EDOUARD 111 PREND LE TITRE DE ROI DE FRANCE
« les armes de Franche ; car autrement nous ne vous « povons bonnement servir contre le dit royalme , se « nous ne voilons estre escumeniés. A che sommesci nous obligiet de pièça. Et quant vous ares che encher- « giet , comme roy de Franche , vous nous requerés de « serviche pour vostre droit hiretaige aidier à recon- « quérir que à tort on vous oste , et ensy vous nous « ares tout aparliés. »
Quant le roy d'Engleterre entendy che , sy fut durement pensis et ne respondy mie sy trestost , fors tant qu'il en seroit consillié. Sy se départyrent adont sus cel estât les Flamens , et dit que dedens trois jours il en responderoit ; car dur estoit au roy d'Engleterre, sicomme il disoit , d'enchergier les armes et le non de che dont il ne savoit se jamais il y aroit riens , et que à trop grant blâme luy pouroit retourner. D'autre part , il considéroit la bonne vollenté et le grant affection des Flamens qui de che le requéroient et qui en son conquest trop aydier et valloir luy pouroient , et que sans che , puisque en teste l'avoient , jamais il n'en auroit l'aide , ne le confort , syque , tout considéré et pensé le bien contre le mal , il fu sy consilliet qu'il encherga les fleurs de lis de France. Adont furent les Flamens tous resjoïs , et dirent que il yroient partout avec luy là où il volroit.
Quant le roy d'Engleterre eult tous ses besoignes ordonnées , il se party de Gand et vint à l'Escluse, et là trouva-il ses vaissiauls tout apparilliés qui l'atendoient. Sy monta et tout sa route en mer et singla tant qu'il' ariva à Londres au quay sur le Tamise , et laissa madame sa femme en la ville de Gant delés les Flamens et Jaques de Hartevelle qui souvent la visetoit. Aussy faisoit le