‹ Œuvres de FroissartChapitre 55 sur 75 · L*HÉR1TAGE DU COMTE DB FOIX · texte numérisé non relu

L*HÉR1TAGE DU COMTE DB FOIX

a dirent-ils, c*est que vous priés messire Rogier d*Espaigne

tt vostre cousin que vecj , que il vous tiengne compagnie à

tt vos coustages, et aies en la conté de Fois et traittiés vers

a les nobles , les prélats et les bonnes villes , et , se tant

• vous povés faire que ils vous rechoivent à seigneur ou que « ils se dissimulent tant que vous ayés appaisié le roy de

• France, et fait aucune ordonnance et composition par le « moyen d*or et d*argent tant que Tiretage vous demeure, « vous exploitterés sagement et bien. Et, se vous povés « estre ouy des légaulx qui en la conté de Fois seront « envoies de par le roy de France par payer cent mil ou « deux cens mil frans, encoires trouverés-vous bien la « finance pour vous acquitter ; car monseigneur de Fois que « Dieu pardoinst, en a laissié beaucoup derrière. Mais nous « voulons et réservons que ses deux fils bastars en soient « partis bien et largement de Firetage et ^ des biens meu-

• blés'. »

Le visconte de Chastelbon respondy et dist : « Beaulx « seigneurs , je vueil tout ce que vous voulés ; et vescy « messire Rogier d*Espaigne mon cousin. En la présence

• de vous , je luy prie que il se vueille tenir aveuc moy en « celle chevauchie. » Messire Rogier respondy et dist que voulentiers il yroit comme pour estre bon moyen envers tous. Mais , se le roy de France son souverain seigneur ou ses commis le requéroient que il feust de leur conseil ou que de ce voyage il se déportast , il s*en vouldroit déporter. Le visconte de Chastelbon luy ot tout ce en convenant et luy dist : • Cousin, hors de vostre voulenté et conseil, je ne me

• vueil jà ester ; et quant vous serés delés moy, je en vaul- « dray grandement mieulx ' en mes besoingnes. » Sus cel estât flnèrent-ils leur parlement.

tj

De la mise. — 'Et Tiendraj à fin.

oi2 LE VICOMTE DE CASTELBON RÉCLAME

n m'est très-bien advis que le visconte de Chastelbon fist une prière et requeste à tous ceulx qui là présens estoient, que il peuist avoir par emprunt jusques à cinq ou six mil frans pour poursieuvir ses besongnes. Secondement les deux bastards proposoient aussi leurs besongnes et prièrent que de ravoir que les Orthisiens gardoient et qui avoit esté à leur père, ils * en poussent avoir * ; et lors se remist le conseil ensemble, et parlèrent les nobles, les prélats et les hommes des bonnes villes Tun à l'autre. Si fut accordé et conclud que le visconte dessus nommé aroit sur la fourme et condition qu'il mettoit , six mil frans, et les deux bastars de Foix cbascun deux mil frans. Adont furent les trésoriers appelles, et leur fut ordonné que ils les délivrassent : ils le firent.

Vous devés savoir que toutes les ordonnances tant de officiers que d'autres gens que le conte de Fois avoit en son vivant faittes et instituées, se tindrent , ' ne nulles ne s'en brisièrent ^ , et fut ordonné par le conseil de tout le pays que les Orthissiens aroient en garde le chastel d'Orthais et tout le meuble qui dedens estoit.

Le visconte de Chastelbon à ^ nouvelle venue, fist grâce à tous les prisonniers qui ou chastel d'Orthais emprisonnés estoient , desquels il y avoit grant ^ foison * ; car le conte de Foix , de bonne mémoire, estoit aux malfaitteurs moult cruel , et n'espargnoit homme vivant, com hault qu'il fuist, ^ puis que il l'avoit courrouchié *, que il ne le feist avaler en la fosse et tenir au pain et à l'eaue tant que il luy plaisoit ; ne nul n'estoit tant hardy , qui de la délivrance osast parler sur peine d'avoir * pénitance ^^ pareille. Et que ce soit vérité, il y fist tenir ce visconte de Chastelbon dont je vous parle ,

•-• PeuBsent avoir part. — ** Sads en changer ud. — •** Nombre. — ' • Qoant il lay deeplaisoit. — •*•* Pagnitioo.

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