LETTRE A M. IMBERT
Vous avez raison, Monsieur : pour être aujourd’hui distingué de la foule des écrivains, poëte et prosateur infatigable, il faut s’exercer dans tous les genres de littérature, entasser volumes sur volumes, et ne pas laisser au public, si j’ose m’exprimer ainsi, le temps de respirer : la célébrité est la récompense de l’auteur le plus fécond, et non do l’auteur le plus excellent. Aussi serait-il impossible de citer un sièclé qui ait produit autant d’ouvra^ savants et littéraires que le nôtre en a vu paraître. Le dernier des rimeurs modernes peut se vanter d’avoir plua écrit que le premier génie du siècle passé, et faire graver en lettres d’or au bas de son portrait : Je suis un
AUTEUR universel.
Mais cette célébrité que l’homme de lettres acquiert par la multitude et la variété de ses productions, la con-