‹ Œuvres de Goethe. 1Chapitre 15 sur 59 · Ct.Meau dans le duché d'Anhàtt-Coethen · texte numérisé non relu

Ct.Meau dans le duché d'Anhàtt-Coethen

comme en plein jour le jour parut ce fut pour moi comme s'il faisait nuit. Que sont pour moi tous les biens qu'il miporte?

Elle était absente mon travail et mes enbrts assidus, c'est pour elle seule que je les supportais pendant l'ardeur des heu-res brûlantes, Comme je me sentis rchattre, aux fraîches heures 'lu sotrtC'étaitdélice et récompense. ë.

Lesolcilsecoucha, e~ là main dans la E~ain/nous ensemble son dernier rayon béni) et nos yeux plems de flamme se regardèrent et se dirent i Espérancet a l'orient il re-viendra.

Vers minuit la clarté des étoiles m'accompagne, bercé par un doux songe, au seuil ou elle repose. Oh i qu'il me soit réserve d'y y reposer aussi, et, quelle que soit la vie, elle comble mes voeux.

ttornbear~.

Dornboa ra. Septembre tMt;.

Le matin, lorsque vallée, montagne t jardin se dépouillent de leurs vôiles nébuleux) et que; dans la plus vi~e attente, les brillants calices des (leurs se baignent de rosce~ .Lorsque l'cther chargé de nuages lutt6'avc& le jour éclatant, et qu'un souule de l'orient, qui les chasse, prépare au soleil sa route azurée i Si, te repaissant de ce spectacle, tu rends grAce, d'un cceur pur, à l'astre grand et propice, tu verras le soleil, se couchint dans la pourpre, dorer tout l'horizon.

Et, le jour, quand l'azur des montagnes lointaines m'appelle, éveille mon désir; la nuit, quand les innombrables étoiles bril-lent sur ma tête avec magnificence ¡ Tous les jours et toutes les nuits, je célèbre la destinée de l'homme; si sa pensée est juste a jamais, il est à jamais grand et beau.

A mttmtt.

A minuit, j'allais peu volontiers, tout petit enfant, le long du cimetière, à la maison de mon père, le pasteur; et pourtant les étoiles rivales brillaient toutes si belles a minuit 1

Lorsque ensuite, plus avancé dans la vie, il fallut courir à ma bien-aimée. il iallut) car elle m'attirait .< les étoiles et l'aurore boréale luMàient à l'eh'vi sur ma tête et moi, aHant et vehant/jë m'enivrais ttéde~ Enfin ia pleine clarté de là lune a percé, vive et pure) jus-que moi dMS robscuriitë~~ la~pensée~ Tibre) r6veUse et prompte, s'est promenée dans le passé et l'avenir à minuit.

M««~Mettdew)Ht~téeft~ae)8<-1hmw. I~ C'était dans le lugubre' ossuMre~ ou j'observats comnie les crânes '~taieht'rahgés avec ordre attpres 'des crânes je rêvais au temps antique, au ~teuxtën~ps'p~ Ils sont 1~ serrés a la Clé, ceux qui se haïssaient 'jadis~ étales durs ossements qui se portaient dés coups mortels, itssoQt;couc~ aGnde dormir ici apaisés tous ensemble. Omoplates déplacées, personne ne demande plus quels fardeaux cHespM'tèrent..t..EtC€s mem-bres qui agissaient avec grAce~ cette main) ce pied, séparés de leurs jointures vivantes. Mortels fatigués, c'est donc en vain que vous vous cies couchés on ne vous a pas laissé le re-pos dans la fosse $vpUs êtes malgré vous ramenés aU grand jour, et nul ne pëut'àtmer la sèche enveloppe~ si noble que fût le noyau précieux qu'eltc protégeait. Mais t!s furent écrits pour l'adepte, pour moi, les caractères qui ne révélaient pas a chacun leur signification sacrée lorsqu'au milieu de cette foule im-mobile, je contemplais une image glorieuse, inestimable, en sorte que, dans l'étroite enceinte, poudreuse ët.glacée,'je me ra-nimais librement, éprouvant une chaleur secrète, comme si de la mort jaillissait une source de vie. Quel charme inexplicable elle avait pour moi, cette forme, cette trace, conceptioa divine, <n!i s'est consorvéet Ce spcctac!e me transportait vers la mer lointaine dont les flots roulent des formes plus parfaites. Vase mystérieux) qui répands des oracles, comment serai~e dtgnc de te porter dans ma main?. Il faut pour cela que ma piété te dé-livre de la pourriture) 6 précieux trésor, il faut qu'avec recueil-lement je me tourne A l'air libre, vers tes libres pensées, vers la lumière du soleil. L~homme n'a-t-i! pas obtenu tout ce qu'il peut espérer dans la vie, si Dieu-nature lui révèle comment il

