AMBASSADEURS ANGLAIS
euls, si tournoit-il tousjours ses paroles sur messire Thomas de Perssy ou messire Loys de CliflTort ou sur messire Jehan
* Claynvou * , et disoit bien le roy de France : a Nous « verrions voulentiers la paix parentre nous et nostre « adversaire ' d* Angleterre ; car la guerre et la querelle et ff discention a trop longuement duré ; et vueil bien que a vous sachiés que point ne demourra en nous pour y
mettre grandement du nostre. » — « Sire , respondirent les chevalliers d*Ângleterre , nostre sire le roy d'Angleterre qui nous a cy tramis , y a très-bonne affection , et aussi dist-il que point en luy ne demourra , et dist encoires plus que la guerre et discention entre vos terres et pays a trop longuement duré , et a aucunes fois grant merveilles comment aucuns moiens bons et sages et créables ne s en sont plus à certes ensonniés. » — o Or « respondoit le roy de France , nous verrons la bonne affection que il y a. »
Ainsi furent les Anglois en Paris l'espace de six jours et tous les jours disnèrent hors de leur hostel avec Tun des ducs. En ces six jours que ils séjournèrent et reposèrent à Paris , il fut proposé , parlementé et arreste seurement que le roy de France et son frère et ses oncles et son souverain et espécial conseil seroient ^ en la moienne ^ du mois de mars en la ville d*Amiens et là attenderoient le roy d'Angleterre et ses oncles et leurs consauls, se venir y vouloient. Les chevalliers d'Angleterre qui là estoient , se firent fort de toutes ces ordonnances appartenans à leur costé , et dirent bien que point n*y auroit de deffaulte , du moins que les oncles du roy d'Angleterre et son conseil et du royaulme d'Angleterre les plus grans ne fuissent au jour assis et
* préflchié ^ en la cité d'Amiens. Ainsi se porta la conclution de ceste ordonnance.
• • CUhtou.. Clambou. — • U roj. — *^ A U moitié. — •-' Préfix.
Le jour devant que les Anglois deurent partir de Paris et prendre congié au roy , le roy vint ' au palais , et là * furent ' son firôre le duc de Thouraine et ses oncles , et donna à disner trôs-^notablement ^ aux chevalliers d'Angleterre , et fut assis messire Thomas de Persy à sa table /et Fappelloit et tenoit pour son cousin du costé de Northombrelande. A ce disner furent donnés et présentes à messire Thomas de Perssy et aux chevalliers d*Angleterre et aux escniers d'honneur de leur costé grans dons et beaulx joiaulz ; mais en donnant et présentant on passa messire Robert Bricquet , et dist le chevallier qui les donlï asseoit et présentoit (ce fut messire Pierre de Villers , souverain maistre d*ostel du roy) : « Quant vous aurés fait au roy « service qui luy plaise , îl est riche et puissant assés pour « vous rémunérer. » A ces mots le chevallier passa oultre , et messire Robert Bricquet demeura tout pensif et mérancolieux , et congneut adont bien que le roy ne Favoit point 6Q grftee : si luy convint souffrir ce blasme et celle parole. Et quant on ot disné à grant loisir , lavé et levé les tables et rendu grAces , ménestrels de bouche et du bas mestier furent appareilliés devant le roy et firent leur devoir de ce que Us dévoient faire et dire ainsi comme ils ont d*usage.
Ces esbatemens passés , messire Thomas de Persy se avancha et s'en vint agenouiller devant le roy et dist ainsi : « Trës^chier sire , je et mes compaignons nous esmerveil- « Ions d'une chose. Vous nous avés fait si très-bonne chière « que nous vous en devons savoir gré , et nous avés fait . « grandement et largement donner et départir de vos biens « et riches joiaulx ; mais de ce que on a trespassé en ces « dons donnans messire Robert Bricquet qui est chevallier « d'armes et homme d'honneur et chambellan aveuc nous à
• A Paris. — " Vinrent. — ^ Noblement.