‹ Œuvres de Froissart; (volume 2)Chapitre 261 sur 307 · SAC DE LIMOGES · texte numérisé non relu

SAC DE LIMOGES

armés et à son de trompe il traissent avant ; car il volloit destruire la ville et toute mettre en feu et en flame sans déport et ochire hommes, femmes et enfans. Son commandement fut fais. Tout furent armés et montés à cheval. Sy entrèrent en Limoges , la banière du prinche et celle des marisaulx tout devant. Là estoient pillars et homme tout afaitiet à piet , qui faisoient le persécution et ochioient du peuple , ne nul n'estoit pris à merchy , tant estoit le prinche courouchiés sus yaulx. Sy se requellèrent les chevaliers franchois et les gens d'armes qui là estoient , derière un mur, et là se combatoient moult vaillaument, cascuns desoubs sa banière ou penon ; mais finablement il ne porent durer : sy furent pris et rendu s au prinche, et ly évesques de Limoges pris , qui compère estoit du prinche et auquel le prinche promettoit qu'il ly feroit coper la teste. Ensy fu la cité de Limoges arse et destruite , et grant foison de bonnes gens mors , dont che fu pités , et moult qui couppe n'y avoient à chou. Douze bourgois de la ville avoient tout fait , qui point ne le comparèrent. Le pappe Urbain , qui estoit en Avignon , entendy la destruxsion de Limoges et le prise de son cousin l'évesque et comment le prinche le raanechoit. Sy escripsy moult tost au duc de Lenclastre , en priant au duc de Lenclastre que il luy volsist donner l'évesque de Limoges , et le duc de Lenclastre veult dessendre à le prière du Saint-Père. Sy en pria affectueusement à son frère le prinche que il luy volsist donner , et le prinche luy donna , et le duc l'envoia au pape. Ensy escapa de grant péril l'évesque de Limoges. Sy s'en party le prinche , quant il eult fait tout ardoir et exillier , et le laissa toute vaghe , et se retraist vers Congnach, où madame sa femme estoit, et ses fils Richart, et donna à la plus grant partie de ses gens congiet , et fist cascun retraire en sa. garnison.

BKKiKAiNU DU GUESCLIN EST CKÈÉ CONNÉTABLE. 503

Sycomme chi dessus est dit, messire Bertrari de Glaiquin eult le vois de tout le royalme de Franche à estre connestables, et le fut fait et ordonnés à Paris , dont tous chevaliers et escuiers qui amoient les armes, en eurent grant

En che tamps estoit sy très-bien et fu toudis en le grâce [du roy] le sire de Cliçon qu'il n'y avoit nul moien, siques ehil doy barons le connestable nouvel et le sire de Clichon enprirent le fait de la guerre et commenchèrent tantost à poursiévir cauderaent les Englès et les routes de messire Robert CanoUe, qui se tenoit sur la rivière de Loire ens ou Mainne; car il entendyrent que les Englès n'estoient point bien d'acort, mais se commenchoient à desrompre par le fait d'un chevalier englès qui puisedy en morut villainement à Londres en Engleterre, lequel on appelloit messire Jehan Mestreourde, Sy estoit le connestable de Franche logiés en la chité du Mans, et le sire de Clichon d'autre part en une abéie ens ou Mainne. Messire Robert Canolle, qui sentoit le connestable près de luy , lequel il désiroit à combatre (car encores n'avoit-il trouvé nul fait d'armes), manda son estât tout secrètement à monsigneur Thomas de Grantson et à messire JofFroy Oursellée et à monsigneur Gillebert Gyfart, qui faisoient leur route à par yauls (et povoient estre environ VII lanches), que il volsissent traire avant, car il combateroit le connestable de Franche.

Chil signeurs furent moult resjoïs de ches nouvelles et s'ordenèrent au plus tost que il porent, pour estre et venir là oii messire Robiert estoit, qui les mandoit. Oncques sy secrètement ne se peut chils mandement faire que messire Bertran et le sire de Clichon n'en fuissent ynformés, et se mirent sur les camps atout IIP lanches et droitement en un pas où ly angles dévoient passer, que on dist Pont-Velain.

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