LA COMTESSE DE MONTFORT CONTINUE LA GUERRE
« nous vous venrons secourir , car nous ne sommes pas « loing. » Dechesparolles se tint grandement content ledit raessires Charles , et les en remerchia. Adont prirent congié à lui et à madame sa femme qui s'appelloit ducesse de Bretaigne , et retournèrent tous en France , et chascun râla en son pais.
Ensy demeura le conte de Monfort en dangier , et messire Charles de Blois et sa femme se tinrent toute celle saison en la cité de Nantes. Sy vinrent pluiseurs chevaliers et barons de Bretaigne faire hommage audit messire Charles et le tinrent à seigneur de par madame sa femme, tels que le viceconte de Rohen , le sire de Clichon , le sire de Bieaumanoir , le sire d'Ansenis , le sire d'Avaugor , le sire de Malatrait , le sire de Gargolle , le sire de Cuitin , le sire de Lion , messire Charles de Dignant , le sire de Crais, le sire de Rieus et pluiseurs autres barons et chevaliers.
Aussy en demeura aulcuns du costé de la contesse de Monfort , qui se tenoit à Hambon , de laquelle dame je vous voel un petit parler, pour le grant confort dont elle fut plaine ; car elle avoitcuer d'homme et de lion. Quant elle vey que ses sires estoit prins et en mains de ses ennemis , dont elle pensoit mieulx que on le feroit morir, que autre chose , elle prinst ung jone vallet , que elle avoit à fil , que on appelloit Jehan , ensy que son père , et chevauça de fortresse en fortresse (en toutes celles qui se tenoient pour luy) , en remonstrant as chevaliers et escuiers et as bourgois des chités et bonnes villes son jone fils, et leur dist par trop bieaulx langaige : « Mes « amis, mes bonnes gens, veschy vostre droit hiretier et « seigneur : se je ay qui vous fera les grans dons. Se je