‹ Œuvres de Froissart; (volume 2)Chapitre 32 sur 307 · RETOURNE A PARIS · texte numérisé non relu

RETOURNE A PARIS

avoit trouvé en luy. Quant les barons d'Engleterre et le conte de Haynau entendirent che , sy en furent durement courouciiiés , et dirent les Englès que le roy Phelippes les prisoit et cremoit peu , quant il n'avoit daigniet tenir sa journée à eulx. Lors se consillèrent ly uns à l'autre comment il en pouroient esploitier, et sur les parolles de ladite contesse en demandèrent cousaii au conte de Haynau qui de riens ne volloit cancheler , mais aler droiturièrement avant : « Seigneurs , vous avés à retourner en Engleterre « devers vostre seigneur mon bieau fils ; sy le me sallués « assés de fois, et luy dires de par moy et de par nous que « à toutes ses besoigues nous luy serons aydant et prest « pour l'amour de nostre fille , et luy présenterons pays « et chevanche , confort et consail bien vollentiers , et, « anchois que vous retournés , puisque commenchiet avés , « je vous loroie que vous sceuissiés l'intention de nostre « cousin , le duc de Brabant , et s'il voldroit aydier nostre « fils en ches besoignes. Au voir dire , il y est moult « tenus , et seroit, se il volloit, car il est son cousin ger- « main. » Adont respondirent. : « Vous nous avisés de che « dont nous vous volimes parler et demander. » Adont regardèrent, présent le conte , lesquels de leur compaignons yroient en Brabant. Sy y furent ordonnés l'évesque de LinchoUe et le conte de Norhantonne.

Ces deus seigneurs se partirent de Valenchiennes et esploitèrent tant que ils vinrent à le Weure. Là trouvèrentil le duc Jehan de Brabant , qui leur fist grant chière et les rechut honnourablement. Sy entamèrent les dessus dit leur matère , et remonstrèrent che pour quoy ils estoient là venus. Le dit duc y entendy vollentiers et en respondy tantost clèreraent , disant que par linage il estoit tenus de aidier et consillier son chier cousin le roy de Engleterre , et dist ensy : « Seigneurs , vous retournerés en Engleterre

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