‹ Œuvres de Gilbert précédées d'une notice historiqueChapitre 10 sur 134 · I.K nix- HUITIÈME S1KCI.E · texte numérisé non relu

I.K nix- HUITIÈME S1KCI.E

Et que mes vers, enfants d’une noble candeur,

Eclairent les Français sur leur fausse grandeur.

Eli! quel temps fut jamais en vices plus fertile?

Quel siècle d’ignorance, en beaux faits plus stérile,

Que cet âge nommé siècle de la raison?

Tout un monde sophiste, en style do sermon.

De longs écrits moraux nous ennuie avec zèle.

Et l’on prêche les mœurs jusque dans la Pucelle : *

Je le sais; mais, ami, nos modestes aïeux Parlaient moins de vertus et les cultivaient mieux ;

Quels demi-dieux enfin nos jours ont-ils vus naître?

Ces Français si vantés, peux-tu les reconnaître?

Jadis peuple héros, peuple femme en nos jours,

La vertu qu’ils avaient n’est plus qu’en leurs discours.

Suis les pas de nos grands : énervés de mollesse,

Ils se traînent à peine en leur vieille jeunesse :

Courbés avant le temps, consumés de langueur,

Enfants efféminés de pères sans vigueur ;

Et cependant nourris des leçons de nos sages,

Vous les voyez encore, amoureux et volages.

Chercher la bourse en main, de beautés en beautés.

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