DU DUC DE BOURBOH
demeurent et sont ens es ysles subgettes à ceulx, enclos de la mer et la rivière de Gennes et tels que ^ Tisle d'Albe , Tisle • de Sie ' , Tisle de ^ Corse ^ , Tisle de • Bauscan ^ , Tisle de * Gorgennen ^ , et jusques au gouffre du Lyon , et aussi des ysles de Sardagne et de '^ Sardigne ^' et jusques en Tisle de Maiogres ; mais ces trois isles obéissent au roy d*Arragon. Et jettèrent leur visée par commun et général accord que leur fait par espécial ils signiffieroiant en France en lostel du roy, et feroient offre et présent à tous chevalliers et escuiers qui vouidroient ^' passer mer aveuc euls pour asségier la malle ville d*Affrique, de gallées et vaisseaulx chargiés de bescuit , de eaue doulce et de vin aigre , pour eulx mener et ramener à leurs frais et coustenges, mais qu*ils euissent pour lesdis voyages à chief et à capitaine Tun des oncles du roy ou son frère le duc de Thouraine qui pour ce temps estoit jeune et *' à venir ** et qui devoit traveillier pour conquerre honneur. Et aroient en leur compaignie et ayde les pellerins estranges ^^ douze '* mil arbalestriers genevois tous d'espreuve , VIII™ gros varlets aux lances et aux pavais, et tous ^^ descoustagiés **. Et le faisoient les Gennevois pour tant que ils sentoient et veoient que trièves estoient données par mer et par terre à durer trois ans entiers dentre les royaulmes de France et d'Angleterre. Si supposoient et ymaginoient que pour celle raison chevalliers et ^cuiers tant en France comme en Angleterre séjournoient, ne apparans estoient de nulle part où ils se deuissent, ne peuissent ensonnier : si en recouvreroient plus ^' légièrement *\ Quant les premièraines nouvelles en vindrent en France
• Ceulx de. — •• D'Isja. — *^ Qnerse. — •-' Boascan. — ••• Gorgonne». — «•" Sëcile. — *• Venir et. — «»-•♦ Advenant. — ••-•• Dix. — ""*• A leurs despens. — ••-■• Largement.
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de celle emprise en Tostel du roy, vous devés sçaroir que les seigneurs et les chevalliers du royaulme qui se désiroient 1^ ayanchier , en furent moult resjouis , et fut dit aux embassadeurs des Genevois qui la certifScation de la besongne avoient apportée , que point ne s*en retoumeroient ^ sans estre oys , ne secourus ; car la requeste pour aidier la foy crestienne à augmenter estoit raisonnable. Si les flst-on séjourner à Puris pour pourveir à ces besongnes et exami« ner les poins et les articles de leur requeste, et pour regarder qui pourroit estre chief et capitaine de ce voyage auquel tous ehevalliers et escuiers obéiroient.
Le duc de Thouraine de trop grant voulenté 8*y offiroit et représentoit ; mais le roy et son conseil ne luy vouloient accorder en nulle manière , et disoient que ce n*estoit pas ung voiage pour luy. Or fut r^ardé et avisé, ou cas que les Genevois requéroient le firôre ou Tun des oncles du roy , que le duc de Bourbon qui oncles estoit du roy , seroit chief et souverain de ce voyage et auroit à compaignon le seigneur de Couçy. Quant les Genevois qui en ambassade estoient venus en France, orent la response du roy certaine com* ment conclut et accordé estoit que sans nulle &ulte ils seroient celle saison secourus des chevalliers et escuiers de France , et auroient le duc de Bourbon À * souverain ' capitaine , qui estoit oncle du roy , si se tindrent grandement à contens et prindrent congié au roy et & somconseil , et dirent qu ils vouloient retourner en leur pays et recorder ces nouvelles, par quoy on se pourverroit sur ce. Respondu leur fut que ce seroit bien fidt. Us se départirent et mirent an retour.
Or s^espardirent ces nouvelles parmy le royaulme de France que le voyage se feroit d'aler en Barbarie » lequel
' Arriâra. — *•* Chef «t.
