DEFAITE
chevauchèrent devers "Warneston. Or les convenoit-il passer asés près de la ville de Lille, qui estoit françoise. Sy fu seu leur allée par espies en la ville de Lille.
Adont se mirent en esbuque cheux de Lille, et firent trois agais, et en chascuue route a voit cinq cens compaignons. De che ne se doubtoient les Flamens , et chevauchoient sur la conduite de monseigneur Vafflart de le Crois, qui moult longement avoit guerryet ceulx de Lille et porté pluiseurs damaiges, et sy savoit toute les torses et les chemins de autour de Lille. Sy avoit empris de mener les Englès et Flamens sauveraent et sans péril au dehors de Lille , mais il faly à son pourpost ; car, quant il vint à che pas où il cuidoit passer, il retourna , car il y trouva tel empeschement et tel tramquis, que c'estoit chose impossible de y passer. Sy fu tous esbahis, et dist ensy au conte de Sallebrin : « Monsigneur, on nous a defFendu le voie par « chy depuis que je n'y passay, et se n'y a pas quinze « jours. Si vous consaille, puisque par chy passer ne « povons, que nous retournons arière et prendons ung « autrechemin, oùje vous menray. [Che] sera plus loing de « chestuy environ trois lieues , mais nous yrons sauve- « ment et sans dangier de cheulx de Lille. »
Adont s'avisa et aresta le conte de Salbrin, et dist : « II « nous fault au vespre estre au Pont-de-Fier, où Jaques de « Hartevelle nous atent ; car ainsy je luy ai mandé. Allons « au bout de che fosset : nous trouverons voie. Cheus de « Lille ne nous querroient jamais chy. » Quelle chose que messire Vafflars desist, ne quelle cose que il leur remonstrast, oncques le conte de Sallebrin ne le volt croire, que il ne alast au debout du fosset, et puis entra en un vert chemin qui tout droit les mena là où cheulx de Lille avoient fait leur embusque, et ne s'en donnèrent garde, sy furent droit sur eulx, et ne peurent reculler. Messire Wafïlart de