‹ Œuvres de Goethe. 1Chapitre 14 sur 59 · XV. tienne NMe · texte numérisé non relu

XV. tienne NMe

Je doute qu'eues soent séreuses, les Jigncs cntretacëcs. A !a Y<!rit~ j'observe aVec plaisir tes de sy~abes; mais~ st'je m'en crois, ce quç les cœurs schtent veritabitenient, !non doux ami;ohnc<iolt~ Leppetej pour échapper a ~enhut) a c~qu'au fond de son Ame;mats tt sait rafraîchir ses'Mcssurcs~ t! sait) avec des mots magiques, guérir tes plus profondes. r'

t~epo~e.

Regarde là-bas, ma eherct Qu'arrhc-i-il~ i'art)~c!cr? fhsfrmt dans l'art de faire éclater le tonnerre, selon des règles certaines, il creUse Imbilement ses mines en zigzag Mais la puissance de l'élément est la plus forte; et, avant qu'il ait prisses mesures, il vole dans les airs, brise avec tous ses artifices.

XVt. époque.

En traits de flammes, était profondément gravé dans le ccenr de Pétrarque, plus quctous!cs autres jotn's, icYchdrcdt-Samt t il en est de même pour moi, j'ose le dire, de l'AYcnt de mil huit cent sept Je ne commençât pas, je continuai seulement d'aimer celle que de bonne heure j'avais déjà portée dans mon cceur, qu'en-suite j'avais sagement bannie de ma pensée, et qui maintenant me ramené dans ses bras.

L'amour dePétrarque, innni, sublime, resta sans récompense, hélas et, triste a l'excès, fut un martyre, un éternel Vendredi-- Saint.

Mais qu'a l'avenir là joyeuse et doucc approche de ma maî-tresse ne cesse de me paraftre, parmi les palmes triomphantes et les frémissements de joie, comme un éternel jour de mai t

XVM. Chaude.

Ce sont deux mots, courts et faciles à dire, que nous pronon-çons souvent avec une douce joie; mais nous ne connaissons point clairement les choses dont ils portent l'empreinte parti-culière.

COETUE.–t 1 t! C'est une grande jouissance .dans la. jeunesse et les vieux jours, d'embraser hardiment l'un par l'autre et, si l'on peut les dire unis enscmbîe, on exprime un detictéux contentement. Mais aujourd~ui je cherche & leur plaire, et je les prie de faire par eux- mêmes 'mon bonheur~ j'espère en Michcc., et pourtant j'espère obtenir Dé les bégayer côtnme lé nom de ma Men-aimee, de les coh-témpiër tous deux dans une seule image, de tes embrasser tous deux dans un seul être t. Le mot paraît 6t[e BBMUBBH (MMtr, atMitr) c'était t6 nom d'une Jeune tte aimée de Goethe.

pdMîEs ëivM~

Ponr qu'on jagë c6tnb!en êtatént diterses ÏM

marchandises, YciO une carte d'echantMcM.

JLei'ftrnàMtàUem'md.

Parmi ces bosquets de lauriers, dans les prairies, au .bord dcsfra~chescascades, heureux enfant, je reçùs~~ lâ fa-vcurde couler ma vie ainsi, selon la haute volonté du dieu ) !es vénérables Muses m'ont hourn dans le silence, m'ont abreuvé aux sources clairçs, argentées, du Parnasse; et ont gravé sur mes lèvres leur chastë.et pure empreinte., · Et le rossignol voltige autour de moi, de son aile discrète. Ici, dans les buissons, là) sur les arbres, il convie la multitude fraternelle, et les chants célestes m'instruisent à rêver d'amour. Et dans le cceùr se développe l'abondance des nobles inclina-tions sociales; l'amitié se nourrie l'amour s'empresse d'éclore, et Apollon anime le stleace,deses,vailées,de ses cbUines. Des vents doux et tièdes soupirent. Tous les génies auxquels lé. dieu est propice sont attirés puissamment, et, l'un après l'autre, s'avancent les nobles esprits.

L'un se présente, l'air joyeux, le regard ouvert et serein je vois l'autre marcher plus sérieux; et un autre, a peine rétabli, rappelle ses premières forces; car la douce et funeste ftamme t. Goethe a écrit ces poésies en vers de différente mesure la plupart sont rimées. pénétré jusqu'à la hoe~e et a !à; vie, et ce qu'Amour lui dé-roba, Apôitonseu! peut îeiuirendfe: le repos et !ajbieët l'har-monie et une ardeUrpUissahtee~ Courage, irères) Honorez les chants t Ïls égalent lés bonnes aciions. Qui~ m le pneté 3` petit conséillér l'airiiwqtii s'ëgare f'Faites le bien, et vous te ferez plus longtemps que cela n'est dohhé au reste des hommes.

Oui, je îes chtends dé loin; oui, ils font vibrer la lyre} de leurs puissants et divins accord Hs'appéti~lltàta jùsticeëf au devoir, et leurs chants et leurs Vers excitent aux plus nobles travaux, à l'exercice~de toutes !es forces.~ tes douées tahtaisie~ elles-mêmes (léurisscht alentour sur toutes les branches~ qui bientôt, comme dans l'aimable foret enchantée, se courbent, chargées depomn~es d'or.

Ce que nous sentons, ce que nous voyons dans le pays des suprêmes délices) ces campagnes, ce soleil invitent aussi lés plus aimables femmes~ et .le soufnc des Muses chéries éveille le tendre sein delà jeune nUe, dispose au chant son gosier; les joues animées dti plus beau colofis, elle modute'déjà dé nobles airs; elle s'assied auprès de ses sœurs/et, d'une voix t<i~jÓurs plus rendre) la belle phalange chanté a l'env!. Mats il en est une qui chemine seule au pied des hêtres, sous lés tilleuls, pour y chercher, pour y trouver ce qu~un matin, dans le bois secret, l'Amour fripon lui déroba Madbucepàix de son cœur) la première ivresse 'de son sein. Elle porte sous l'ombrage des vertes "forêts ce que ~es hommes ne méritent pas, ses tendres sentiments~ elle ne craint point la chaleur du jour, elle ne prend pas garde a la traicheur dt) soir~ et s'égare dans les campagnes. Ne la troublez point dans ses sentiers. Muse, va sans bruit au-devant de seS pas.

Mats qu'ehtends-jei Quel fracas coûvre~lë mugissement dé la cascade, et gronde a travers'!e bocage t Quel vacarme, quels cris Est-il possible? Ai-je bien vu?. Une audacieuse engeance ibrcc l'entrée du sanctuaire.

Ici un chœur déborde t'La fureur de l'amour, l'ardeur du vin, cnnamment leurs regards farouches, hérissent leur chevelure. Et là troupe, hommes et femmes, avec une peau de tigre not-taniC) sans pudeur se montre nue; l'airain, de son bruit rauque, déchire l'breille. Oui tes entend se sent trouble. Ici le chceur s'é!ancc; qui les voit prend la fuite.) Ah) les arbrisseaux sont foules Ahi les heurs sont écrasées sous les pieds de cette race maudite ) Qui s'opposera a sa fureur?. :?~ Frères, osons tout braVèrt Vos nobles visages s~nflammen~ Phébus nous aidera a* les chasser) s'il ~ott nosydouîeUrs~ Pour nous.procurer des armes, il ébranle la cime~d~ ;~ont~gne~ et) du sommet, roulent les pierres a travërs'Ies forêts. Frères; saisissez-les d'une main pùtssàhte.' Qu'une àYerse de grêlons tonde sur cette engeance, et chassëïdeh~~ campagnes pures cohime le ciel < ces étrangers ces sau-vages~ ° .<.

Mais quevois-jeÏËst-itpossjbte? Une insupportable dou!eUr s'empâi'e de toUs mes membres ) et, levée pour frapper, ma main retombe. Est-it possible? Ce ne sont pas des étrangers t Nos frères eux-mêmes leur' montrent lesjchcmins t Oht les impies! Comme) avec leurs sistres) ils marchent eux-mêmes en cadence a leur tête t 0 bons frères fuyons) '-Une 'parole,; ïm mot; cependant, ces témé~aireSt OuitUnë parole voUs atteindra) puissante comme un coup de .tonherre.'Les paroles sont les armes du poëte; si le dieu veut venger son injure ses flèches viendront après.

Avez-vous pu oublici'votre divin caractère? Le thyrserude et pesant n'est-i! pas Un fardeau pour la main accôutumëeà glisser sur les tendres cordes de la lyre? Aux limpides cascades, aux ondes légères du ruisseau) vous abreuvée même l'ignoble mon-ture de Si!ène) La-bas il profane Aganippe avec ses !&vres épaisses, grossières/.et, de ses pieds pesants, il la fbu!e jusqu'à troubler ses flots.

