‹ Œuvres de FroissartChapitre 16 sur 75 · FROISSART. — XIV · texte numérisé non relu

FROISSART. — XIV

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boire et vint ce jour gésir & Ghastei-No^^uf-d'Aury , et puis de là toosjoors en avaot, et expioitta tant par ses jouniée3 qu*il vint à Montpellier où il fut recheu à joye, et là se tint trois jours pour luy rafireschir ; car la ville de Montpellier, les dames et les damoiselles lay plaisoient grandement Inen. Si avoit-il grant désir de retoarner à Paris et de veoir la royne.

Or advint-il ong jour qne, luy estant à Montpellier, en genglant à son firère de Thooraine, il dist : « Beau frôre , je « vouldroie que moy et vous fiiissicMis orée à Paris, et noetre « estât fttist hardiement * jà sioomme il est , car j*ay grant « désir que je voye la royne et * ma ' belle soeur de Thou- « raine. » Le duc respondy et dist : « Monseigneur, nous n*y « serons pas par nous y souhaidier ; il y a ung trop grant « chemin de cy. » Respondy le roy : « Vous dittes vérité. « Si m*est-il advis que je y seroietantost au fort, se je vou- « loie. » — c Voire à force et à exploit de chevaulx , dist « le duc de Thouraine , et non autrement. Pareillement « aussi seroie-je, mais cheval m*y porteroit. » — « Avant I « dist le roy , lequel y sera plus tost de moy ou de vous ! « Faisons-y gaigeure. » — « Je le vueil , » dist le duc qip voulentiers se mettoit en payne pour gaingner Taif^ent du roy.

^ Haatie * fut *prinse entre le roy et le duc pour V" frans à gaingner sur celluy qui derrain seroit venu à Paris et à partir à Fendemain et tout d*une heure, et n*en povoient mener que ung varlet chascun avec luy, ou ung chevallier pour ung varlet , on le doit ainsi entendre. Nul ne brisa , ne contredist à la gaigeure. Ils se mirent au chemin ainsi que ordonné fut. Le sire de Garensiôres estoit delés le roy : plus n ot*il de compaignie. Le sire de la Viesville estoit

•Icy. — ^ VoM — ^ Ahâtie. — • A.

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avec le duc de Thouraine. Or chevauclièrent ces IIII qui estoient jeunes et de grant voulenté nuit et jour, ou ils se faisoient charrier quant ils vouloient reposer, se il leur plaisoit ; et devés sçavoir que ils remuèrent plusieurs chevaulx.

Le duc de Bourbon retourna par le Puy-en- Auvergne en son pays et ala veoir son ^ grant père * sus son chemin, le conte daulfin d^Auvei^ne et la contesse daulâne et leurs enrans , dont ils avoient jusques à VIII , que filles, que fils, et tous frères et suers de la duchesse de Bourbon sa femme, mais cestdit d\in remariage.

Or cheminèrent le roy de France et son frère le duc de Thouraine à grant exploit, et se mettoient chascun en grant painé pour gaingnier Taisent et les flourins lun de Tautre. Considérés la paine que ces deux riches seigneurs , par ' joieusété * et libéralité de courage, entreprindrent. Le roy de France irïst quatre jours et demy à venir en la cité de Paris , et le duc de Thouraine n'en y mist que quatre jours, et ung tiers. De si près sieuvirent-ils lun l'autre. Et gàf^a le duc la gaigure par tant que le roy se reposa enviroii huit heures de nuyt à Troyes-en-Champaigne , et le dit duc se mist en ung batel en Saynne et se flst navier pariny la riTték*e de Saynne jusques à Melun-sur-Saynne, et là monta à 'cheval et chevaucha tant que il vint à Paris, et s'en ala à Sâiàt-Pol devers la royne et devers sa femme, et demanda nonvelfes du roy, car encoires ne sçavoit-il se il estoit venu ou non, et quant il scent que il n'estolt point venu , il fut tout rêsjoày et dist à la royne de France : « Madame , vous burés tan- « tost nouvelles. » Il dist vérité , car le roy depuis îâ venue de son frère de Thouraine ne séjourna point longuement, et,

•-■ Beau-pére. — *^ Jeunesse.

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