I. CliarleA V, duc de Lorrainef «Teal de la priticeMe
ODE A LA REINE
Iront raconter leurs douleurs,
Et le noble désir d’obtenir ces hommages
De mortels bienfaisants peuplera vos rivages.
Mourante, hélas î en vastes dons '
Elle épuise encor ses richesses.
Et de sa voix les derniers sons Vous annoncèrent ses largesses.
Mais d’où part ce torrent de feux ?
Devant moi s’ouvre l’Empyrée ;
Quelle est cette vierge sacrée Qui sort sur un char lumineux?
Des éclairs de son front l’univers se décore,
Et la nuit se revêt des couleurs de l’aurore.
Gardez-vous d’en douter, Lorrains;
C’est elle-même, elle s’avance ;
De ses aïeux, vos souverains.
Un chœur illustre la devance : - Sur le front d’un fier conquérant Celui-là * reprit sa couronne,
1, René II, vainqueur de Charlet le Téméraire, duc de Bourgogne.
. ODK A LA REINE.
Et, fils généreux de Bellone,
Pleura son ennemi mourant.
De vos pères cet autre '^embellit l’heureux âge;
Ces temples, ces remparts, vos lois en sont l’ouvrage.
Celui ’ qui lève au-dessus d'eux Une tête si radieuse,* • .
Longtemps dans un exil affreux Traîna sa jeunesse fameuse.
En proie aux ravages de Mars,
O ma patrie I en son absence Tu n’étais qu’un désert immense Tout couvert d’osseménts épars :
II vient, la paix le suit; ces ossements horribles Marchent, courent s’unir, sont des hommes terribles. •
Mais de tant de princes rivaux Qui peindrait les exploits sublimes?
Ces bords n’oat vu que des héros
1 . Charles III , fondat^r de cette ville magnifique bfitlc anpri-s de l'ancienne ville de Nancl. On l'appelle la Ville -Neuve. . ‘ J
St. Léopold 1er. ^
ODE A LA RE1^E
Marcher nos maîtres légitimes.
Les voyez-vous se rassembler Autour de leur fille immortelle,
Qui, toujours aux Lorrains fidèle.
Descend et vient les consoler?
Je l’entends; elle parle, elle est ici présente,
Et fait couler, ie miel de sa bouche éloquente :
« C’est trop gémir et soupirer :
a Ahl calmez ces regrets profanes;
« Vos maux viendraient me déchirer U Jusqu’au fond du séjour des mânes.
K Je vous aimais, et chez les morts « Cette même ardeur m’a suivie ;
« Loin de vous s’écoula ma vie,
« Mais mon cœur habitait vos bords :
Du moins, du moins rendue à des rives si chères, « Ma cendrç ira dormir au tombeau de mes pères.
U Gardez ces restes précieux,
« Gages derniers de ma tendresse,
'« Et que le nom de mes aïeux
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