Oh( que je voudrais me tromper! Mais mon oreille est bles-- Sf?e; des chastes et sacrés ombrages s'ëiance un bruit odieux; des rires sauvages remplacent les doux rêves de t'amour~ les ennemis et contempteurs des femmes entonnent un chant de triomphe; le rossignol et la tourterelle fuient le nid chastement .réchauffé; avec une ardeur furieuse, le faune presse la nymphe 1. Nous lisons tMtt~M~ et non ~«/<~Mef<. dans ses bras; ici une robe est déchirée l'insulte suit 'la jouis-sance/et icd!eù éclaire ~regret icurs baisers effrontés. Qui, 'déjà je vois au loin'des flots de nuages, de vapeur'et de fumée. La lyre n'a pas seule .des cordcs/les arcs en.ont'aussi. Le sein même de l'adorateur fidèle tressaille, a l'approche vio-lente car là flamme du;'dévastateur l'aUnonce de loin. OhT écoutez ma voix encore écoutez les paroles d'un frère qui vous aime. Fuyez devant ta coicrè du dieu; vite sortez ~~d maihes. Pour'qu'iisredeviehhëht une terre sacrée emmenez cette bande sàUvàge. Là terre est' grande,' elle 'a' bien assez de lieux prbiahes. Nous, des astres purs nous éclairent; ici) ce qu! est noble a seul du prix; )., Mats, si vous désirez nous revenir quelque jour de votre exil sauvage; si rien ne vous charme comme ce que vous avez senti parmi nous; si vous ne faites plus vos dciices d'un'jeu qui franchit avec fureur les bornes revenez comme bons pèlerins) gravissez; joyeux, la montagne; des chants de pénitence, pro-fondément sentis, nous annoncent nos frères, et une couronne nouvelle, une couronne de fête, entoure votre front. Quand l'hommë'égaré se retrouve, tous les dieux se réjouissent. P!us vite encore que les flots du Léthé n'entourent la demeure silen-cieuse des morts, la coupe de l'amour c~acc chez les bons le souvenir de toutes les fautes. Tout s'empresse au-devant de vos pas; vous revenez transfigures,~ et l'on implore votre bénédic-tion! a double titre vous êtes à nous! 1

Le monument de CeMert, par <EM)r '< Lorsque Gcllert, le bieh-aimé, mourut j les bons coeurs pleu-rèrent ensilcncé.ct maint poème languissantt mal tourné, s'unit avfc la douleur pure; et tout écolier vint) d'un air-triom-phant, déposer sur sa tombe une ficurctte~pour la couronne d'honneur, une obole pour la récompense du noble esprit. GHscr se tint a l'écart et comprit celui qui n'était plus; il conçut un monument durable, un gracieux souvenir, a la mémoire du digne poète disparu, ett avec l'essor du génie, il rassembla dans le marbre tous les bégaiements de la louange comme 1. On trouvera des d~taits sur cet artiste dans te.'i tù~moircs de Goethe. nous rassemblons dans l'urne étroite tes cendres de celui que nousaimons.

HmchM't 1.

(LèStKptembrens~.) Agréable vallon, bois toujours vërtt mon coeur ~ous salue de nouveau avec tetidressë. Déployez pour moi vos brandies toun'uës; recevez-moi comme Un ami sous vos ombrages; que, dans ce jour. donné a l'amour et au plaisir, de vos colunes des-cendent dans mon sein un air frais et des senteurs qui te res-taurent! i Que de fols montagne sublime, je fëvins a ton .pied àVec dés fortunes diverses! Oh! laisse-mot) dans ce jour, voir en tes douces collines un jeune, un nouvel ~dcn! Moi aussi/je l'ai bien mérité de vous le souci m'occupe eh silencCt tandis que vous verdoyez en paix.

Laissez-moi oublier qu'ici même !e monde ehchatne a la terre mainte créature le paysan conue au sable léger la semence et cultive ses choux pour le gibier hardi) le mineur cherche son pauvre pain dans les abtmes; lecharbonnier tremble quand le chasseur jure. najeunissez-vous pour moi, ainsi que vous l'avez fait souvent, comme si j'entrais aujourd'hui dans une vie hou-velle.

Vous m'êtes propices, vous me permettez ces rêves; ils me séduisent et réveillent mes chants d'autrefois. Ucndu a'moi-méme, loin de tous les humains qu'avec plaisir je me baigne dans vos parfums! Le haut sapin murmure encore avec mé-lodie} avec mélodie la cascade se précipite; lanues'abaisse~ le brouillard s'enfonce dans la vallée, et la nuit et le crépuscule arrivent en même temps.

Dans la forêt sombre, à l'amoureuse clarté des étoiles, ou donc est mon sentier, que j'ai perdu avec insouciance? Quelles étranges voix entends-je dans le lointain? Elles retentissent tour a tour sur le Hanc du rocher. J'accours en silence pour t. Dmenau est une vi)te du grand duch6 do Saxe-We!mar, sur les bords de t'J)m. Les campagnes et te parc cctebrcs dans cette pieca avaient été, plusieurs années auparavant, témoins et tMatro des chasses du grand-duc, au~queties Goethe avait assisté souvent la scène fantastique qu'il retraça plus loin en est un souvenir.

ro~sjEs.

observer Ce mystère, comme, à l'appel du cerf, le chasseur s'appfbchcsahsbrutti OU suis-je? Est-ce un pays de fables et de magie? Que! est ce nocturne festin au pied de la roche escarpée? Auprès de pe-tites cabanes, couvertes de branchages toufïUs je' tes vois joyeusement couches autour du feu; là clarté s'élève sous les portiques de sapins; sur l'bumble foyer s'apprête'un repas sauvage Us folâtrent bruyamment,' tandis que} promptémënt vidéC) la bdutcillcscrcmplifct passe a la ronde. Dites, a qui dois-je comparer cette joyeuse troupe ? D'où vient-elle? Oh va-t-elle? Comme eh elle tout est singulier! Dois-Je les saluer? dois-je lès fuir? Est-ce la troupe fantastique et sauvage des chasseurs? Sbnf-cc dés Gnomes occupés de magie? Je vois briHer dans la foret mille petites flammes. Je frémis, j'ose a peine demeurer. Est-ce le repaire suspect des Egyptiens? Est ce un prince fugnif, comme dans la foret'des Àrdcnncs? Egare dans ces ravins tortueux y trouverai-je incarnés les esprits de Shakspearc? Oui, cette idée me conduit au vrai chemin: ce sont eux-mêmes, ou du moins c'est Une racé pareille! Un cspnt s'agite et se démené au milieu de la troupe t a travers sa rudesse je devine de nobles habitudes. Comment le nommez-vous? Quel est celui qui) la-bas, courbé avec la nonchalance de !a force, plie ses larges épaules'? 11 est assis tranquille tout près de la flamme, robuste figure d'une souche antique de héros. Il aspire avidement, du tuyau chéri) la fumée qui s'élève a son front. Bienveillant et froid, il sait faire éclater le rire et la joie dans tout le cercle, lorsque~ f d'un visage sérieux) i! parle, avec une bigarrure barbare, son idione étranger.

Quel est cet autre', qui s'appuie sur un débris du vieux arbre, et, dans une extase indolente, étend de tous c6tés ses membres sveltes et délicats, et, sans que les buveurs l'écou-tent, prenant son essor dans l'espace avec les ailes de l'esprit, chante, avec une grande ferveur, sur la danse des sphères cé-lestes, un hymne monotone?

LCh.L.<)oKnet)c).

2. Lto de Scckcndorf. Tetto est du motns l'opinion do Lewcs. Cependant 'quelque chose semble leur mânquer.a tous. Je les entends soudain parler a voix basset de peur tl'mterrompre le sommeil du jeune hoMme qui là-bas, ou finit le vaHôn~ dans une cabane légcr'cmeht bâtie,' devant laquelle une dernière tueur du petit feu Yacilté.'bercé par le ntU~ paisible repos. tlh'déstr de mon coeur me porte vers ce ravin; je passe sans brUit et je m'éloigne dé la iroupe< > < Je té salue, Ô toi qu~ à Cette hëUreàvancéëdelànùii) livré a tes pensées~ veillespres de ce seuil! Pourquoi rester à l'écart loin de tes amis? Tu me parais'Iivré dé graves méditations. D'où vient que td t'égàresdans tes pensées, et qLe tu n'attises pas même ton petit feu?

Oh) ne m'interroge pas, car je hesuis pas dispose a satis-faire légèrement la curiosité de l'étranger~ jeté prie même de m'épargner ta bienveillance voici le moment de se taire et de souffrir. Je ne saurais moi-méhicte dire d'oH je suis, qui m'a envoyé ici. Je suis égaré dans ces lieux de régions étrangères et enchaihé par la magie de l'amitié.

Qui se connait soi-même? Qui sait ce qu'il peut? Le vaitiant n'a-t-il jamais fait d'entreprise téméraire? Et, les choses que tu fais, c'est demain qui seul dira si elles étaient nuisibles ou pro-fitables. Prométhée lui-même n'a-t-il pas fait descendre la pure flamme du ciel sur l'argile nouvelle pour la diviniser? Et pou-vait-il répandre mieux que du sang terrestre dans les veines animées? J'apportais un feu pur de l'autel ce qUej'ai allumé n'est pas une flamme pure. L'orage augmente l'embrasement et le péril l je ne balance pas a me condamner.

Et si j'ai chanté imprudemment le courage et la liberté, et la droiture et la liberté sans frein) l'orgueil de soi-même et le contentement du cœur je me suis acquis la glorieuse faveur des hommes mais~ hélas t un dieu m'a refusé le talcntt le miséra-ble talent de me conduire avec artifice. Kt maintenant me voici en même temps élevé et abaissé, innocent et puni, innocent et heureux.

