EDOUARD (Il VICAIUE DE l/llMPlRE
Jehan de Haynau , le duc de Gueldre , le conte de Jullers, le sire de Fauquemont et tout ly alliés ; et là remonstra le roy d'Engleterre ses lettres et tout che que il avoit enpiétré devers l'empereur et requis , et ledit roy à tous ses seigneurs que il le volsissent servir , ensy que ses lettres contenoient. Là n'en y eult nul qui se peuist escuser, ne volsist, fors le duc de Brabant ; mais encore cancliela-il ung petit et dist : « Sire , nous serons tous aparlié pour « aller là où il vous plaira en l'Empire, au commande- « ment de l'empereur , mais non mie où vous voiles aller. » Et dit le roy d'Engleterre : « Devant la cité de Cara- « bray , car elle est de l'Empire , dont elle deuist « obéir à l'empereur , et elle est contraire et obéist au « roy de France, et là vous voel-jou mener, et le conquer- « rons , sy plest à Dieu, se nous poons. » Che fu bien l'acort de tous. Lors respondy le duc de Brabant et dist encores que envis se tournoit englès et envis le laissoit , mais il avoit là parlet et agambé sy avant que il ne povoit reculler , et avoit tant recheu d'or et d'argent du roy d'Engleterre que il ne s'en povoit escuser. Lors dist : « Chier cousin , puisque ensy est que là vous nous voilés « mener , sy deffyés le roy de France bien hastivement , « et vous traies celle part , et, sy trestost que je saray « que vous serés devant Cambray , je vous y venrai servir « à douze cens lanches, » Le roy d'Engleterre , qui veist vollentiers que ses besoignes fuissent avanchies , dist : « Je le feray vollentiers. » Ensy se départy le parlement sur cest estât , et s'en vint adont ledit roy à Brouselles avec le duc , son cousin , où il fu recheus joieusement , et s'acointa sy bien des Brusellois et des chevaliers et escuiers de Brabant, que tout se mirent à son commandement , mais que leur syre le volsist. Quant le roy d'Engleterre eult là esté bien ung mois , il s'en départy
LliVÉQUE DE LINCOLN DÉFIE PHILIPPE DE VALOIS. 05
et s'en retourna vers Gant, sur cel estât que pour esmouvoir ses gens et pour aller avant et venir devant Cambray, ensy que l'ordonnanche portoit. Lui venu à Gant , il y trouva la royne sa femme en l'abéie de Saint-Pierre, qui jà y estoit venue , et là tinrent leur ostel. Sy estoit souvent vissités de Jaques de Hartevelle et des bourgois de Gant , et madame la royne , des bourgoises.
En che temps envoia deffyer le roy d'Engleterre le roy de France par levesque de LincoUe qui flst bien son messaige en la ville de Paris , et lîst [tant] que le roy de Franche se tint bien pour déifiés, et retourna arière à Gant vers le roy son seigneur qui le vey vollentiers et \y demanda au retour quel semblant le roy Phelippe avoit dit, ne fait : « Certes , dist l'évesque, il n'en fist que rire, « et dist que vous aviés songiet que cuidiës estre roy de « Franche. »
Or avint que quant le roy Phelippe se vit defFyet du roy d'Engleterre , il n'en flst mie grant conte , et fist coppyer tantost les lettres de defiîanche et les envoya partout [vers] les hauls seigneurs qu'il pensoit avoir à ayde et confort , est-assavoir devers le roy de Behaigne , l'évesque de Liège , le duc de Loraine , le conte de Bar et ensy devers les autres. Adont il envoia gens d'armes en la cité de Cambray et avecques eulx messire Gallois de le Baume et messire Tibaut de Moreul , le sire de Neufchastel , le sire de Roie , le sire de Coucy , le sire de Raineval et bien cinq cens lanches de bonnes gens d'armes , car bien pensoit que il seroient assalis. De chela prouveirent la cité et de toutes autres choses , et osy prouveirent tous les casteaux d'environ.
Or reviens au roy d'Engleterre , qui se tenoit en la