1. Terme emp!oyô par Goethe pour exprimer la tendance phitosopMque de son ami. 2t2 l'Ô~sms.

1ai$ses'exhalcr en esprit là'substance, comment il maintient en substancelacréàtiohdel'esprit! l

)te* tumffftmeet da Jèttae We~the~

~;(~ L; Tout jeune homme souhaité à~éc ardeur d'aimer ainsi, toute jeune n!ie,.d'étre ainsi aimëe. Ah idu.pl~s saint de nos pen-chants ppurquM découle la peine cruetle?

Turaimes~tù ie pleUres, ma ch~ ~ine; tù, sa mé-moire ~de l'opprobre. Vois, son esprit semMc té dire de la tombé Sois iiomméct he suis pas mon exemple. »

TrfMo~ie de ta ptm'iem.

.À WERTHRi).

Une tbis encore, ombre tant pleuréé, tu te hasardes a la clarté d jour tu me rencontres dans tes prés nouvellement fleuris, et tu ne crains pas ma présence. C'est cohune si tu avais vécu aux heures màtinalës/oft dans te même champ nous restaure ia rosée) et, après les'péniblès labeurs du jour, nous charme le dernier rayon' du soleil couchant. Mon sort fut de rester, le tien de partir; tu pris les devants. tu n'as pas beaucoup perdu.

La vie de l'homme sonblc Un lot magnifique. Que le jour est 1 aimable) Quc.Ia nuit est sublitne) Et nous) entoures des joies du paradis, nous jouissons a peine du radieux soleil, qu'aus-sitôt nos eGbrts aveugles luiteht tantôt Avec Bdue-memés, tantôt avec ce q~in nous envtronne; jamats i'Uh n'est comptëté par l'autre a souhait au dehors s'étendent les ténèbres, quand le jour brille au dedans; et les splendeurs- du dehors sont voi-lées pour mon regard troublé; le bonheur est proche et on le méconhatt.

Ht nous croyons le connattre) La beauté de la <emmc, aimable enchantement, nous saisit avec puissance, le jeune homme, joyeux comme dans la neur de l'enfance, s'avance au nuticu du printemps, comme un printemps lui-même; ravi et ne pouvant comprendre d'où lui viennent ces transports. I!

1. La première de ces strophes sa trouve p)ac~e en tête de la première partie de Werther, l'autre, en tête de ta seconde, dans tVdition de n?6. regarde autour dé lui t le môhde'lûi~appartieht: Une 'ardeur naïve l'cntratne au loin {'rien' né l'arrête, ni ~murailtes', ni palais; comme une volée d'oiseaux ënléuréles~c~ ainsi l'amant s~gare sur !a tracé de la bieh-aimée de la'plaint; éthérée.'qu~~dëfaissé volontiers, H cherche le ce regard I'e!ichà~n'e.' MaiSt averti, trop t6t'd'ab6rd,~ et~puis trop' tar<i;~ sent son vol arrêté, il se sent pris au Met se revoir est charmant se séparer est péhiMe'; se retrouver de nouveau enchan Plüs encore) les anhëës perdues sont réparées eh un moment mais ennnt'adièU) l'adieu pernde, vous attende :> Tu souris 'avec sentiment comme cela doit être i ami~un adieu terribtë te rendit <amëux; hôus célébrâmes ta dépiorabie infortune; tu nous laissas après toi pour tes biens et lés maux) puis !a carrière trompeuse des passions nous àtfira'dè nouveau dans seslabyrinthes et nous, enchaînés par mi)te soUHrances,' séparés enfin.. La séparation est !a mort. Qù'eHe est' tou-chante ia voix du: poète, torsqu'eitc nous presse d'éviter là mort que Ja séparation nous amené Est-it chchamé dans ces tourments à demi mérités~ puisse un dieu lui donner, d'ex-primer co qu'il endure) i

~L~ntE.