Mais parle bas, car sous ce toit repose toute ma joie et toute 1. Ce personnage est Goethe Ju)-m<!me. Ses pensées so portent avec inquiétude sur les oOets que ses outrages ont pu produire. ma peine Un noble coeur détourhédu chemin de la nature par un destin rigoureux; qui, plein de pressenUments, désormàts sur là bonne voie, combat tour &t6Urav6c lui-même et avec des ombres prestigieuses~ ct~cc que le sort lui donna par naissance, songe le conquérir d'abord par la sueur elle travail. Aucune parole amie lie saurait délivrer son esprit doses voiles~ aucun chant, calmer tes flots émUs~ "Qui peut parler de sa coque future Ma chcntilequt rampe surla branche; et qui peut aider la chrysalide) sur le sol gisante) a percer sa tendre enveloppe?'Le temps ;vieht, elle se dégage elle-même; et s'envole dans le sein de !a rosé. <' Assurément les années donneront aussi ce jeune homme la bonne direction de ses forces. Avec un profond amour de la vérité, il éprouveencore la passion de l'erreur. Une curiosité té-méraire l'cntratnc au loin; pour lui, point de roche trop escar-pée, point de sentier trop étroit; la mauvaise fortune vëilteh son côté, et le précipite dans les bras de la souffrance. Alors une exaltation douloureuse le pousse violemment ç~ etia~ puisaune agitation inquiète succède un repos inquiet. Et, sombre et fa-rouche aux jours sereins~ indomptable) sans être joyeux~ il som-meiH(!, l'âme et le corps Messes et brisés~ sur une couche dure. Ici cependant) silencieux et respirant a peine) je lève les yeux vers les libres étoiles, et, veillant à démit demi plongé dans un songe pénible, je me défends a peine contre l'importune visiont Songe, dissipe-toit l 0 MUscs, que je vous remercie de m'avoir placé aujourd'hui dans un sentier ou un seul mot suffit, pour que la contrée tout entière brille sur-Ie-champdu plus beau jour) Le nuage fuit, le brouillard tombe, les ombres disparaissent. 0 dieux; nous vous bénissons avccjoiet II me luit, le vrai soleil; un plus bel uni-vers s'anime pour moi la pénible vision s'est dissipée dans l'air; c'est une vie nouvelle; elle est des longtemps commencée. Je vois ici, de même qu'après un long voyage on se rcconnait dans la patrie, un peuple tranquille utiliser, dans un labeur pai-t. Le grand-duo de Saxc-Wcimar, Sg6 do vingt ans à époque où nous re-porte ta vision du poeto. sib!e, les dons que lui dispensa la nature.' Je vois le f)I eoUrjr'de la quenouille au métier~ rapide du tisserand, et h corde et la tonne ~oisives ne chômeront pas plus longtemps àü bord du puits ouvert la tromperie est découverte~ tordre est revenu la prospérité e la fortune fidèle marchent sur ses pas. Ainsi puisse) A prince, éè coin de tes Etats être une imàgede ta vie t tu connais des longtcthps les devoirs u rang suprême, et tu imposes par dcgrés'dcs bornes a ton dme libre. H peut s'accorder màmte''jouissahcë, celui qui vit doucement pour lui-même et pour'son bon plaisir; mais qui s'efforce ..de bien conduire les autres doit être capable d'un grand renon-cement.

Marche donc.~ Jarecbmpens'e'n'estpasfutne. marche, non pas en chahceiànt~comme ce semeur marchait, en sorte que le grain, vain jouet du hasarda tombait, tel, dans le chemin, la, parmi les épines i non, semé sagement comme abondamment, d'une main terme et constante~ la bénédiction sur une terre !a-bourcc;pùts laisse-la reposer :,Ia moisson paraitra pour ton bonheur et le bonheur des tiens.

<Me* à mon amt Behr~eh'. 0.

(~7.) Transplante ce bel arbre, jardinier) J~ai pitié de lui. Cette tige avait mérite une terre plus féconde.

Jusqu'ici) comme un contre-poison, la force de sa nature a résiste a la desséchante avarice de la ferre, a la funeste impureté de l'air.

Vois comme, au printemps, il pousse des feuilles d'un vert tendre; leur parfum d'oranger est mortel a la vermine. La dent perfide de la chenille s'émousse sur elles; leur éclat argenté brille aux rayons du soleil.

La jeune fille souhaite de ses rameaux dans sa couronne de fiancée; les jeunes gens espèrent de ses fruits. 1. Goethe, a!ors6tm)fant, leconnut al.eipz!g. Plus ~g6(te<}ue!ques années que notre pot-tu, il était gouverneur du f))s du comte do Lihdenau, avec lequel it se t)Muii)a. Behdsch quitta Leipzig, et devint gouverneur du prince de Dessau.

POÉSÏHSt Mais voici l'automne! la cliehille s'en va~ elle se plaint ul'ar-tincieuse araignée de l'arbre qui he peut se nétnr. Et l'chnemiede la magnificence, dans l'air balancée, s'é!ance de l'if) sa demeure, vers l'arbre bienfaisant. Elle ne saurait huirë/ rnais la rusée couvre d'une souillure grisatrelësfeuiHesargentées.

Puis elle triomphe de voir comme la jeune tille passe avec horreur, le jeune homme avec compas Transplante ce bel arbre, jardinier j'ai pitié de lui. Arbre rends grâce au jardinier qui te transplante!

Tu pars Je murmure. Va, laisse-moi murmUrer. Homme e Iionorabic, déserte ce pays.

Marais meurtriers, brumeuses vapeurs d'octobre, ici confon-dent leurs émanations inséparables.

Berceau d'insectes nuisibles; repaire de leur malignité t Dans les roseaux de la rh'e est couché le voluptueux serpent à la langue de flamme, caressé par les rayons du soleil. Fuis les douces promenades nocturnes la faible clarté de la lune là-bas les crapauds palpitants tiennent leurs assemblées dans les carrefours.

S'ils ne nuisent pas, ils effrayent du moins. Homme hono-rable, déserte ce pays.

Sois insensible) un cccur aisément ému est un misérable don sur cette terre chancelante.

Bchrisch, que jamais le sourire du printemps n'éclaircisse ton front, et jamais l'orageuse tristesse de l'hiver n'y répandra les ombres du chagrin.

Jamais ne t'appuie sur le sein de là jeune fille qui berce nos soucis; jamais sur le bras de l'ami qui porte nos misères. Déjà, de son rocher, l'envie, qui te guette, concentre sur toi tous ses regards de lynx.

Elle étend ses griucs, c!!e fond sur toi, et trahrcusement te les enfonce dans les épaules. Ses bras maigres sont forts comme les bras de la panthère; eUetesêcbùéë~édéchire.

La séparatiôh est la mort! C'est une triple mort que la sépa-ration sans l'espérance du revoir.

Tu quitterais volontiers cc~pays détesté, si l'anntié ne t'én-chamaitàmôipardesitehsdefléurs.

Ose les rompre~ Je ne' me p!aindrài~point. Jamais uh géné-reux àm~hë retient son compagnon d'esclavage, qui est libre defuir. > La pensée que son ami goûte la liberté est la liberté pour lui danslecachot.

Tu pars, jereste;màis'déja les rayons de la dernière année se meuvent autour de l'axe fumant Je compte les coups de là roue tournante; je bénis le der-nier !es verrous se brisent~ je suis libre comme toi! l

Et~<UMmte.

Les dieux nous ont donné l'Ëtysée sur !a terre. Lorsque) pour la première fois, comme Un présage d'amour, tu vins au-devant de l'étranger, et lui présentas la main, il pressentit toute la féli-cité qui naissait pour luh Lorsque ton bras amoureux enlaça ton ami; que le coeur de Lila battit son approche; que vos mutuelles étreintes vous berçaient dans une sainte volupté/et que moi-même, heureux a ce spectacle, sans terrestre envie, j'étais a vos cotés! l' Lorsque dans les vallons sacrés, nous avançAmcs, Ie<; mains dans les mains, et que t'étrahger vous eut engagé sa foi, en sorte qu'a celui qui aimait, qui brûlait d'une langueur secrète, tu pré-sentas la joue pour le céleste baiser I Quand tu te promenés au loin vers !e bosquet de la coUine, des images d'amour avec toi se promènent, suivant le cours du ruisseau; quand pour moi le soleil se couche sur le rocher, je vois des images caressantes m'appeler travers les branches émues delà foret o~ se meurt la lumière; Égaré sur les rives désertes d'un affreux climat, je vois ). Viehoff estime que cette pièce et la suivante ont cte composées pour Char-lotte. Lo Chant matinal du pMerin serait )o départ de Goethe quittant Wctztar, résidence de Chartotte. sous!es myrtes verts, dans l'ômbrédoree du passt~ Lila te don-ner la main; je me vois prendre vos mains; d'un a<r les batser) vous regarder en suppliant je~ vois vos ;y~ se rcncohtrer~se porter sur nioi; je levé ,ü.I)frèg~i'd. pérancC) eHc s~ap~ ;de MM.«.Lèvres divinesh.. Et je chancelier j'avàncet je regarde et sou~ ch¿mc~lle; Vo-- !upt6)v6!upte!supr~me) J'ai senti UD baiser!

Les dieUx m'ont donne l'Elysée sur ta terre. Aht pourquoi l'Elysée seulement?

