‹ Œuvres de FroissartChapitre 27 sur 75 · EXPÉDITION · texte numérisé non relu

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cheTalIiers et escuiers qui en ce voyage vouloient aler , et la cause qui les mouvoit à ce faire , je le vous diray.

De long temps s estoient les Afiriquans avanciés par mer et venus guerroier ' les frontières des Genevois , pillié et robe * les entrées et yssues ' que ils tiennent encloses en la mer qui à ceulx obéissent, et meismement en emblant quant ils ne s en donnoient de garde. Toute la rivière de Gennes gésoit et séjoumoit en péril par ceulx d*Âffi*ique, et avoient et ont encoires par devers eulx une ville séant en mer, qui est oultre mesure forte , laquelle ville on appelle Afirique , garnie et pourveue de tours , de portes et de hauls murs durs et espès et de parfons fossés, et sicomme la forte ville de Calais est ^ clef ^ , et quiconques en soit sires , il peult , quant il voeult « entrer ou royaulme de France et ou pays de Flandres et aussi aler par mer et l retourner et faire soudainement par puissance de gens d*armes des maulx à plenté , tout ainsi par comparaison celle ville d*Afiânque est clef et retour des Barbarins et de ceulx du royaulme d*Auf* frique et du royaulme de Bougie et de Thunes et des royaulmes incrédules de par delà. Et leur vient la ditte ville trop grandement à point ; et trop ressongnoient les Genevois qui sont grans marchans , celle ville d*Affirique ; car souvent par mer ils estoient agaittiés et attains des escumeurs d*AufiHque, lesquels, quant ils veoient leur plus bel, oooroient sus aux Genevois alans et retournans en leurs marchandises , et les desroboient et mettoient tout à bort , et faisoient de la ville d*AufiHque leur * garenne ' et font encoires ; mais , pour y pourveoir , les Genevois qui sont riches et puissans par mer et par terre et qui ont grans seigneuries , regardèrent et considérèrent le fait des Affriquains et des Barbarins : aussi à la complainte de ceulx qui

• Et hérier. — ^ Ules. — ^ ChieC — •^^ Waiwne.. Oarande.

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