‹ Œuvres de Froissart; (volume 2)Chapitre 28 sur 307 · LA COMTESSE DE HAINAUT SE REND A PARIS · texte numérisé non relu

LA COMTESSE DE HAINAUT SE REND A PARIS

audit conte sur quelle matère il estoient là venu , ensy que chy-dessus est dit ; et le conte , qui moult ymaginatif estoit et qui en tous affaires moult cler veoit , respondy tantost que son bieau-fils estoit bien conseilliés et que il ne volloit que raison. Dont dist le conte : « Pour l'amour « de mon bieau-fil et de mon serouge le roy Phelippe , et « pour obvyer à ches besongnes , je envoyray ma femme « la contesse en Franche devers le roy son frère, qui luy « prira de par moy que il vueillepar dechà envoler son con- « sail , et nous arons ossy celuy de l'Empire et cheluy « d'Engleterre. » [Les seigneurs englès] qui le conte oïrent ensy parler , furent moult resjoïs et dirent : « Monsei- « gneur, che sera bien fait. Vous povés à ces besoignes « grandement aydier et adrechier : par vous et par vostre « ordonnance s'en volt nostre sire le roy d'Engleterre du u tout desduire. »

Depuis ne demoura gaires de temps que madame la contesse Jehanne de Haynau fut envoyée en Franche de par le conte son marit qui n'y volloit que tout bien ; et en la compaignie de la bonne dame ala messire Jehan de Haynau , son frère. Sy esploitèrent tant par leur journées que il vinrent à Paris où il trouvèrent le roy , le conte d'Alenchon et grant foison de seigneurs qui reçurent la dite contesse et messire Jehan de Haynau moult lieraent , et furent euls deus menés devers le roy qui grandement fut resjoïs de la venue de sa seur. Quant il eurent fait les ungs à l'autre grans foisons d'amour et de révérences , la bonne dame commença à entamer la matère pour quoy elle estoit venue. Le roy par samblant y entendy vollentiers et en fist assés conte , et en respondy à sa seur que il en aroit avis et conseil. Ensy se départirent ce jour sur

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