ChMt MtHHMt dw pète~it ~tt*.

Ma, les brumes matinales enveloppent ton manolr< Je ne le verrai donc pas une dernière fois! Cependant les images sans nombre d'un bienheureux sôuvcmr voltigent comme une sainte flamme autour de mon coeur; Comme il était la mon de mon ivresse~ lorsque) pour la prenncre Cois/tendre et craintive, tu apparus a l'étranger~ et que tu allumas soudain dans son âme des ardeurs éternelles! Orages du Nord.'faitessifÏIer les langues de mille serpents autour de ma t6te: vous ne la courberez pas -Vous pouvez courberr la tcte des jeunes rameaux privés de la présence de l'astre paternel Amour, que je trouve en tous lieux, tu m'pmbrascs tout entier; tu opposes forage le front,' aux dangers la poitrine, tu as répandu dans mon cœur, qui se flétrissait avant l'age~ une double vie le bon-heur de vivre et le courage)

OnmtdtMahMm~t'.

Voyez le ruisseau des montagnes~ brjUant de joie, comme un regard des étoiles! Au-dessus des nuages, dp bons génies ont nourri son enfance parmi les roches buissonneuses. Jeune, ardent, il s'élance de la nue sur les parois de marbra, et il pousse encore vers le ciel des cris d'allégresse. Le long de ses sentiers sublimes, il pourchasse.les cailloux bigarrés, et, comme un guide empressé, il entratnc à sa suite les sources fraterneltes.

La-bas, dans la vallée, les fleurs naissent sous ses pas et la 1. Co chant allégorique devait trouver place dans te drame de jtfo~cm~. prairie s~ànimedesbh~ baleine. Mais rien ne l'arrêter m la vallée ombrëUse, ni les fleurs qui s'enlacent autour de ses genoux, et le caressent de leurs regards amoureux il précipite vers la plaine sa course tortueuse.

Lès fontaines unissent leurs flots aux siens. Fier de ses ondes argentées, il entre dans la plaine et~à plaine est fière de lui, et les rivières des campagnes et les ruisseaux des monts le saluent avec allégresse et s'écrient: < Mon frère, mon frère, prends tes frères avec toi, et les emmène vers ton vieux~pèro, l'éternel océan qui les bras ouverts,~nous appelle. Hélas ) lia s'ouvrent en vain pour recueillir ses enfants qui soupirent; car, dans l'aride désert le sable altéré nous 'devorej la-haut le so-leil absorbe notre sang une colline nous arrête eh happe im-mobile. 0 frère, prends tes frères de là plaine) prends tes frères des mdn!aghes et les emmène vers ton père) i Venez tous). Et maihtenantil s'enfle plus magnifique; toute uhéhàtion porte le prince au faite des grandeurs. Et, dans le cours de son iri6mphe,il nomme les contrées; les cités naissent sous ses pas; irrcsistible/ il marche avec fracas; il laisse der-rière lui les tours aux sommets étihcelants, les palais de mar-bre créations de sa fécondité.

L'Atlas porte des maisons de cèdre sur ses épaules de géant: sur sa tête frémissent dans les airs mille étendards, témoins de son empire.

Ainsi, mugissant de joie, il porte ses frères,Ses enfants, ses trésors, dans le sein du père, qui les attend.

ChMt<e*t!tprt<tta)rtete<MMt L'esprit de l'homme ressemble a l'onde elle vient du ciel, elle monte au ciel et retombe encore sur la terre, changeant sans cesse.

11 jaillit de la haute roche escarpée, le uot limpide, puis avec grâce il poudroie en ondes vaporeuses sur là roche polie, et, doucement accueilli, enveloppé d'un nuage, avec un léger mur-mure il roule dans la profondeur.

Si des rochers se dressent au devant de sa chute, furieux, il ccume et fond par degrés dans l'abtme.

Dans un lit peu profond, il chemine lentement vers la vallée Jt herbeuse/et, dans le lac tranquille, tous les astres se repaissent delëurimage.

LeYent est l'aniant gracieux des ondes; le vent mêle, jus-qu'au fohd)!csYaguesecumantes.

Espriide l'homme) que tu ressembles à l'onde) destinée de l'homme) que tu ressembles au vent t y MmD~MM c,> t 'Dites-moi l'immorfelle à qui icvicht la premtere couronne? '1 "Je ne 'conteste avec personne/mais je la décerne a celle qui est toujours mobile) toujours nouvelle) a la merveilleuse fille de Jupiter, son enfant chëri) la Fantaisie.

Car il ra dotce de tous les caprices qu'i! se reserve d'ordi-naire pour lui seu], et dans la folle i! met sa joie. Soit que, couronnée de roscS) une branche de Ms la main, elle parcoure les vallons (IcuriS) règne sur les papillons, et) de ses'lèvres d'abeille~ suce dans les fleurs la rosée nourriture légère; soit que, les cheveux épars et le regard sombre, elle murmure avec le vent autour des rochers~ et qu'avec mille cou-leurs/comme le matin et le soir) toujours changeante, comme les aspects de la lune, elle apparaisse aux mortels. Tous ensemble) célébrons l'antique) l'auguste pcre) qui Voulut donner cette belle) impérissable épouse a l'homme mortel.

Car nous seuls il l'a cnchahice par de célestes noeuds, et lui a commandé de s'attacher pour jamais a noUs~ comme une compagne ndcle) dans la joie et la douleur.

Toutes les autres races, pauvres enfants de la terre vivante et féconde, vont se repaissant des obscures jouissances et des tristes douleurs de la vie éphémère et bornée) courbées sous le jougdelanéccssité.

Mais, rejouissez-vous, ii nous a donne sa fille la plus leste, sonentant gâte. AccueiUcz-ia avec faveur comme une bien-aimec; laissez-lui la dignité de mattresse du logis.

Et que la Sagesse, vieille niaratfe, n'ofïensc point la bonne petite a)ne) 1

Mais jo connais sa sœur, ptus âgée, plus posée) nia secrète amie. Oh) 1 qu'elle ne m'abandonne qu'avec le nambeau de la vie, ina noble patronne, ma consolatrice, t'Esperancct l

POËSIMS.

Voyage dam* le Harz en hÈTet'.

Semblable au vautoury qh suj~ Ics:pesahtcs nuées du matin reposant son aile légère, épie sa' proie, que ma chanson plane danslesairs) ;};' .=, t.

Caruh'dicu a tracé ~chacun sa route, quc:l'nommeneureux frahcmt dune course rapide jusqu'au butjôycUx.tahdts que celui dont 1 infortune a serré, le cëeur lutte Ya!nement contre tes barrières du ntd~airàih) que le ciseau cruel; ne tranche p6urtànt'qû'unc~o!s.

Dans le ha]tier spmbre se presse !egtt)ier sauvage~ et, avec !M bruants, !cs hérons se sont depuis longtemps plongés dans leurs marais.

Il est (aci!ë de Suivre lechar que ta {brtuhe~cohduit, cotnme les équipages commodes suivent, sur les routes réparées, l'en-trée du prince. Mais qui vois-je a l'écart?: Sa trace se perd dans Iefourré;dcrrierc lui les buissons battent leurs branches, le gazohse're!eYe,lasqlituflcrehglout)t.

Aht comment guérif les douleurs de celui pour qui le baume est devenu un poison ,-qÙ! dans les ~ots de l'atnour s'est abreuvé de misanthropie! Méprisé des hommes, qu'U méprise a son tour/il dévore secrètement son méritcpropre dans un égoïsme insatiable.

S'il est sur ta lyre, opère de l'amour, des sons accessibles a son orciUe, apaise son cœur) Découvre a son regard enveloppé de nuages lés miUc sources qui jaillissent dans le désert auprès de l'homme a!tcré.

Toi qui verses a chacun une mesure surabondante de ptat sirs, bénis les frères chasseurs, qui suivent ia piste du gibier avec tes jeunes transports d'une joyeuse ardeur sanguinaire, vengeurs tardifs du monstre contre tequel le paysan se défend en vain, depuis des années, avec le bâton. Mais enveloppe le so-htah'c dans tes nuages dorés t En attendant que la rosé rcHeu-- ). Dans les derniers jours de novembre mj, Goethe monte achevât de gran<! matin, et brare ht neige pour escalader te Harz, tandis que ses amisanrontent, de leur cot6, le mauvais temps pour a!)er à la chasse. Goethe arait particulière-ment te dessein de voir, sans se faire connaitre, un jeune homme atteint d'hy*t'ocondrte, qui t'aYait aecaMc dé ses lettres après )a publication de ~<

COEÏHE. t t3 risse, Amouf) couronne de fouilles hivernales l'humide chevc-luredetoh poète!

A lalué~fr de ton ilam~eau, tu l'éclairés, la nuit, a travers les ruisseaux dans les routes impraticables et' lés campagttes 'dé-sertes avec l'aurore aux miHe cduleUrs; tu sounsà son ~më; tYec la furieuse tempête, tu ~l'empor~es sur lés liauteurs; l~s torrents de l'hfver se précipitent du Mch~~ ~~r ~éphrid,ëht l Ses cantiques~ elle 'dévient pour lut l'àu~èl de'la" plus tendre recon-- Dà)ssàncé, làte~ë neigeuse du sommet ré<îouié~ que les peuples crédules ont couronnée de rondes fantastiques. ,"H Montagne ) aUx nanc~ inexplorés, tti te tevés mysténeuse et dévoilée sur !e monde étonne, et tu contemples, des nuages~ ses royaumes et leur gloire) ou tu verses les flots que tes sœurs voismés épanchent de leurs veines.

