SE RÉFUGIE EN BRETAGNE
veoit) que il feroit guerre au conte de * Pointèvre * et à tous ses aidans et sur fourme de justequerelle, et disoit : « Ce conte de Pentèvre nostre cousin s*escript et nomme Jehan de Bretaigne et porte les armes de* Bretaigne et aussi bien que s'il en fiiist hiretier. Nous voulons bien que il se nomme Jehan , car c'est son nom, et conte de Pentèvre , mais nous voulons que il mette jus les armures et s'escripve Jehan de Blois et de Chastillon, et porte les armes de Chastillon et nulles autres '. Et s*il ne le fait, nous luy ferons faire et luy terrons sa terre, car il la tient en foy et en hommage de nous, et aussi à Téritage de Bretaigne il n a que faire de jamais y penser , que il luy retourne ; car nous avons fils et fille qui seront nos héritiers. Si se voist pourchasser ailleurs, car à nostre héritage a-il failly. » Ainsi se devisoit à la fois le duc de Bretaigne à messire Pierre de Craon, lequel ne luy contredisoit nulles de ses voulentés, mais luy augmentoit avant et tout pour la grant hayne que il avoit au seigneur de Clichon et à oeulx du conseil du roy de France.
Nous nous soufirirons à parler de ceste matière et parlerons d*une autre moult piteuse, voire pour le conte Guy de Blois, lequel en ceste histoire et ailleurs je nomme et ay nommé mon seigneur et maistre.
Vous savés, et vérité est, sicomme contenu est en nostre histoire cy-arrière bien avant » comment j'ay parlé de Taliance et mariage de Loys de Chastillon, fils au conte Guy de Blois, et de madamoiselle Marie fille au duc Jehan de Berry. Â ordonner et confermer le mariage, le duc Jehan y fut trop grandement pour luy et pour sa fille ; car elle fut
••• Pentièvre. — • Armes ne porte.
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doée et assignée sur toute la oonté de Blois de * dnq * mil livres monnoye de France , qui valent bien six mil frans & prendre les flourins pour leur cours, se ' Toir ^ de Blois aloit de vie à trespas devant sa femme , si nettement en la conté de Blois que toute la terre seroit ensonniée de les payer. Or advint environ la Saint-Jehan-Baptiste que Ton compta pour lors en l'an de grâce Nostre-Seigneur milCCC. IIIP* et onze que ' Loys de Blois que je nomme Jehan de Blois *, fila au conte Guy, se départy de son père et du chastel des Montis séant en la conté de Blois pour venir en Haynnau , ainsi que il fist, veoir sa dame de mère et sa femme. Quant il fut venu à Biaumont en Haynnau , il n y séjourna gaires Ion* guement , quant fièvres et autre maladie le ^ aherdirent ', car il avoit chevauchié grandes journées et par trop chault temps, et fut mal gardé , car Tenfiant estoit jeune , mol et tendre sur Teage de XIIII ans, de laquelle maladie il moru, ne oncques les médechins ne Ten * sorent '® garder, ne ostar la fièvre.
Vous devés savoir que ou père, n*en la mère il n*ot que courrouchier quant ils voiront leur héritier mort, et aussi n*ot-il en la jeune damoiselle madamoiselle Marie de Berry, car moult Taymoit et moult se tenoit à grandement et haultement estre mariée. Le courrons et le destourbier du père fut trop grant ; car quant il pensoit et ymaginoit sur ses besongnes,iI les veoit trop obscures, car il " sentoit ^* le duc de Berry oultre mesure convoitteux et que pour accomplir et fumir le douaire de sa fille il se bouteroit en la conté de Blois et en osteroit " Tiretier" : il l'en convenoit attendre laventure.
Ainsi furent les deux filles du duc de Berry Bonne et
• • Six. — *•• Loji. — •• L*enfaDt que Je nomme Loys de Bloii. ^ • • Frindrent. - •«• Purent. — ••**• Sçatoit. — •• •* L'iretage.