DU DOC DB fiOURBON. 185
Toiagd aux anlcims chevalliers estoit plaisant et acceptable , et aux aolcons non , et sachiés que tons cèulx qui bien y Youlsissent aler , n'y alèrent pas. Premièrement , car on aloit à ses firais, ne nul hault seigneur ne délivroit fors ceulx de son hostel. Secondement , ordonné fut que nul ne passeroit oultre de la nation de France sans le congié du roy ; car on ne vouloit pas que le royaulme de France fust trop desnué de chevalliers et d'escuiers ; et si fut dit et ordonné, et bien Favoient mis en terme les Genevois, que ils ne passeroient nuls varlets fors que gentils hommes et gens de fitit et de defiense. Et aussi regardé fut pour le meilleur et pour complaire aux autres nations hors du royaulme de France, que ^ tan;t * bien à cel honnourable voiage dévoient partir chevalliers et escuiers ' d'autres royaulmes , comme ceulx du royaulme de France faisoient. Geste ordonnance fut bien comprise et assise, et en sceurent chevalliers et escuiers hors du royaulme de France grant gré au roy et à son conseil.
Le duc de Bourbon qui chief estoit de ce voiage , envoia tantost ses officiers en la cité de Gennes où les pourvéances 86 dévoient faire, pour pourvoir ce que à luy et à son estai appartenoit. Le gentil conte Daulphin * qui en ce voyage vouloit et devoit aler , envoia à Gennes faire ses pourvéances. Le sire de Coucy ne demeura pas derrière , mais aussi y envoia. Et messire Guy de la Trimouille , messire Jehan de la Trimouille , messire Jehan de Vienne , amiral de France , et tous les barons et seigneurs qui ordonnés estoient de là aler , y envolèrent aussi grandement et puissamment , selon ce que chascun sentoit son affaire et vouloit monstrer son estât *.
Messire Phelippe d'Artois , conte d'Eu , messire Phelippe
Autai. — ' Estrangers. — * D*Auvergae. — ' Et poiatance.
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de Bar , le conte de Harcoort et messire Henry d^Antoing ne se misrent pas derrière , mais enroiôretat faire leurs pouryéances ainsi que à ceulx appartenoit. De Bretaigne et de Normendie s ordonnèrent aussi grant foison de gens d*armes et de seigneurs pour aller ou dit voyage ^ Le sire de Ligne et le sire de Havrech en Haynnau s*ordonnèrent et ordonnèrent aussi en ce temps grandement de leurs affaires pour aler ou dit voyage. Le duc de Lancastre avoit aussi ung fils bastard qui s*appelloit messire * Beaufort * de Lancastre ; si eut grâce et dévotion qu*il Tenvoieroit ou dit voyage. Si lepourvey grandement de chevalliers et * de souldiers ^ d'Angleterre, nobles hommes et toutes gens de bien d'honneur , pour le compaignier en ce voyage. Le conte de Foix n'euist jamais son fils bastard messioe Yewain de Foix laissié derrière , mais le pourvey de chevalliers et d'escuiers de Berne grandement , et vouloit qu*il tenist bon estât et bien estoffé..
Tous les seigneurs qui se ordonnoient pour là aler , se pourveoient et estoffoient moult grandement , et chascun lun pour Tautre, et sur la moienne du mois de may les plus loingtains demourans de la ville de Oennes se départirent de leurs hostels et se misrent au chemin pour venir vers Gennes , où rassemblée devoit estre et où les gallées et vaisseauls et les naves se chai^oient. Si misrent bien ung mois ou environ à là venir avant que ils fuissent assamblés.
Les Genevois de leur venue estoient grandement resjouis et faisoient aux chiefs des seigneurs grans dons et beaulx présens pour euls tenir en plus grant amour ; et quant ils furent tous venus à Gennes et au long de la rivière de Gennes , ils * sceurent tous Tun de ^ Tautre. Il fut sceu et nom*
• De Barbarie. — " Henry. — *^ D'eacayn. — ••' Saiwent tooa ron.