AMpotMMeNH)roBM)'.

Vite, vite, Krohos! Poursuis ta course bruyante. A la des-cente, le chemin glisse; tes lenteurs attardent devant mes yeux le vertige pénible. Courage! bien que ta route soit raboteuse, à travers souches et cailloux, lance-toi dans la vie!

Et mamtenant, d'une marche haletante, gravis pémblement là montagne. Courage! point de paresse! avec effort, avec es-poir, en avant!

EUe est Vaste, sublime, magninque de toutes parts, la per-spective dans les champs de la vie! De montagne eh montagne, plane l'esprit éternel, dans lé pressentiment d'une éterneHevic.

A l'écart elle t'invite, l'ombre de l'avant-toit, avec un regard qui promet le rafraîchissement sur le seuil de la jeune nlle. Goutécc réconfort. A mo! aussi, jeune ulle, ce breuvage écu-mant, ce vif règard de santé!

Hh bien, descends, descends plus vite! Vois, le soleil décline! Avant qu'il disparaisse, avant que la vapeur brumeuse enve-loppe ma vieillesse dans le marais, avant que tremblotent mes mâchoires édentées et mes membres vacillants

Entraîne-moi, ivre du dernier rayon, les yeux étincelants de

1. Le BKxAen, point cptminant du Harz. Yoy. dans t'ACSi fa A'M'f du M&ba<; .!V,p.MO.–2.I.eTemps. 1 mille nammes~ehtrâine-moi.citancclant) ébloui, vers la porte iénébrëusodel'eniter.

Postiliph, sonne du cor~ ~ais retentir le trot du coursier so-nore, àOnqUo Plutôh entende notre arrivée~ et que, sur le seuil de la porté, l'h6te nous fasse un gracieux accueil.

Ci)<M)< d'orale d'tp~Iertn.

0 Génie, celui que tu h'abandonhës pas~ ni M pluie m la tempête ne lui soufflent le frisson dans Je coeur. Génie, celui que tu n'abandonnes pas opposera ses chants aux nuages plu-vicùX) a la grêle orageuse/comme l'alouette 1~-haut. Génie, celui que tu N'abandonnes pas, tu l'élevci'as avec des ailes de flamme au-dessus du sentier limoneux~ il marchera comme par des chemins de neurSt sur ]a fange dé Deucalioh, vainqueur de Python, léger et grand, véritable Apollon pythien. Génie, celui que tu n'abandonnes pas, tu ëtcndras sous lui des ailes mocUeuses, s'il dort sur le rochct'; tu le couvriras de teur ombre tutdairè dans les ténèbres de la foret. Géniet celui que tu n'abandonnes pas, tu l'envelopperas chaudement dans le fourbUIondc neige; la ctmieur attire les Muses, la chaleur attire les Grâces. 0 ~Juses, ô Ci'dces~ planez autour de moi Voici l'eaUt voici la terre, et le fils de l'eau et de la terre, sur lequel je marche pareil aux dieux. Vous êtes pures comme le sein de l'onde vous êtes pure. comme la moelle de la terrer vous planez autour de moi~ ci je plane sur les eaux, sur la terre, pareil aux dieux. Kh quoi, il retourne chez lui, le paysan chétif, noir) plein d'ardeur) il retourne cheziui, sans rien attendre que tes faveurs paternelles, oDacchus, avec un feu brillant, réchauffant; il s'en retourne avec courage. et moi que vous accompagnez, Muses et Grâces, moi qu'attendent toutes les couronnes de félicité dont vous avez embelli la vie, Muscs et Grâces~ je reviendrais découragé?

0 père Hacchus, tu es le génie, le génie du siècle; tu es ce que la flamme intérieure était pour Pindare, ce que Phébus Apollon est pour l'univers.

Malheur, malheurl Flamme intérieure, chaleur de l'âme, centre de vie) Urulc; à l'approche de Phébus Apollon, sinon son regard de prince glissera sur (oi froidement; il s'arriéra avec jalousie sur le cèdre vigoureux qui, pour verdir, ne t'at-tend pas.

Pourquoi ma chanson te nomme-t-ellc le dernier, toi par qui elle a commence, toi avec qui elle s'achever toi dont elle dëcdûle 6 Jupitcft père des orages ) C'est toi, c'est toi que verse a tlots ma chanson; et là source de Castalie coule) affluent modeste, coule pour les oisifs les heureux mortels, bien loin de toi, qui me saisis ci me couvres, 6 Jupiter, père des orages! Divinité, qui soumcs les tempêtes, tu ne l'as poiht~v~ stiüs l'ormeau, ce frivole Anacrcon, l'ami des Heurs, qui porte dans ses bras caressants un couple de colombes, et qui se couronne d'aimables roscs f Dans la foret de peupliers, sur la rive du Sibaris, sur!e front de la montagne éclairée par le solei!, tu ne l'as pas sur-pris, ce Thcocrite, le cbàhtrc des ncûrs, au suave langage, au gracieux sourire.

Lorsque les chars, avec fracas, roue contre roue, tournaient, rapides, autour de la borne; que volait dans les airs le bruit du fouet des jeunes gens enflammes par la victoire, et que roulait la poussière, comme de la montagne une pluie de gravier roule dans la vaHée, ô l'indarc, ion âme courageuse brûlait pour les dangers. HIIe brûlait?.Pauvre cœur! La-baut sur la col-line, céleste puissance, assez d'ardeur seulement. ia-haut est ma cabane. assez d'ardeur, pour passer a gué jusque-1~ t

Xa~tgattoh.

Depuis de longs jours et de longues nuits, mon navire était équipe; j'étais assis attendant des Ycnts favorables, avec de ndeles amis dans le port, prenant patience et bon courage, le verre a la main.

Kt i!s sentaient une double impatience. De bon cœur nous te souhaitons le plus prompt voyage; de bon coeur, une heu-reuse traversée; tu trouveras la richesse sur d'autres plages, et, au retour, dans nos bras, l'estime et l'amitié. ]) Ht de grand matin il se fait un tumulte; le matelot nous ar-rache au sommeil par ses cris joyeux; tout fourmille, tout s'anime et travaille, afm de partir au premier souffle favorable.

po~sms.

Et !es voiles se gOnfiëhi au vent, et le sôlcU nous attire par ses feux caressants les voiles nient, tes nuages fjtent; sur le rivage, tous les amis nous accompagnent avec des chants d'es-pérance~ imaginant, dans l'ivresse de !a joie, des plaisirs de voyage parens-a ceux du jour d'embarquement et des pre-mières nuits efdnccs.

Mais des vents variables, envoyés de bieU,' l'écartcht de la route projetée, et il semble s'abandonner a leur eapncc; il lutte, pour les surmonter doucement par la ruse, fidèle à son but, même dans sa marche oblique.

I!icht6t, du lointau! hcbuJcuï) avccuh sourd murmure, s'an-nonce la tcmpctc, qui lentement chëmine~'rcfoule les oiseaux a !a surface des ondes, oppresse !cs coeurs des hommes haletants, et puis éclate chnn. Devant sa fureur inflexible, le prudent nau-tonicr serre les voiles le vent et lés flots jouent avec le ballon tourmenté.

Et l~t-bas sur le rivage sont les amis fidèles ils tremblent sur la terre ferme, a Aht pourquoi n'cst-il pas reste? Aht!a tem-pête). nanni, loin du bonheur t. Ce bon ami va-t-il périr? Ah! ildcvraitt.t. Aht il pourrait). Dieux!

Cependant il tient ferme au gouvernail~ le vent et les flots jouent avec le navire, le vent et les flots ne jouent pas avec son cœur; son regard impérieux mesure l'abnnc en fureur, et, qu'il échoue ou qu'il aborde, il se fie a ses dieux.

t/a<~te et la colombe.

Un jeune aigle déployait se3 ailes pour voler au butin la neche du chasséur l'atteignit et coupa le nerf de l'aile droite, JI tomba dans un hosquctde myrtes, d6vora sa soufu'ancc pendant trois jours, ctpa!pita dcdouleur pendant trois bogues, !ongues nuits enfin il est guéri par le baume, toujours prêt) do la na-ture, qui guéri! toutes tes douteurs. Jtso trame hors du hois et il étend Jcsaiies. !tc!ast 1 la force du Vol est retranchée. Il s'c!cvc à peine sur le sot avec cnbrt, poursuivant une indigne pâture, et) dans une profonde tristesse, il repose sur I'hun)b!e roche près du ruisseau; il levé tes yeux là-haut vers le chêne, I~-haut vers !e ciel, et une larme baigne son ccH ner. Ht voici gaiement, a travers les myrtes qui frémissent, un couple de ramiers il se pose et se prbfnehë,' hochant la' tête, sur le sable dor~ au bord du ruisseau ils se'rapprochent l'un ` de l'autre; leurs yeux "rosés lancent des œillades alentour~ et ils aperçoivent celui q~ s~u ftr~ ~ê;~fét:\Lèj~rt~rl,éti, s'approche, s'élance sUr le bùtssbn voisin, et se rengorge et ré-garde raigte avec anti~et Tu es HjFdlt~iF'd'une'voix caressante; Bon courage, mon ami N'as-tu pas toutici pour une félicité tranquille? Nepëux-tii jouir du rameau dore,qui te pro-tége contre l'ardeur du jdUr? Né pëux-tU) sur la m6~ t6hdfe; au bord du ruisseau, étaler ta gûrgc aux rayons du soleil cou-chant? tu te promenés a travers la fratchè rosée des néurs; tu trouves en abondance dans la forêt une facile nourriture tu etanches aisemcM <a soifaîa source argentée..i. Omoh ami, le vrai bohiieùr est ta mbdëration~ et !a modération trouve partout sa mesure. 0 sage t dit l'aigle, et il rentre plus profondément en lui-même; 6 sagesse) th parles comme Une colombe! a

tianym~de*. 1.

