‹ Œuvres de FroissartChapitre 54 sur 75 · XIV. — PR0188ART · texte numérisé non relu

XIV. — PR0188ART

général comment ils se cheviroient de la recueillotte du seigneur. Si furent escriptes lettres et mandés pour venir à Orthais à Fobsëque du noble conte tous les barons, les prélats et les chiefs des bonnes villes de Berne et ceulx de la conté de Fois aussi. Cils de Berne obéyrent et y vindrent tous ; mais cils de la conté de Fois refiusôrent et s'excusèrent et dirent que ils garderoient leur pays et leur terre ; car ils avoient entendu que le roy de France envoioit vers euls et qu*il vouloit de &it calengier ^ Firetage * de Foix et tant que déclaration en seroit faitte. Néantmains Févesque de Pamiers par lignage en fut prié et requis de là aler à Orthais, et y ala en bon soufSsant arroy ainsi comme à luy appartenoit.

Au jour de Fobsèque du gentil conte de Fois Gaston appelle, derrain de ce nom, qui fut fait en la ville d*Orthais en Téglise des Cordeliers en Tan de gr&ce Nostre-Seigneur mU OCC.ini» et XI le XIP jour du mois d'octobre et par ung lundy, ot moult de pueple du pays de Berne et d*ailleurs, et moult de prélats, de barons et de chevalliers y furent, et y eut trois évesques : premiers celluy de Pamiers et cils dist la messe et fist le service , et puis Févesque d*Aire et Févesque d*Auron, tous trois des tenures de Berne. Moult y ot grant luminaire et bien ordonné, et tenoient devant Fautel et tindrent , toute la messe , quatre chevalliers quatre banières armoyées de Foix et de Berne. La première tenoit messire Raymond de Chastel-Neuf ; la seconde messire Espaing de Lyon : la tierce messire Pierre de Quéo ; la quatrième messire Monnaut de Nouvalles. L*espée offry messire Rogier d*Espaigne adestré du bourg de Copane et de Pierre Emault de Berne , capitaine de Lourde. L'escu portoit le visconte de Bnmiquiel adestré de Jehan de Chastel-

La terre.

Neuf et de Jehan de Gantiron. Le heaulme * portoit * le sire de Valentin , de Berne , adestré de Renaudon de Rostem et de Emauton de Sainte-Colombe. Le cheval offry le sire de Corasse adestré de ^ Renaudon * d*Espaigne et de Remonnet de Copane .

Tout Tobsèque fut honnourablement et grandement persëyéré selon Fusage du lieu ; et là furent les deux fils bastars au conte de Foix , messire Yewain et messire Gratien, le visconte de Ghastelbon et tous les chevalliers et barons de Berne, et de Foix aucuns. Mais aucuns de ceulx deFoix, le service fait, se départirent et montèrent à cheval , et vindrent disner à * Huretiel • , deux lieues en sus d'Orthais.

A l'endemain bien matin , Févesque de Pamiers se party aussi et ne voult point estre au ^ général parlement qui se fist en ce jour des prélats et des barona^t chevalliers et des consauls des bonnes villes de Berne, et fut le jour de Fobsôque après la messe ditte le conte de Foix osté du sarcus de plomb et envolepé le corps en belle toille neufve chirée et ensevely en Téglise des Gordeliers devant le grant autel du cuer. De luy n*y a plus : Dieu luy face pardon !

Or vous parleray-je de l'ordonnance du conseil qui fut tenu à Orthais. Ilm*est advis, sicommejefîiisadontinfourmé, que on dist au visconte de Ghastelbon ainsi : « Sire de Ghas- « telbon, nous scavons bien que par proïxmeté vous devés « successer et tenir tous les héritages tant en Berne comme « en Foix, qui viennent de par monseigneur, que Dieu par- « doinst , mais nous ne vous povons pas pour le présent « recepvoir ainsi ; car trop nous pourrions fourfaire et t mettre terre de Berne en grant guerre et dangier , car

* • OflBry. — •-* Ernaaton. — •^ Hereciel. — * Conseil et.

340 LE tlCOMTE Dfi CASTELBOn RÉCLAME

« nous entendons que le roy de France qui est nostre bon voisin et qui moult puet, envoie pardechà de son conseil, et ne savons , ne savoir ne povons encoires, jusques à tant que nous les aurons ^ ouy parler, sur quel estât ceste légation se fait. Bien savons, et vous le savés aussi, que monseigneur que Dieu pardoinst, fut * àung an ou entour ' à Thoulouse devers le roy de France, et orent parlements secrets ensemble , dont il fault que aucune chose ^ prochainement ^ s*en esclarchisse ; car, se il avoit jà donné, ne séellé au roy de France Foix et Berne, le roy par puissance les vouldroit avoir et obtenir, combien que nous vouldrions bien savoir les articles et procès des besongnes ; car entre nous de Berne nous ne sommes point conditionnés sur la fourme de ceulx de Foix. Nous sommes tous frans sans hommage , ne servitude , et la conté de Foix est tenue du roy de France. Avec ce tous les Foissois ont les cuers ^ fort ^ françois, et de légier recepvroient le roy de France à seigneur, et jà dient-ils et proposent , puisque nostre sires est mort sans avoir hoir, ne hiretier de son corps par mariage, que Féritage de Foix retourne par droitte ordonnance au roy de France. Sire de Ghastelbon , vous devés savoir que nous demourrons en nostre tenure, ne jà à nul jour ne nous asservirons, quelque seigneur que nous doions avoir, soit le roy de France ou vous. Mais nous conseillons que vous aies au devant de ces besongnes , soit par sage traittié ou autrement. •

Dont respondy le visconte et demanda : « Par quel moyen voulés-vous que je euvre ? Jà vous ay-je dit que je feray tout ce que par raison vous me conseillères. • — • Sire,

• Veai et. — •-• Autan .. L'an passe. — * • Premièrement. — • ' Tout.

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