ROMPT LA TREVE
(( C'est ung raeffait qui ne fait mie à pardonner. Et « sachiés que samblablement je fesisse de vous, et avoie (( en mon consail de che faire , se che n'euist esté mon « cousin le conte d'Erby qui nous en a priet (et à sa « prière je suis descendu , sy l'en sachiés gré), et c'est « que je vous mette à raenchon, et je le feray vollentiers. « Je say assés bien que vous pairies bien trente mille « florins , se je vous volloie apresser ; mais je vous quit- « teray pour dix mille , parmy tant que, à vostre retour , « sans aller autre part, vous yrés tout droit devers *mon « aversaire de Vallois, et li dires que je luy mande {( que il nous samble , à notre consail ossy , que il a « enfraint et brisiet les trièves qui furent prinses et « ordonnées devant Venues, quant en nostre despit il « a fait mourir sy vaillans hommes tels et tels et sans « nul title de raison, pour quoy nous le defRons, et lui « ferons guerre hastivement. Et lui dite che de par nous, « et vostre raenchon paires dedens deus mois, vous « revenus par delà la mer, et la porterés à Bruges ou « ferés aporter. Et encores dirés-vous à tous chevaliers « et escuiers du roialme de Franche , à qui vous parle- « rés , qu'il ne laissent mie pour che à venir à nostre « feste ; car il aront bon sauf-conduit et sauvegarde , et « leur ferons bonne chière , ne jà ne leur monstrerons « nul mautalent. » Messire Henry de Lion fut tous resjoïs , quant il sceut que il n'aroit garde de mort et que passeroit parmy paiant sa raenchon ; et grandement remerchia le roy et le conte d'Erby, et dist que son messaige il feroit à son povoir. Ne demora gaires de tamps qu'il se party d'Engleterre et monta à Hantonne pour ariver en Bretaigne ; mais il fist [tel] tourment sur la mer , que quant il eut pris terre, il luy convint chevaucliier en litière jusques à Paris , et fist son messaige au