‹ Œuvres de Froissart; (volume 2)Chapitre 95 sur 307 · EST ENVOYÉ EN GASCOGNE · texte numérisé non relu

EST ENVOYÉ EN GASCOGNE

et (luant il enrent ensy esploitié , ils passèrent outre et laissèrent le chastiel tout entier sans garde et sans abatre, dont depuis s'en repentirent , et allèrent devant la chitë d'Angolesme, et l'asegèrent tout entour ; car bien estoient gens pour che faire.

Quant le conte d'Erby , qui se tenoit à Baurdieaulx entendy que le duo de Normendie estoit venus à si grant host en Acquitaine pour reconquerre les villes e't les chastieauix que concquis avoit, et que jà avoit prins Miremont, et ossy Villefranche, et toute reubée, mais au chastiel n'avoient-i! point esté, anchois l'avoient laissiet tout vaghe, il appella quatre chevaliers des siens. Sy leur pria et enjoindy que il s'en allaissent devers Villefranche et entrassent ou chastiel et le reparaissent et le tenissent contre tout venant ; et , se il avoient besoing , il les yroit secoure : de che fussent-ils tout asseurés. Les quatre chevaliers obéirent, tels que je vous nommeray : messire Estienne de Tomby , messire Richart de Hesbedon messire Raoul de Hastinghes et messire Normand de Smefordes. Ches quatre chevaliers, à l'ordonnanche du conte, prirent C lanches et IIP archiers et s'en allèrent devers Villefranche. Sy se boutèrent ens ou chastiel , que les François avoient laissiet, et coururent moult avant ens ou pais, et y amenèrent grant foison de vivres , de quoy le duc de Normendie et les barons de France furent moult courouchiés , quant il sceurent ces nouvelles , et que les Englès s'en estoient saisy.

Quant le conte d'Erby ordonna pour aller à Villefranche les chevaliers dessus nommés , il lui souvint de la garnison d'Aguillon , et sy institua monseigneur Gautier de Mauny , messire Franque de Halle , messire Jehan de Lille , messire Thomas Kok . messire Robiert de Noefville et messire Jehan de la Souce et pluiseurs autres

XVII FROISSART. .g *

èsquels il sefioit, de aller celle part, et leur dist : « Seigneur et compaignon , vous savés et entendes que le « duc de Normendie est trop efForcliiement venus en che « pais et que nous ne sommes pas gens assés pour le « combatre. Sy nous faura guerrier par garnisons ; et « pour che je vous envoie en Aguillon que nullement je « ne voldroie perdre, car je le tieng pour mon garde-corps. « Et prendés des gens d'armes et archiers che que bon « vous samble et que le fortresse puelt porter. » Ces chevaliers obéirent , et dirent que vollentiers il yroient. Sy se partirent de Bourdiaulx atout VF armes de fer et ir archiers, et chevauchèrent tant qu'il vinrent à Aguillon. Sy se boutèrent en la ville , et coururent tout le pais d'environ, et y amenèrent grant foison de pourvéanches.

Le siège pendant devant Angolesme , mist une chevauchie de gens d'armes sus le sénescal de Biaukaire; mais il en pria anchois le duc, et le duc lui acorda, pour tant que il le sentoit bon chevalier. Sy furent en celle chevauchie environ Vl"" lanches, et il avoit pluiseurs grans signeurs de Franche et d'Auvergne , et chevauchèrent tout sur le confort dudit sénescal qui congnoissoit le pais , et tant esploitèrent que il vinrent devant ung bois assés près d'une ville qui s'apelloit Anthonis, qui nouvellement estoit rendue as Englès, et estoient là dedens VP" lanches et Iir archiers, qui disoient que bien se defFenderoient , se on les assaloit. Là vint une espie des Franchois au devant du sénescal de Bieauquaire , qui leur dist Testât de la ville et quel gens dedens il estoient. « Et vous dy, « monsigneur, dist l'espie, que j'ay veu à che matin yssir « la plus belle proie de la ville, qui est en ces mares chy-

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