‹ Œuvres de Gilbert précédées d'une notice historiqueChapitre 47 sur 134 · PLAINTES DU MALHEUREUX. I«S · texte numérisé non relu

PLAINTES DU MALHEUREUX. I«S

Dans les bois, à la ville, aux champs et sur les flots.

Le M*** au teint de rose et l’ami du repos.

Ronfle nonchalamment étendu sur la plume;

Et jusqu à l’artisan qui, dès l’aube du jour.

Faisant sous un marteau retentir son enclume.

Donne aux époux voisins le signal de l’amour.

Tout repose endormi dans l’oubli de ses peines.

Mes yeux seuls sont ouverts, je suis seul malheureux... Seul, je remplis les airs de mes cris douloureux;

Seul, de tous les penchants mon cœur porte les chaînes. L’honneur, qui me berçant dé l’espoir d’un grand nom. M’emporte malgré moi sur les pas d’Apollon,

L’ambition de l’or, la jalousie impure,

Et l’amour, pour tout autre une source de biens...

Me causent plus de maux que la faim la plus dure.

Heureux cent fois le pauvre à qui de doux liens Peuvent faire oublier les soucis de la vio I Heureux, bien plus heureux cet homme do génie.

Qui, placé dans l’aisance et cultivant les arts,

N’a pas besoin d’appui pour fixer nos regards!

Il vole à tire-d’aile au temple de mémoire :

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l'LAINTKS DU MALHEUREUX.

Semblables aux beautés qui vont baissant les yeux A l’aspect d’un soleil brûlant et radieux,

Les grands le craindront tous, éblouis de sa gloire...

Et moi, moi, malheureux ! j’aurai beau travailler.

Je vivrai dans l’oubli... la muse mercenaire D’un éclat glorieux ne peut jamais briller...

Mais cessons de me plaindre, et tremblons de déplaire.

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