Etlaj¡disquel'hc,nÍirteruÍb'rritiéi darÍ" s<iúfTra'nèe~'

Ettahd)!que)'h&nimerttt'tmMtdan!4!t'Mufrrance, Co

cndtemn'aJonn~depouTOirdireMqaejeMu~re' Ouo dois-je espérer du revoir? de la neur de ccjoUr ëhcoi'e fermée? Le paradis, l'chfert sont ouverts devant toi; quels mouvements mcertaihss'éveiHent dans ton âme! P!Us de doute tEtle s'avance a la porte du ciel, elle t'entevë dans ses bras.

Tu fus dohcainsi reçu dans lé paradis, comme si tu étais dfghe du bontteur éternel. Pour toi plus de désirs, d'espérances, de voeux a former; c'était là le terme de tes p!us secrets cubrts, et, dans la contemplation de cette unique beauté, tarirent sou-dain les larmes du désir.

Comme le jour agitait ses ailes rapides! Comme il semblait chasser les minutes devant lui t Le baiser du soir, gage d'union

). Torquato Tasso. Yoy. <. U!, p. 3)&, avec uno TaHanto..

PO~SÏKS.

udelb, lésera encore pour ta procitainsoleii. Dans leur marche- !egore, tes heures se rcsscmbtaient comme des sœurs, toutefois aucùtio n'était absbiumontparcine~ Le dernier baiser crue! et dôux~ déchire Un tissu doiicicux de adresses ehchatnees. fuis te pied se hâte, il hcsKOt évitant te scuii, comme s! oh chérubin nambbyaht !o chassait de ces Ueux/L'~H ~n'cte avec doutùùr sur la sentier ténébreux; it regarde en arrière ~i!vo~!aypôrte~rm~ Et mainiehànt ce cœur se ren<cnne ch Idi-incmC) comtho a'it ne se f&t jamaisOUvcrt~ et qu'auprès d'e!!e)'aUM! re~ptcndis-sant quêtes ctbitcs des cieux, h n'eût pas ~bûtc des heures <brtun6cs; et le dtagrtn, !orcpcnHr) h reproche) te souci pesant, l'oppressent ~esormats dans une attnosphcro bru-tante.

Eh quot, hetut reste-t-tt paa t'Untvers? hes pGhtC!) des ro-chers ne sont-ettcs p!us couronnées d'othbragcs sacres? No voit-il pas la Moisson morir et une verte cOntreo s'étendre !c long du fleuve, à travers tes bois et !c~ pratries? Et t'hnmcn-shé, qui embrasse tes Mondes ne se courbe-t-eUe pas en voùt6)id,dëpourvue~a)peup!eodo<brmcst r Comme, avec sa trame gracieuse et tcgcro/dcncatoctbrit-lantc, scmb!ab!o un scraphtn, semblable e!tc-mcmc,s'otevo du soin. des nuages sombres, et piano dans !o cic! !)!cu, uno svcite nguro do vapeur hjminousot C'est ainsi que tu la voyats brittcr à la danse joyeuso~ia plus charmante des plus char-mantes beautés.

Ma!s tu ne saurais te permettre qu'un moment do prendre poureUe une tmagc aérienne; redescends dans ton c(BUrt t~ tu la trouveras mtcux clle s'ovotno en formes changeantes unique boautd, sous mille mctamor{)hoses, et toujours, toujours plus aimabto.

Comme et!e s'arrêta vers les portos pour m'accueUHr, et pu!s do degrés en degrés me rendtt heureux; m6mo après !o domter baiser, courut encore à moi, et imprima sur mes lèvres lu der-nier des derniers ainsi l'imago de la bien-aimco reste iumi-acuso, vivante, gravée en traits do feu dans mon C(cur <id6!c.

Dans co cœur, aussi forme qu'uno muraille crencico, et qui M gardo pour ciio et la garde en lui; pour ciio so réjouit do sa propre durco;;ho so conhati iù!-memo qu'hors qu'eue so mon-tre/so~ntp!us!!bM~~ !<chs si chers, ot ne veut battre encore qdepOUrtdhenir de toute chose!

!~ût6utto tt~tttor, !o bc3o!n<u~ àVaUdl8~ paru s'était dvanou! soudain s'est retrouvée l'ardëUr'de~'es-pcrance; pour les joyeux projets; tosrcsolutio Si jamais l'amour inspira un amant) cota me fut donna avec uncgrAcoinnhio.

