XIV. — proissàrt
332 PIBBRB DB CBAOR
songnes et se partj de Paris tout mérancolieux et s*en vint en Ângott en ong sien chastel que on dist Sablé » et là se tint une espace de temps, et moult luy desplaisoit, car il se veoit eslongié et eschassié de Tostel de France, de l'ostel de Thouraine et de Tostel de Naples et de Jhémsalem. Si se advisa, puisque ces trois hostels luy estoient clos , que il se trairoit vers le duc de Bretaigne son cousin et luy compteroit et remonstreroit toutes ses adventures. Sicomme il le proposa , il le fist , et s*en vint en Bretaigne. Si trouva le duc à Venues qui luy fist bonne chière et qui jà estoit infourmé de la plus grant partie de ses besongnes ; et encoires messire Pierre de Craon compta de mot à mot tout Tafiaire et comment on l'avoit mené. Quant le duc de Bretaigne lot ouy parler et deviser , il luy respondy et dist : • Beau cou- « sin, confortés-vous ; car tout ce vous a brassé Clichon. » Geste rachine et fondation de hayne multiplia puis trop grandement, sicomme vous orrés recorder avant en Fistoire. Messire Pierre de Craon demeura delés le duc de Bretaigne. On le oublia en France ; car le connestable messire Olivier de Clicbon et le conseil du roy luy estoient tous contraires. Âncoires ne sçavoit-on point de gré au duc de Bretaigne de ce que il l'avoit appelle et retenu delés luy. Biais le duc dessus nommé au bon gré, ne au mal gré du * conseil * du roy ne acomptoit que ung trop petit et faisoit toujours pourvoir ses villes, ses cités , ses chasteaulx et forteresses très-grandement, et monstroit que il ' avoit aussi chier ^ la guerre que la paix. Tout ce que il faisoit , estoit bien sceu en France et du conseil du roy, et le tenoient ceulx qui prochains estoient du roy, pour orgueilleux et présumptueux et le menacboient fort. Ce duc de leurs menaches ne faisoit compte et disoit et promettoit (et les apparans on en
•-• Coorrouz. — •-* Amoit aotant.