‹ Œuvres de Froissart; (volume 2)Chapitre 31 sur 307 · L.\ COMTESSE DE HAINAUT · texte numérisé non relu

L.\ COMTESSE DE HAINAUT

roy regarda sur sa seur , et dist : « Ma seur , bien me « souvient de la journée , et depuis en ay parlet à mon « consail et moult consilliet à mes gens. Sy ay trouvet en « consail que en riens je n'estoie tenus de y envoier à Val- « lenchiennes pour traitier, ne parlementer as Englès, car « che sont toutes frivolles. Le roy d'Engleterre est mes « hommes, il m'a fait [foy] liège ethommaigeje ne say qu'il « veult dire du sourplus. Se il voelt perdre sa terre que il « tient par dechà la mer, je le verrai vol len tiers ; car tan- « tost sera donnée à cheus qui bien me serviront. »

Lors la bonne dame , quant elle oy son frère le roy en celle voie et ensy consilliet , sy commença à mettre grant doubte. Adont dist : « Chiers frères , le roy d'Engleterre a « acquis amis de tous lés et par espécial en l'empire « d'Alemaigne. Sy seroit bon , che me samble , anchois « que grant mesquiefs en venist , que on vous mesist (( d'acort; car il demande à avoir droit moult grant à la « couronne de Franche par la sucession du roy Charles , « son oncle. »

De ches parolles ne fist le roy que rire, et dist : « Ma « seur, se je perdoie mon hiretaige par manache, je seroie « bien fortunés. » Oncques la bonne dame n'en pot autre chose avoir , ne esploiter. Adont se parti du roy et prist congiet, et au conte d'Alençon, son frère, et retourna arière vers Haynau , et fist tant par ses journées quelle vint à Valenchiennes.

Quant les préias et les barons d'Alemaigne et d'Engleterre , qui là estoient et qui tout le temps séjourné y avoient , entendirent que la bonne dame estoit revenue , sy eurent grant désir de oyr les nouvelles, et s'en vinrent devers le, conte et où la contesse de Hainau estoit. Adont la bonne dame recorda tout en hault et en général la response du roy Phelippes , son frère, et tout che que elle

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