Kt ce fut par c!!o). Une inquiétude secrète,trnpo~ (af-dcau ) pesait sûr mon corps et sur mon amo; tnoh regard hc Yoyattdotousc6tC3 quod'horr!h!csima~ les nlitniéâ il'tin cceur~do~ angoisse maintenant t'csporaucomo luit d'un scui! bien connu eitc-mëtno apparait dans un doux rayon do sbtcH. A !a pa<]( do !)!cu, qui, so!oh sa parote, vous rend piushou-rcu~ ici-bas que ta raison, j'oserai comparer la joyeuse paix do l'amour en présence do t'otro cher!. La, te cccur se rcposo) et rien no peut troubtdr !o sentiment profond, !o scntimont do lui appartenir, Dans te ptu~ pur do ~otrc nmo notto un désir do s'abandon-ner, par une Hhro reconnaissance, a un ctro plus c)ov6, ptus pur, inconnu, en s'cxpiiquant a soi-momo rc<crnct inconnu: ccta s'appoito 6tro pieux. Ce ravissement sublime, jo sons qu'i! est mon partage, quand Je suis devant ciic. Devant son regard, comme sous i'Jnnucnecdu soteii) a son hateino, comme aux soufncs du printemps, se fondent les g!accs do !'cgo')smo~ st longtemps cnchatnccs dans !cs profondes ca-vernes do i'hivdt'. t<i J'mtet'~t ni io caprico no durent} a son approche,' tts s'enfuient frémissants.

C'est commosi eiio disait !!curo par itcuro, iavio nous est dispensée doucement; !a vcti!o nous a iaisse peu d'enseigne-ments !o lendemain) it nous est romsc do to connattrc, et, a'ii m'arr!\a!t do m'effrayer a t'approcha du soir, iosotoit déclinait et voyait parattro pour moi do nouveaux plaisirs. < Fais donc comme moi, et, avec une Joycuso sagesse, regarde en faco le moment. Point do lenteurs. Hâte-toi d'anor au-devant do lui, avccardcur comme avec hicnvoiiiancc {mais, of) fuseras, sois tout, toujours pictn do candeur; ainsi tu seras accompli, tu seras invincible. » Tu peux eh parler a l'aise, dis-je en moi-mëhic: un dieu te donna pour compagne la faveur du moment et chacun, en' ton aimable présence, se sent aussitôt le favon du destin. Moi, je redoute te signal qur m'ordonnera dé te fuir que me sert il d'apprcndrcUhesthaûtesagesse?

Maintenant je suis tqin;de toi et ce qUt~cohvicnt a l'hcur~~ présente) je hesaurais le dire. Elle m'ottre des dtosës bonnes et 't '=- ,< belles/qui ne font que me peser. Il faut qUeje m en délivre. Un désir invincibte m'égare plus de ressource que des pleurs éternels.

Coûtez dbnc~ coulez sans rcMcheL. Mats its hc pourràtent jamais éteindre !a flamme qui me brute. D6ja il est furieux~ il est déchire, ce cœur/o~ la mort et la vie se livrent ùh horrible combat. Il sé trouverait peut-être des plantes satutan'cs~ pour apaiser les souffrances du corps/mais l'esprit manque de ré-solution et de volonté; !1 succombe, a cette pensée { Comment pourrais-je me passer d'elle? D H se représente mille fois son image~ qui tantôt tarde a.parattre) tantôt est emportée au loin, parfois confuse, parfois dans la plus pure lumière. Comment pourraient-ils m~ofïr)r la plus faible consolation; ce flux et ce reflux, ces approches et ces retraites?

Laissez-moi ici Mc!cs compagnons Laissez-moi seul au pied du rocher, dans le marais et la mousse. Allez, le monde ~ous est ouvert; la terre est vaste, Icciel majestueux et grand; contemplez, touillez, rassemblez chaque détail, bégayez les mystères de la nature..

Pour moi, l'univers est perdu, je suis perdu pour moi-même. qui naguère encore étais le favori des dieux; ils m'ont éprouve~ ils m'ont prête Pandore, si riche en trésors, plus riche en dan-gereuses séductions ils m'ont enivré des baisers de sa bouche qui donne avec délices; ils m'arrachent de ses bras et me frap-pent de mort.

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