RENTRENT EN AQUITAINE
prins : de quoy ly compaignes firent grant grâce à leurs prisonniers , mal recongneute ; car il les raichonnèrent courtoisement pour tant que il volloient avoir argent, et leur besoignoit, et les recrurent sur leur foy et les laissèrent aller : dont depuis trop amèrement s'en repentirent. Vous sarés pourqiioy. Quant chils chevaliers de Langhedoc, de Franche, d'Auvergne et de Prouvenche furent revenu en leur maison, le pappe Urbain V^ qui pour che tamps régnoit et estoit en Avignon, entendy que ches gens de compaigne avoient rué jus ches chevaliers de Langhedooc dessus nommés ; sy en fu durement courouchiés. Sy commanda et enjoindy estroitement à tous cheulx qui rainchonné estoient et qui de le rainchon riens payet avoient, que sur paine de estre entredit et escumeniet sans espéranche de nul rapiel que jamais riens il n'en paient, et les dispensa le pape de leur foy, laquelle chose vint bien à point à cheulx qui dévoient et mal à point as compaignes. Quant il le seurent, sy s'en veulrent-il pourcachier et s'en plaindirent à monsigneur Jehan Candos, comme connestable d'Acquitaine ; mais messire Jehan Candos s'en dissimula pour tant que le pappe y avoit mis le main, et respondy que chils du royalme de Franche n'estoient pas à luy à corriger. Sy demora la cose en cel estât, mais les corapaignons dirent bien que pas il ne les quittoient et que encores, volsissent ou non payer, il les feroient, se en plache où pooir il euwissent, trouver il les. pouroient , et toutesfois le butin et le pillaige qui fut grans et gros et l'onneur de la journée leur demora. Sy s'en vinrent logier et rafreschir sur le rivière de Bourdonne, et se tinrent là ung grant tamps du mois d'aoust jusques à l'entrée de j envier ; car le prince n'eult raie si tost apresté toutes ses besongnes, pour tant que il tendoit à faire che voiage sy grandement et sy estofFéeraent comme à luy appartenoient. Et ossy