‹ Œuvres de Froissart; (volume 2)Chapitre 24 sur 307 · MORT DU COMTE DE KENT · texte numérisé non relu

MORT DU COMTE DE KENT

la voie , pour certain il euissent audit roy porté moult grant damaige. Et là eut moult grande bataille et dure et bien maintenue , et furent les Flamens fort assaillis de tous costés, et tellement en vint que il perdirent plache et les convint fuir. Adont le conte de Haynau et messire Jehan son frère se combatirent moult vaillamment et rechurent de ces plançons de Flandres mains pesans horions. Finablement les Flamens furent desconfis et presque tous mors, et demorèrent tous leurs capitaines ochis sur la plache, et furent les banières du roy de Franche portées sur le mont de Cassel. Geste bataille fut l'an de grâce mil trois-cent vingt-huit , le jour Saint-Bertemieu.

Par chelle desconfiture des Flamens qui fut faite à Cassel du roy Phelippe , le premier an de son couronnement , s'en vint le conte Lois de Flandres arière en son hiretaige de Flandres , et lui furent rendues toutes ses droitures. Après che s'en retourna le roy Phelippe en France, et donna congiet à toutes ses gens d'armes, et s'en retourna chascun à son ostel.

En che temps fut informés le jone roy d'Engleterre trop diversement sur son oncle le conte Ayraon de Kent, et ly fut dit par monseigneur Rogier de Mortemer, qui l'avoit cuelliet en grant haine , et par envie , que il se gardast et que son oncle le voloit enpoisonner pour le convoitise de venir à l'iretaige d'Engleterre. Le roy d'Engleterre crut trop follement et trop légièrement che consail , et manda soudainement son oncle à Wesmoustier , et luy dist que mourir luy convenoit ; car il estoit traître contre luy , et oncques le preudome ne se peult escuser , et fut décollés , dont maintes gens d'Engleterre furent courchiés et cou-

Page 1