‹ Œuvres de Froissart; (volume 2)Chapitre 58 sur 307 · SAC DE MARCHIENNES · texte numérisé non relu

SAC DE MARCHIENNES

le conte et tous les autres furent courouchiés ; et messire Robert , ses frères , gaigna , dont le roy Phelippes et tout les Liégois furent resjoïs. Ensy se passa ceste besoigne.

Pour ce ne demoura gaires que le conte de Haynau ne courust tous les jours et ne fist aucuns fais d'armes , et vint passer oultre la rivière de le Scarp , qui keurt à Douay , et ardy la ville et l'abéie de Marchiennes , et y fu pris messire Ames de Wernans , qui gardoit l'abéye , et y eult grant assault. Sy vous dy que le conte , en contrevengant les despis que les François luy avoient fait en celle saison, fist pluiseurs damaiges d'un lés et de l'autre ens ou royalme de Franche , et estoit plus aigre de guerrier et de souvent chevauchier que nuis des aultres.

Encores y eult une compaignie de Haynuiers , assés tes après che que messire Guillame de Bailleu fu revenus , et se advisèrent cheulx qui l'entreprirent , que il le feroient sans parler à leur marescauls et en priroient aulcuns Allemans. Des Haynuiers y estoient messire Florens de Biaurieu , messire Olyfars de Ghistelle , le sire de Gommegnies , le sire de Semeries, le sire de Floyon , le sire de Sars et pluiseurs aultres ;et des Allemans le sire de Kenkeren , messire Thiellemans de Sausy, messire Renault de' Scouvort et pluiseurs aultres , et estoient bien trois cens lanches tout d'une alianche ; et se partirent sans che que le conte de Haynau , ne messire Jehan de Haynau , ses oncles , en sceust riens. Sy vinrent passer au Pont-à- Tressin , oîi leurs gens avoient esté rués jus des Liégois. Quant il furent oultre , il ordonnèrent à estre coureur

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