Dans laspicndcur du matin, comme tu m'entoures de tes feux, printemps hicn-aimét AYCC toutes !esdé!!ccs de l'amour~ pé-nètre au fond de mon Ame le sentuncnt sacré de ta flamme cter-nelte, beauté infinie!

Si je pouvais te serrer dans mes bras t Aht je repose sur ton sein, je languis, et tes Meurs, tes ga-zons, se pressent sur mon cœuf. Tu apaises lascif brûlante de ma poitrine, aimable brise matinale. Le rossignol amoureux m'appelle de la nébuleuse vatiée. Je vais, je vais! Où donc, où donc suis-je emporté?.

La-hauti. La-baut l'essor m'cntratnc. Ils flottent, les nuages, ils s'abaissent; tes nuages descendent au-devant de Tardent amour) A moi, a moi, dans votre sein~Ia-baut MutueUes étrein-tes! la-baut, sur ton cœur, ô Pcre, qui es tout amour)

t<et berne* <<e t~hotm'fttt.

Quand l'éternel, le céleste Père, d'une main facile, semé, du

L ï.o morceau tyrique intitu)& J'f0)))~<h< qui pr~cMo celui-ci, s6 trouve aussi dao* te drame do ~'fom<'<~< et en forme te troist&me Mte. Yoy. t. U, p. 98. sein des nU.ages roulants, les ëclatrs féconds sur la terre, j e baise le bord de sa robe~ avec une frayeur enfantine dans mon cœUrUdele.

Car un mortel ne doit jamais se m àvéc les dièux ï1'1 é¡¡rUfi" rtîbttC}l. IJ~doitjaniai~i)1AAûr~t,~veç ,le~ -;diêiix i ,SIU s~éicveauctel, et touche de son t)ront les ét~ ~aff '!le s'appuient ses pi Mai assures~ Ùdevient lejo~èt des nuages etdesvents.

Si, avécses membres fermeset vigoureux, ttrestë debout sur la terrestâb!e et permanente, il ne parvient pas seulement &s'ë-ga!er au chêne ùu bien au pampre.

Qu'est-ce qui distingue les dieû~ des hommes? C'est que de-vant les dieux passent des nots nombreux) neuve ~ternel~ tandis que te not nous c!&ve, !e Hct nous eng!dutitt et nous sommes submergés.

Un cerc!e Etroit Imntc notre vte) et mi!!e générations se suc-cèdent sans cesse, a la chatne infinie de leur existence.

t~dt~a.

Que l'homme soit noble~ sëcourable et bon, car cela seul le distingue de tous les êtres que nous connaissons. Gloire aux êtres inconnus, plus sublimes, que nous soupçon-nons! Que son exemple nous enseigne à croire en eux. Caria nature est insensible: le soleil brille sur les méchants et les bons, et pour le criminel, comme pour le juste, luisent la lunoetlesetoiles.

Le vent et les torrents; le tonnerre et la grêle, volent en mu-gissant, et, dans leur passage rapide, emportent chacun à son tour.

!<a fortune aussi tâtonne dans la fouie, et saisit parfois la tête bouclée de la tendre innocence, parfois le front chauve et cou-pable.

Selon des lois grandes, éternelles, inflexibles,. nous devons tous accomplir les cercles de notre existence.

L'homme seul peut l'impossible il distingue, il choisit) il juge; il peut donner à l'instant la durée.

Lui seul, il peut recompenser les bons, punir les méchants, guérir et sauver, relier utilement tout ce qui se trompe, ce qui s'égare.

roRsiKs.

Ht nous honorons tes iminortets comme s'ils étaient des hom- = 'mcs,' et faisaient eh grand ce qù6 le jiistc fait en petit du vou-draittairc.

Que I'hdiï)me hoNc soit sccouraMe~et bon; qu'iLfas~ relâche ce qui est utile et'juste, et qu'il soit pour nous, par r avance, Une image de ces êtres que nous soupçonnons d ` Prt~rè royale.

Ah! Je suis !c roi du monde; je suis"'âith6 des nobles coeurs qui me servent; Ah) jesuis Icrôi du mohdë; ~'aimëles'nôbtes cccurs 'auxquels je commandc/0 Dictrdu cieit ne permets pas quejchl'ch6rguei!iisscdc'!a grandeur et de t'amout')..

Sem<tntent humatn.

Ô vous~ dieux, grands dicuX)t)a))i(auts dû vaste ciel; donnez-nous sur iaterrct)bn courage et ferme raison/et nous vous tais-serons~ bons dieux, votre vaste cict--

t<eptn'edcttHt'.

jt n'est point de ménagerie aussi variée que ccUe dema Liti! i Eue y poss6delesplusctrangcsbetcs, et !cs y attire, sans savoir eitc-m6me comment. Oh! comme ils sautent, courcnt;p!ctihëht, se débattent~ avec teursaitcsccourtces, les pauvres princes, tous onsembic, dans un tourment d'amour jamais apaisé 1

Comment se nomme la fée Liii?. Ne demandez pasaprcs elle Si vous ne ta connaissez pas, rendez-en grâce aux dieux.

Que! vacarmc.'quelcaquctage, !orsqu'e!!esem6n<rca!aport(!) tenant a la main la corbeille au grain! Quelle piaillerie 1 quelle criaineric! Tous tes arbres, tous les buissons, semblent s'animer; des troupes entières s'abattent à ses pieds les poissons mémés frétillent dans le bassin avec impatience, la tête hors det'eau; puis elle distribue la pâture, avec un regard. a ravir tes dieux, pour ne rien dire des hetes. Alors on commence a bec-queter, avaler, barboter; ils montent sur le dos les uns des autres; ils se pressent, se poussent, s'arrachent lesmorccaux, t. Expression badine de l'amour et do la Jatou.'iio d6 Goethe, Liti(Ët'sat)eth Schœnemant)) est une autre Circê.

POHSiRS, se chassentj se tourmentent, se mordcnt).ettoutcelâ pour mie croustille de pain seCt qui; donnée denses belles mams, est aussi savoureuse que si elle avatt trempé dans l'aihbrbisie. Et Ses regards encore) sa voix) quand elle appeltepe~tt pettt attirerait l'aigle dùtr6ne de Jupiter; les deux coloh~ le paon superbe iui~néme, Jvicndraicnt~jc icjure, si seulement ils entendaient de loin cette Voix.

Car elle a tire ainsi du bois ténébreux Un oUrs mal .léché et mal apprisj cilea su le séduire, le mettre sous sa clef, }e mêler a sa coinpaghic apprivoisée) l'apprivoiser avec les autres, jusqu'à un certain point, s~entend! Qu'elle était belle! hélas! et qu'elle paraissait bonnet J'aurais donné mon sang pour arrosei' ses fleurs.

e J'aurais, dites-vous ? Comment? Qui? Eh oui, messieurs, franchement; je suis i'ourS) pris dans un n!c<, retenu à scspicds par un fil de soie. Mais comment tout s'est passé, je vous le con-terai une autre ibis je suis pour cela trop furieux aujourd'hui. Car, sijcrcstèicidansJecoih,etsij'cntendsdeIoinlecaquct, si je Vois voleter, voltiger, je me retourne et je gronde, et m'é-loigne quelque peu, et me rctournect gronde, et jecours encore quelques pas, puis en<h! je reviens pourtant.. Alors j'éclate et vais entrer en furie; un soufno puissant sort avec bruitde mes naseaux; mon cocurdeyient farouche. « Eht mais, tu n'es qu'un fou, tu n'es qu'un petit lievrej un oisillon, un petit écureuil, bon a croquer des noisettes! 'Je dresse ma nuque hérissée) qui ne sait pas servir. Chaque arbuste taillé ar-tistcmcht se rai!!c de moi. Je fuis du boulingrin, delà pelouse, si joliment tondue le buis me fait un pied de nez; je fuis dans lé plus épais du bocage, pour franchir la clôture, enjamber les palissades. Je ne puis ni grimper ni sauter; un charme, lourd comme le plomb, m'accable; un charme me ressaisit; je me tra-vaille et me fatigue; je tombe épuisé auprès des cascades artifi-cieltes; je mâchonne et je pleure et me route a demi mort. Hélas) et ma détresse ne va qu'aux oreilles des Oréadcs de por-celaine.

