‹ Œuvres de Froissart; (volume 2)Chapitre 27 sur 307 · EN ALLEMAGNE · texte numérisé non relu

EN ALLEMAGNE

puisque là s'estoit retrait en cause de confort et de consail ; et ensy respondy le marquis de Julers et le marquis de Mise et d'Eurient, le marquis de Blanquebourc, le conte des Mons et l'archevesque de Maianclie. « Et pour che, bieau-frère, « dist l'empereur Loys de Bavières, que che ne se puelt « mieulx faire sy soudainement que vous n'aies l'acort du a duc de Brabant, rostre cousin, qui trop vous puelt aidier « en ceste querelle, se il veult , par le confort de son pais « et de ses gens , pour y ariver et venir, vous vos retrairés « en vostre pais au plus tost que vous pourés. Vous aquerés « l'amour du dit duc et des Brabançons et ossy des Fla- « mens, se vous povés avoir, et vous tenrés sur che pays « en Flandres ou en Brabant, là où bon vous samblera, « et entreus je procureray et esploiteray tant devers mes « gens que vous en ares grant partie , et atout ce vous « promech et vous dy que nulle faulte ne trouvères en mes « parolles, quel que che soit, de ma bouche, ne de la bouche « de l'empereur. »

Alors fut le roy d'Engleterre tous resjois, et monstrèrent là ensamble grant signes d'amour ; et là estoit la royne d'AUemaigne madame Margrite, fille au conte de Haynau et seur germaine à la royne d'Engleterre, qui rendoit grant paine envers le roy son marit que le roy d'Engleterre, son bieau-frère, fust adrechiés de ses besoignes ; et tant en che voiage esploita le roy d'Engleterre que il trouva l'empereur tout tel ou plus avant que il le voUoit avoir, et y eult grans alianches ensamble faites et grant confédération et tout par le sens, advis et pourvéanche de messire Robert d'Artois, qui consilloit le jone roy d'Engleterre de tout ce qu'il devoit faire.

Sy vous dis que le roy d'Engleterre donna en la court de l'empereur grans dons et grans joiaulx as barons , chevaliers et escuiers, et fist tant que à che premiers il

46 l'kVÉQUE de LINCOLN EST ENVOYÉ EN HAINAUT,

aquist grant grâce. Quant il eut tout fait che pour quoy il estoit là venus , il prist congiet et se départy de l'empereur moult amiablement et entra en sa navire, Sy singla tant par mer, et toutes ses gens, tant que il ariva au kay à Londres et en che propre lieu dont il estoit partis. Sy fut rechut à grant joie de toutes gens. Depuis se refîst ung grant parlement à Londres de tous les barons et prélas d'Engleterre , et là leur remonstra ly rois che que il avoit trouvé de l'empereur et des Allemans. Chel afaire leur pleust moult bien ; mais encore il fut dit au roy et conseilliet, pour mieulx faire que lessier, que il envoiast une erabassade devers le conte de Haynau pour lui tout conter et en priant que le conte de luy-mesmes envoiast en Franche pour sommer le roy de Franche , ancois que guerre , ne destructions de pays, ne ochission de peuple se meist entre France et Engleterre et pour éviter plus grans maulx qui s'en pouroient suyr.

Sy furent ordonnés de aller à Valenchiennes, ou là où le conte seroit, l'évesques de Lincholle et l'évesque de Durem , le conte de Norhantonne , le conte de Salbry , messire Thomas de Hollandes et messire Jehan de Hartecelle. Sy se partirent les seigneurs du roy d'Engleterre, et montèrent en mer et arivèrent en Hollandes ; car jà ne s'osoient les Englès bonnement fier de venir en Flandres. Car le conte Lois de Flandres avoit mis gens d'armes en garnison, à la requeste du roy de France, en l'ille de Quasant, quifaisoientmoultdemalsurlamer etpar espécial as Englès, quant il les povoient enclore. Tant esploitèrent, les seigneurs d'Engleterre que il vinrent en Haynau en la ville de Valenchiennes , là où il furent liement rechut de par le conte et de madame la contesse pour la cause de leur fille.

Le consail du roy d'Engleterre monstra saigement

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