‹ Œuvres de GilbertChapitre 11 sur 41 · A MONSIEUR · texte numérisé non relu

A MONSIEUR

Sur son Voyage en Piémont.

\jzs princes vont bannir ces préjngés antiques Par qui , dans leurs palais prisonniers politiques . Ils régnaient inconnus dans lears propres états. Nous avons vu des rois, vainqueui's de la mollesse

Pour chercher la sagesse, Voyageurs couronnés , parcourir nos climats.

Tels , dans leurs fictions , les maîtres de la lyre Représentent les dieux , enfans de leur délire , Dans l'oubli du nectar laissant les cienx déserts : Et fatigués d'encens, jaloux d'un libre hommage ,

Cachés sous notre image, Sans tonnerre et sans pompe errant dans l'Univers

9o ŒUVRES

France ! au fond de sa cour si ton maître s'exile , Ton bonheur lui prescrit ce sacrifice utile : Peut-il quitter son peuple investi de dangers:1 Mais un frère vanté , mais un autre lui-même.

Pour son prince qu'il aime Va conquérir les cœurs sur des bords étrangers.

Partez, jeune héros que Turin nous envie ; Sur les pas d'une sœar, de nos regrets suivie . Visitez cet empire où l'attend un époux. Où l'Éridan , chanté par cent Muses rivales ,

Roule ses taux royales, Fier d'enlever Clotilde à nos fleuves jaloux.

Sors quel ciel merveilleux l' Amour va vous conduire! Ces Alpes , ces rochers parlent pour vous instruire ; Ils sont pleins d'Annibal et pleins de vos aïeux. Le sang de ces héros qu'adopta la Victoire,

Prodigué pour la Gloire , Illustra ces forêts qui soutiennent les cieux.

Vous marchez entoure de prodiges sfns nombre : Là . du peuple romain gît au loin la vainc ombre ; Devant lui se taisaient les rois respectueux : Cet imiiH ns< i olosse, élevé par la Guerre

\u trône de la Terre, l'.'/nlic. et û'estplos, hélas! qu'an nom jadis fameux.

DE GILBERT. g

Ici Rome pourtant demande votre hommage ; Rome qui d'elle-même est une triste image ; Rome où les vils troupeaux marchent sur les Césars , Veuve d'un peuple-roi , mais reine encor du Monde ;

Rome sur qui se fonde La gloire d'un pays deux fois père des arts.

Mais vous ne cherchez pas sur ces rives funèbres Des moiiomens d'orgueil , des ruines célèbres : L'Amitié vous appelle aux fêtes de l'Amour En des lieux où, voyant des princes populaires

Du pauvre toujours pères , On croirait que Bourbon n'a point changé de cour.

Ah! que ces champs heureux où tous les cœurs vous suivent, On, dans tous les esprits déjà vos bienfaits vivent , A nos désirs bientôt vous rendent pour jamais ! S'ils possèdent la sœur, nécessaire à leur joie.

Qu'au moins Paris revoie 1 e frère qui se doit au bonheur des Français!

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