‹ Œuvres de FroissartChapitre 29 sur 75 · DU DUC DB BOURBOH · texte numérisé non relu

DU DUC DB BOURBOH

bré par l'ordonnance de mareschaulx que ils estoient qua* torse' cens cheyalliers et escuiers. Si entrèrent tous ens es gallées et vaisseaulx frétés et appareilliés de tous poins si bien que vaisseaulx courans parmy la mer pôvent estre , et se départirent du port de Gennes et d*une * veue ' environ la Saint-Jehan-Baptiste que on compta pour lors en l'an de grâce mU CCC.IIII« et * XI ^

^ Grant beaulté et grant plaisance fut à veoir Tordonnance du département comment ces bannières , ces pennons et ces esctts armoiés bien richement des armes des seigneurs venteloient au vent et resplendissoient au soleil et de oyr ces trompettes et ces clarons retentir et bondir , et autres ménestrels faire leur mestier de pipes et de chalemQlles et de naquàires, tant que du son et de la voix qui en yssoient, la mer en retentissoit toute.

Ce premier * jour ' que ils entrèrent en leurs vaisseaulx en eulx assamblant , ils ancrèrent et se tindrent la vesprée et la nuit à l'ancre en Tembouchure de la haulte mer , et devés sçavoir que tous les varlets et les chevaulx demeurèrent derrière , et ung cheval de * soixante ^ frans on Tavoit à Gennes pour dix frans ; car plusieurs chevalliers et escuiers qui en ce voyage aloient et se mettoient , ne scavoient quant ils retourneroient , et si n'avoit-on lors à Gennes que cinq chevaulx gouvernés pour ung franc le jour, et pour ce au départir ils en faisoient argent et estoit petit, n y avoit en nombre environ ** six-vings " gallées et deux cens vaisseaulx toutes garnies et pourveues de gens d*armes et d'arbalestriers et de pavesceurs , et plus de cent vaisseaulx garnis de pourvéances et de ce que il leur besoingnoit. Â Tendemain droit au point dû jour ils se

*^ Venue. — " X. — • Moult. — •^ Coup. — "^ Cinquante. — **-** Trok cenB.

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désancrôrent du lieu où ancrés estoieat , et nagèrent tout ce jour à force de ^ rimee * costoiant les terres et la nuit aussi.

Le troisième jour de leur partement, ils mdrent à ' Portefin * et là ancrèrent, et fur^it la nuit au port , et Tendemain au point du jour ils désancrôrent et nagèrent et vindrent à ung autre port et ville que on dist* Porte-Venre*. et là ancrèrent et s*i rafireschirent. Et à Fendemain au point du jour ils désancrèrent et passèrent oultre et se mirent au parfont en la garde de Dieu , de Nostre-Dame et de saint George , et trouvôrent premiàrmient Tisle d*Âlbe , et puis l'isle de Quorse et puis Tisle de Gargennan et Tisle de Sardine, et passèrent le gouffre du Lyon qui est moult périlleux ^ et doutable à passer , mais par le chemin qu*ils aloient ils ne le povoient eschiever. Là furent-ils en grant péril d*e6tre tous perdus et par fortune de yens * et de divers orages * et de temps '^ , et n*y avoit si sage patron , né maronnier qui 7 sceuist mettre , ne donner conseil , fors que d*atendre la voulante de Dieu et Taventure, et s*espardirent généralement et s*en alèrent Tun cà , Tantre là. Et dura celle tempeste ung jour et une nuit. Quant celle tempeste lut passée et la mer appaisie et les vens revenus plus soueis, les patrons et les nautonniers qui la mer congnoissoient , prindrent le chemin, comme près " ou comme enssus qu*ils en fuissent ^, pour venir en Tisle de '' Comminères ^^ qui sLet à trente milles d'Âfirique, la ville là où ils vouloient et tendoient à aler ; car à rentrer ou gouffire du Lyon les patrons et les meneurs des gallées et des vaisseaulx avoient eu conseil et relation ensemble , et avaient dit et proposé ainsi : • Se

•^ RaoïM. — ^ Port- Vendre; — •^ Portefin. — ' Et dangereoi. —^ DliiTer, d'ortgee. — ^ Et aotree troablet et empetchementi. — ^^ Qa*i]a tcensMai. — *^ Commièrei.

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