Tout a coup un déHcicux sentiment parcourt toutes mes veines. C'est elle qui chante la-bas sous son berceau. J'entends encore sa voix, sa voix chérie l'air est ticde aux alentours, est embaumé de Heurs <; Ah! peut-être elle chante pour que je l'entendeîJ'ac' cours~je tbûle tous les buissons, le feuillage s'écarte, le& arbres metbntp)ace,etpû!sasMp~ëdsëstcou~~ deSforét~. Ëiïe le voit. Un monstre) mais drolé! poùr.ùÍi ours~ pour un barbet) trop sauvage (velU) lourd et gM De son joli piedj elle lui caresse le dos; h croît 6tre en paradis. Comme les sept sens lui démaMgehtt Elle l'observe d'un air tranquille. Je baise ses souliers je morditle ses semelles, aussi déiicatemcnfque le sait taire un ours. Tout doucen)entjëme levé, et me glisse a la dérobëe jusqu'à ses genoux~ Aux bons joUrs, elle me tàisse faire et me gratte autour des préittes~ et m'applique en se jouant Un bon sounlet. Je grogne et me sens renaître de plaisir, puis, avec une douce et légère moquerie~ elle me dit <' Alions~ tout doux) Eh t la mehottëi Et faites serviteur, comme un Joli seigneur*. Elle poursuit de la sorte en jouant et riant. Il espère, le fou souvent irôhipe; màist veut-il faire un peu le mauvais, elle l'arrête courte comme devant. E!!e possède aussi une noie de baume enflamma auquel n'est comparabtc aucun' miel de là terre. Quelquefois, touchée de mon amour et de ma udéliie, elle en frotte, avec le bout du doigt; une gouttelette autour des lèvres brûlantes de son ours; puis elle s'échappe et m'abandonner moi-même, et moi, laisse libre, je suis enchatn~ par magie jecours sans cesse après cl!e; je la cherche)je frissonne, je fuis encore. C'est ainsi qu'elle laisse courir le malheureux dëchiré elle ne S'inquiète ni de ses plaisirs, ni de ses douleurs. Dont quelquefois elle me laisse la porte ehtr'ouverie, regardant avec malice, du coin de l'œil~ si je ne mirai pas.

Et moi). Dieux, s'il est en votre pouvoir de faire cesser ce pénible enchantement)queje vous bénirai de me rendre la liberté) Mais ne m'envoyez du ciel aucun secours.Ce n'est pas tout à fait en vain que J'étends ainsi mes membres je le sens, je le jure; j'ai des forces toujours.

Bewotn d'Mnoar.

Qui m'entendra? tîc!as) à qui dois-je me plaindre Celui qui 1. Ces mots sont en français dans t'origiMt.

20~ m'eMtëndr~~aùr~h~l'~itié de m&i?~~Aguërc a goûté, a donne tant d~p,1âîSlrrèUeeslteMûc ét soûi'fcè cruèuement et) si éite'est !)!ésséé; ce n'est point que nitâinat-tresse m'ait saisrtr~pbru~ ':Une amoureuse m0ï'sûre/pour jobir~tusentiÈreme~ en s'assurant de'!ut'Yn6h, ma I&Vrë de!!catëé~t tendue~ parce que, avec )a gctée et les frimas, les vents rjgoùreux me traitent sans piuë.

Et maIntenàHt le suc de !à hoMe grappe ) mêlé au suc des abciDes sur le ~e)r de mon foyer, d6tt me dohhcr du sôutagc-ment i mais ~ue servira ce remède~ si t'amour n'y Verse pas une goutte de son baume?

A et* erneMé.

Vois-tu cette orangé? Ët!ë est encore pendue a l'arbre; déjà mars est passé/et voici de nouvéHes Heurs. Je vais à l'arbre et je dis <t Orange) orange mûrC} dôiice orange) je secoué le sens-tu? je secôUe.Ohj tombe dans mon sëint*

Mé*!f.

0 belle jeune fille) jeune nile aux cheveux hoirs~ qui t'ap-proches de la ichétrë et parais au balcon, serais-tu là sans su-jet ? Oh si tu étais la pour moi~ et s! tu levais le loquet, que je serais heureux! Je ne ferais qu'un saut jusque chez toi.

t~ew JWHM);~<e< Souvent, dans les ténébreuses nuits d'hiver~ dit aux douées Muses Nulle aurore ne brille; te journe veut pas luire, eh bien, a l'heure propice, apportez-moi la lampe aux pieuses clartés, et qu'à la place de l'Aurore et de Phébus, eiio anime mon travail silencieux t Mais elles me laissèrent plongé dans un lourd et pénible sommeil, et chaque 'tardive matinée était suivie de jours siérites.

Et, quand le printemps s'éveilla Je dis aux rossignols Ros-signols chéris, chantez, le matin, de grand matin, devant ma t. JfuM~fe, eh</ tte< JfMM, ~«t'de JM JfM~M, est proprement un surnom d'Apotfon. C'est aussi te titre d'un jouroatquopuMtaitHennings. Comparer, t.IV,p.2&4. fenêtre, éveillez-moi du sommeil prôtbhd ,qui~ puissamment enchaine le jeune homme. Mats lesamoureux chanteurs~pro-lohgcatcht, la huit, devant ma fenêtre Icurs~ mélodies; ils tenaient mon Ame évcitlée, excitaient de nouveaux désirs d'amour dans nton cœur agite. ,q" Ainst se passait~a nHit, et l'aurore me trouvatt dormant, et le soldl a peine m'éveillait.

Enfin l'été est venu et, a là première tueur t matih ) !a mouche màt)ha!e, agtssahtc~ m'arrache au doux repos, impi-toyaMe c!!c reYiéht) quoique souventy ~~dcmi rcYeiHe; je 1 chasse avec impatience; c!!e appe!!escssceurs impudentes, et il faut que Je doux sdmmcH s'envole de mes paupières. Je saute vivement a has du !it; jecherche tes Muses chéries; je les trouve dans lé bois de hêtres~ prêtes A m*accUei!!ir avec bicn-veinancc; et~je dois aux insectes fachcUx bien des heures fortu-nées.' Sôyez donc/6 monchcs' importunes/soyez célébrées par le poète, comme les véritables Musagetes.

ftatntetdmmattnt 0 volage, malicieuse et eltere enfant) dis-moi, de quoi suis-je coupable~ pour que tu me tiennes ainsi à !a torture, et pour violer la parole donnée? P..

Tu me serrais les mains hier au soir avec tant d'amitié, et me disais tout bas si tendrement Oui, certainement, j'irai j'irai, vers le matin, mon ami, dans ta chambre. n J'avais laissé la porte chtr'oUvcrte; j'avais d'abord essayé les gonds, et m'étais réjoui de ce qu'ils ne criaient pas. Quelle nuit d'attente j'ai passée! Je veiDais, et je comptais tous les quarts d'heure; si je m'endormais pour quelques in-stants, mon cœur demeurait toujours éveillé, et me tirait d6 mon léger sommeil.

Je bénissais alors les ténèbres qui si paisiblement, cou-vraient toutes choses; j'étais ravi du silence universel, et sans cesse aux aguets, j'écoutais dans le silence, si quelque bruit ne se faisait pas.

< Si ses pensées étaient les miennes, si elle sentait ce que j'éprouve, elle n'attendrait pas le matin, elle viendrait mainte-nant. ·

PÔÉSÎ ES.

Un chat bondissai~-il la-haut sur le plancher, ta souns rongeait-elle dans I~e coin, se 'faisait-il je ne sais quel mouvement dans s la ntàisdn) j'espérais toujours entendre tes pas, je croyais tbu-jourschtendreioha'pproche.

Ht je restai longtemps 'ainsi et toujours plus longtemps, et déjà le jour commençait a blanchir, et il se irisait du bruit par ici, du bruit parîa.L Kst-cc sa porte? Serait-ce !a mienne? Je m'asseyais, ac-coudé sur mon lit; j'observais si Ja porte a demi cc!aireëpcut-ch'c ne vtchdrait'pas a remUer.~es deux battants restaient ap-puyés, suspendus, immobites, sur tesgqnds légers. Et lejdur bri)!àit de'plus eh ptus déjà j'entendais s'ouvrir r là porte du voisin/qui courait gagner sa journée; bientôt j'en-tends les voitures router; puis !a porte de la YiHes'ouvrë a son tour, et toute la cohue du marché se croise et t6Urbi!i6nne. Alors te va-et-vient commence dans ia maison on monte, oh descend les degrés, ça et la les portes crient, les pas résonnent, et, comme auhebc!!cvie,je ne pouvais renoncer a mon espé-rance.

t'huin, quand le solcit maudit frappa mes fenêtres et mes cloisons, je sautai à bas du lit) et courus au jardin, pourmétcr mon baleine, brûlante de désir) il la fraîche brise matinale, peut-être aussi te rencontrer dans le jardin et maintenant) ni dans le berceau ni dans la grande allée de tilleuls; je ne puis te découvrir.

t.tt ~ttte.

Je voulus aujourd'hui me glisser chez ma bien-aimée~mais sa porte était close. Ëh bien, j'ai la clef dans ma poche 1 j'ouvre doucement la porte chérie.

Je ne trouvai pas la belle dans le salon~ je ne trouvai pas la boite dans sa chambre; enfin j'ouvre sans bruit son boudoir, et je la trouve, en ses atours, gracieusement endormie sur le sofa.

