SUR LES FRONTIÈRES DAQUITAINE
Ernoul d'Audrehem, qui estoit nouvellement mort à Paris sus son lit , et ooient souvent l'un de l'autre , affin que , se les Euglès aprochaissent et qu'il voulsissent lever le siège devant Royauville , il fuissent apparliet. Mais les Englès n'en avoient talent , anchois s'estoient-il retrait en le garnison de Montalben , et les Franchois tenoient les camps.
En che tamps se tournèrent franchois pluiseurs barons de Limosin et de Poito , tels que le visconte de Bruesse , le sire de Melval , messire Raimon de Mareul ses oncles , et encores en fu soupchonné le visconte de Reeouwart.
Les Franchois qui se tenoient sur les marches de Poitiers, mettoient nuit etjour leur entente àpillier villes etfortresses, etexillèrentetemblèrent de nuit uug castiel en Poito sur le marche de Poitiers, que on dist la Roche-de-Ponsay, dont il eurent grant joie ; car il y mirent une belle garnison et en constraindirent grandement chiauls de Poitiers.
Ces nouvelles vinrent au prinche comment messire Lois de Saint-Julien et messire Guillames des Bordes et Caruels avoient prins et esquellé la Roche-de-Ponsay et coustraindoient moult chieaulx de Poitiers, et ossy que le sire de Chauvegni estoit tournés franchois. Sy en fu moult courouchiés, et remanda moult tost à Montalben son marisal messire Guichart d'Angle , monsigneur Lois de Harcourt et le signeur de Pons , le signeur de Puiane et le signeur de Tannay-Bouton et tous les Poitevins , qu'il venissent parler à luy en Angolesme ; car il les volloit emploier aultre part.
Chil signeurs et leur gens à l'ordenanche et commandement du prinche obéirent et vinrent, sans plenté atargier, en Angolesme. Yauls venus, le prinche les institua de aller en Poito et de tout exillier la terre au visconte de Bruesse, Chil signeurs ^o partirent du prinche et