IU LETTRE A M. IMBERT
DERNIER? Flatté (l’apprendre un si beau succès, vile, qu’il coure chez l’imprimeur; que ses œuvres soient mises au jour. Si les gens de goût, en les parcourant, disent : « Ce jeune homme ne manque pas de talents.... « non... Mais pourquoi faire toujours des bagatelles, « comme des odes? que n’entreprend-il un grand ou- « vrage? » je soutiens. Monsieur, que, fût-il Rousseau, ce laborieux poète doit être satisfait : car enfin, si Rousseau a, de son aveu même, séché souvent six mois sur les strophes d’un cantique, notre stérile rimeur s’est épuisé certainement durant deux mortelles années sur quatre odes. Eh! bon Dieul je connais tel auteur qui, en moins de temps, aurait fait une Encyclopédie. Cet effort n'est-il pas bien plus glorieux?
Vous devinez aisément, Monsieur, qui je veux peindre dans ce rimeur obscur. Oui, c’est votre ami même, le plus sincère de vos admirateurs ; vous recevrez, sous peu de jours, ses nouveaux essais pindariques. Si le public les dédaigne comme il a dédaigné le Jugement DERNIER, je bénis mon heureuse stérilité; mais pour être au comble de ses vœux, il faudrait que ma muse eût composé Paris.
J’ai l’honneur d’être, etc.
Gilbert.
LE CARNAVAL DES AUTEURS
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