G LE PKINCE DE GALLES AJOURNÉ DEVANT LE ROI DE FRANCE
che servaige, poursiévoient le roy de Franche et son consail cauldement, et disoient qu'il avoient resort en se court , et volloient appeller en se court contre le prinche , et requéroient au roy que il leur fesist droit , ou il se trairoient aultre part vers tel seigneur qui leur feroit avoir droit, et ensy il perdroit sa signourie et ses hommaiges. Le roy qui envis les euist perdus et qui resongnoit à relever la guerre pour le doubtance des fortunes, dont le royalme de Franche avoit este cargiés, fu adont sy consilliés que, à le requeste des susdis signeurs de Gascogne et de leurs terres , uns appiauîs fu fourmes pour estre le prinche appellet et venir ou envoler desraisnier son droit en la court de Franche, ch'est-à-entendre en cambre de parlement , et portèrent chil appel en Gianne et droit à Bourdiauls , où le prinche se tenoit, uns chevalier de Biausse qui s'apelloit messire Caponnès de Caponval , et ung clerc de parlement , et firent leur messaige bien à point , et ajournèrent le prinche à la requeste des dessus nommés à estre et venir en le cambre des pers à Paris et oïr droit.
Quant le prinche se senty adjournés de ses subgès , qui se tenoit ly uns des grans du monde et ly plus amés et doubtés de toutes gens d'armes , sy fu moult mérancolieus , et regarda très-félonneusement sur yaulx qui chel appel avoient apporté, et respondy à viaire enbrasé : « Je « yray voUentiers à Paris à mon jour , mais che sera le « bachinet sus ma teste et LX"* hommes d'armes en ma « compaignie. »
Ly dessus dit messaigiers franchois prirent congiet et dirent que vollentiers feroient celle response. Sy vinrent à leur hostel et montèrent, et se partirent de Bourdiaulx et prirent le chemin de Toulouse pour plus tost estre en Franche , et vinrent ghésir à Bergérach , et là passèrent la rivière. L'endemain il furent rencontrés de monsigneur