Pendant son travail elle s'était assoupie; son ouvrage, avec les aiguilles, reposait dans ses blanches mains pliées. Je m'as-sis a côté d'elle, et, rêvant à la chose, je me demandai si je de-vais l'éveiller.

J'observais lé calme enchanteur qui reposait sur ses pau-pières sur ses livres régnait ta foi paisible sur ses joues la gracerésidaM, et l'innocence d'un b~ son sein. Tous ses membres reposaie~~ rii?ÍÍ~kh~iit, assoüplis par le baume délicieux, divin, J'étais assis joyeux, et ta con-templation enchatnai~de plus en pluSt par de secrets liens, mon dësir de la réveillon 0 bich-aiméë, pëhsai-jé, le sommeil, qu~rahit chaque dé-faut, ne saurait te nuire, ni rien découvrir qui puisse altérer la tendre estime de ton ami.

Ils sont fermés, tes beaux yeux, qui, tout seuls, quand ils sont ouverts, font mon enchantement tes douces lèvres ne se meuvent ni pour la parole ni pour le baiser: ils sont relâchés, les magiques liens de tes bras, qui m'oh souvent; et ta main, la charmante compagne des douces caresses, est immo-bile. Si c'était une erreur que mes sentiments pour toi; si c'était une illusion que ma tendresseje devrais le découvrir a cette heure .que l'amour, s'est montré sans bandeau pt'cs de moi, D Je restai longtemps ainsi, jouissant avec tendfesse de son mérite et de mon amour; endormie, elle m'avait si bien charmé, que je n'eus pas le courage de la réveiller. Je pose doucement deux oranges et deux rosés sur là petite table; sans bruit, sans bruit, je retourne sur mes pas. En ouvrant les yeux, ma douce amie apercevra d'abord le double cadeau, sans s'expliquer comment, les portes étant closes, ce don gracieux peut se trouver la.

Et si je revois mon ange cette huit, oht comme elle sera charmée, et me payera avec usure ce sacrifice de mon tendre amourt I

Mtet m~t~nt~ pour le t" m*t taOB.

Sont-ce des combats que je vois, ou des jeux et des prodigesî t Cinq jeunes garçons, tout aimables, luttant contre cinq jeunes soeurs, en mesure, en cadence, sous les ordres d'une enchante-resse t Ceux-là portent de brillantes javelines, celles-ci tressent des fils rapides, en sorte qu'il semble que le fer doive se prendre dans leurs nœuds. Les javelots sont bientôt pris, mais, dans la vive danse guerrière, l'un après l'autre se dérobe a la chaîne légère, qui attrape aussitôt le fugitif, si elle délie le prisonnier. Ainsi la lutte, IcYcombatt là victoire~ la fuite mutuelle et te retour forment ûhCtetmàgt~uëtpa~~ én blaüèheur àux vâ-peurs noconnëûsesq~ 'èfpat'dègfés 'plus épaisses} dessinent des bandes parfaites~ comme les couleurs le pourraient faire ~péitie. < 0~ qui recevra le plus souhaité dés vêtements~? Qui sera fa-vorisé de noire bièh-aimée souveraine comme le serviteur éprouvé? C'est mot qui ai le bonheur de l'obtenir, le signe que désire eh secret lé cœur fidèle, le signe du sort propice, et je me sens eUchàtné, voué au service de ma princesse. Mais, tandis que joyeux et satisfait, avec ma parure je marche fièrement, soudain ces fripons se hâtent sans bruit~ sans combat/de nouer d'autres Cléts, toujours plus dé!iés, en-trelaçant les nts du crépuscule, les rayons de la lune, les par-fums de la giroflée.

Avant même que nos yeux aperçoivent le piège) un heureux est fait prisonnier, que nous autres, nous tous, nous iélicitons, nous saluons avec envie.

i~ e<mpe.

Je pressais dans mes mains une coupé bien ciselée, une coupe pleine mes lèvres aspiraient avidement le vin délicieux, pour noyer tout d'un coup chagrins et soucis.

Amour survient et me trouve assis, et il sourit discrètement, comme touché de mon erreur.

< Ami, je connais une plus belle coupe, digne que l'on y plonge son âme tout entière que promets-tu, si je te la donne, si je ta remplis pour toi d'un autre nectarî )1 Oh! Lida, comme il a bien tenu parole, lorsqu'il t'a donnée, douce et bienveillante, à moi, qui dès longtemps languissais d'amour.

LorsqueJ'entOUrcde mes bras cette taille chérie, et que, sur tes lèvres uniquement fidèles, je savoure le bau<ne de l'amour longtemps réservé, je dis alors a mon Ame avec enchantement < Non, jamais un autre dieu que l'Amour n'a fait, n'a pos-t. C'Mt-!t.d)rë Qui sera enye)opp6 du Ctet magique t 9. La gramde-ducheMe..

roUsms 20& sédé une coupe pareille; jamais .Yulcaih, avec ses marteaux in-génieux, intelligcWts, ne produit des formes semblables. Que, sur les Vertes collines, Bacchus fasse presser par !cs plus vieux, les plus habiles de ses faunes, des grappes choisies~ qu'tt pré-side Iu!-n!cme~ la mystérieuse fermentation, aucuns soins ne luidonherontunparcilbrcuvagc.

fenteedenatt.

Je vous plains, malltchrcuscs étoiles~ qui êtes belles et brillez avec tant d'éclat/qui volontiers .éclairez le navigateurien dé-tresse, sans récompense h! des dtcux nt des hommes~ car vous n'aimez point) vous n'avez jamais connu t'amour. Sans relâche, les heures ctcrneucs mènent vos légions a travers le vaste ciel. Que! voyage n'àvcz-voùs pas accompu, depuis que/je! repose dans les bras de ma bicn-aimec, oubliant et vous et minuit?

A t~da.

Le seul que tu peux aimer, ô Lida, tu le veux pour toi tout entier, et avec raison. H est aussi lé tien uniquement, car, de-puis que je suis loin de toi/le bruyant tourbillon de la vie ne me semble qu'une gaxc légère, a travers laquelle je vois incessam-ment ta figure comme dans les nuages. Elle briHo pour moi, gracieuse et fidèle, comme, a travers les rayons mobiles de l'aurot'c boréale, scintillent les étoiles éternelles.

M'our Jutnatt.

Car ce bien suprême, que l'homme, dans sa prison terrestre, appelle de noms divins; l'harmonie de la fidélité qui ne conna!t nulle inconstance; de l'amitié) étrangère au doute inquiet; la lumière qui ne luit pour les sages que dans les méditations solitaires, et, pour les poëtes, en de belles images tout cela, dans mes plus belles heures, je l'avais découvert eh elle et trouvé pour moi.

Nntfe ÏM deux mondé*.

Appartenir a une seule femme, révérer un seul homme, quelle harmonie pour le coeur et l'esprit t Lida, bonheur de la plus intime union, William, étoile du plus beau ciel) je: vous

POÉSJHS dois tout ce que je suis. Les jours et les ans se sont évanouis, et pourtant sur ces heures passées repose tout ce que je vaux.

Kx<r~t<t~tnttib)tm<!etO<M'. i.

I~espérahce donne l'essor la'pensée, l'amour a l'c.spcrahcc Uicn~àimée, dans la huit briUahtc.teVc les yeux ~e~ et tu diras 'Comme ë)!e se transforme la-hattt,~ ainsi sur là terrû'diminuc ëi'crôtt'môh bonheur. Et discrètement dts~ui tout has a l'oreitië comme sotfvcht le doute courba !a tête, comme !âl!de!itc pleura. Et' vous, pensées, 'dtsposccs a !a de (iancë, si la bieh-aimec vous querelle a ce sujet/ dites-!ui qn~ votis vane~ sans doute, mais que vôUs ne changez pas, tout comme Cynthie reste !a me~me etYàrie toiijoùrs. Si !a dcnahcc entre dans te cccur/eUe ne rempoisônne pas~ car l'amoUr est plus doux, assaisonne par îe soupçon. Et si che voi!c tristement ses yeux de nuages, si e!!è dérobe sous d'afîrcuscs ténèbres !a clarté du ciel, bientôt le vent des soupirs dissipe les nuccs; clie pleure pour les résoudre en pluie. Pensées, espérance, amour, s'envoient aussitôt que briite Cynthie, comme elle m'a fait au-trefois.

A ttt ptetne Inmef qui M! teratt.

Dôrnbouff! MM<)t <S~s.

Veux-tu sitôt m'abandonner? Tu étais si pr~s tout & t'hcm'ct 1 Des, masses de nuages t'obscurcissent) et maintenant te \oH~ disparue.

Tu sens toutefois comme je suis afiïigc, le bord de ton disque regarde par-dessus, comme une étoile. Tu m'attestes que je suis aime, si éloignées que soient mes amours. Poursuis donc ta course, de plus en plus britiante, dans !a carrière pure/avec une pleine magntnccnce) Bien que mot) eceur souffïrant batte plus vite, bienheureuse est cette nuit 1

t<e flancé.

Vers minuit, je dormais, et mon cœur amoureux veillait i. Goethe improvtM cette poésie chez des amis, Francfort, le 13 t)o<en)bro H)~, par une nuit orageuse. Un vicit album, qu'on tira ue)apouM)CfC, rc-cueillit lés vers du pMte.

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