‹ Œuvres de FroissartChapitre 19 sur 75 · DE VENTADOUR · texte numérisé non relu

DE VENTADOUR

1 ambarde *. 9 Âlsdn respondi encoires et dist : « Je ne Fouvreray pas , ne feray ouvrir jasqaes à tant que je aoray reoeu les deniers et mis en saulf lieu et ségur , et , lorsque je les auray reoeus , je querray les clefs. Respondirent les chevalliers : « Nous ne voulons pas tant attendre , et vous disons clôrement : sur vos paroles nous n'espérons nul bien, et monstres que vous nous voulés décepvoir et trahir. Si mettons main à vous et à vous aussi Pierre Rous de par le roy nostre sire et monseigneur de Berry ; et sera la tour ouverte incontinent et deussions rompre Tuys ' à force ^ , et seront tous les lieux de chéans cherciés , hault et bas, pour sçavoir qife vous n*y aies mis , ne repus quelque embusche. Se nous trouvons dedens le chastel chose qui à trouver ne face , vous estes perdus sans pardon , ne rémission nulle ; car raison le jrouldra. Et, se nous trouve^ le chastel en bon convenant ainsi que léalle marchandise doit porter , nous vous tenrons en vostre marchié bien et paisiblement , et vous ferons conduire en saulf lieu et seur jusques ens es portes d'Avignon, se il vous besoingne. »

Quant Alain Rous et Pierre Rous entendirent ces paroles et ils se veifent arrestés, ils furent tous esbahis et furent ainsi que demy mors , et se repentoient trop fort de ce que ni avant avoient parlé , car ils veoient bien que ils estoient décheus. Les chevalliers firangois perceurent bien que ils estoient coulpables de ce dont ils les ^ amettoient * et que la chose n*estoit pas en bon estât. Si firent signe à Tun des l^irs qui portoit le cor , que il le sonnast pour Étire saillir avant Tembusche ; il le sonna. Ceulx de Tembusche Fouirent : si férirent tantost des espérons et dirent : « Alons , m alons & Ventadour, car Ten nous y demande. Nos gens

*^ Aabarde.. place. — ^* Par puissance. — ^ Soopçonnoient.

100 SIÉGB

% n ont point trouvé la chose en bon c<mvenant pour Alain « Rous et Pierre Roos. Il y a quelque trahison, i Ceulx de Tembusche furent tantœt ^ au chastel , car ils n^eatoient pas loing. La barritoe estoit ouverte et la porte aussi et bien gardée dés François : les Bretons du fort n*en furent pas maistres. Si entrèrent dedens habandonnéement et trouvèrent leurs capitaines emmy la court « qui parloient aux Bretons.

Or furent plus esbahis assés que devant Alain Rous et Pierre Rous, quant ils se veirent ainsi adviroimés de kors ennemis , et si se sentoient à trop fourfaia. Ceulx qui estoient enclos et repus dedens la tour, ne scavoient riena de ce convenant , ne savoir , ne veoir ne povoient ; car la tour estoit trop espesse. Les aucuns d eulx disotent : t Xaj

• oj en place grant son de murmuration. Nous pourrions « estre tous attrapés^ car François sont trop soubtils* Nous «. cuidons prendre, mais nous serons prins. Alain 8*est « décheu , et nous aussi , et ne povons de cy ' partir ' , sa

• ce n*est par son congié. •

Sachiés que ils voulsissent bien estre autrepart et à bonne cause , car mauvais jour leur ^ a4Jounia * à Alain Rous et Pierre Rous aussi ; car, quant messire GuiUemme le Bouteillier et messire Jehan Bonne-Lance se veirent au dessus du chastel , si parlèrent et firent leur £Eut plus bardiement , et les flourins qui estoient espars sur les tapis , ils remirent eus es paniers , * voiant Alain Rous et Pierre Rous qui estoient jà ^ saisis des compaignons * ; et dirent de rechief : « Alain Rous et vous Pierre Rous , ensdgniés- « nous les cleis de celle tour , car il nous fanlt entrer « dedens et veoir ce qui y est. » Ceulx qui prolongoiant

• Veaot. — ^ latir. — *-• Adjoumera. — • Ce. — '"• Des compaignoQi tous eiiTironnét*

Page 1