‹ Œuvres de Goethe. 1Chapitre 25 sur 59 · I. –Parlez, que nous reste-t-il à nous autres mandarins · texte numérisé non relu

I. –Parlez, que nous reste-t-il à nous autres mandarins

las de servir au lieu de commander, parlez, que noiis reste-t-il

à fairesinon de nous délivrer du nord dans ces JoUrs de prin--

temps et) au bord de l'eau et dans la verdure) de boire gaie--

ment) d'écrire spirituellement, en savourant tassé sur tasse,

traits sur traits ? i

jl. Blanche comme un lis, cierge pur, pareille aux étoiles,

modestement penchée, brille, du milieu de son cceùr frangé

de pourpre, la nammë de l'amour.

Les narcisses précoces fleurissent à ta niedahs le jardin.

Ces bonnes neurs savent peUt-étrc qui elles attendent, ainsi

rangées.

1!Ï. Les moutons reviennent de la prairie, qui n'est en--

core qu'un tapis dé verdure; mais bientôt, émaillée de ticurs,

elle brillera comme un paradis.

L'espérance déploie devant nos regards de légers voiles

vaporeux. Que la fortune nous apporte l'accomplissement de

nos souhaits, les splendeurs du soleil, la dispersion des

nuages l fV.–Le cri du paon est atlrcux, mais il me rappelle son

plumage céleste, et ce cri ne m'est pas désagréable. Il n'en est

pas de même des oies indiennes les endurer est impossible.

B~An'rcux oiseaux leurs cris sont insupportables. COETftE. t 2t.

1'0~:S!HS.

V.–Déploie h brillante parure aux rayons dorés du sôlcit couchant; avec tes œillades hardies, fais briller ta queue devant lui eh roue, en couronne i l'astre porte ses regards oii la fleur s'épanouit dans la verdure, dans le jardin/sur lequel s'étend la voûte azurée; s'il découvre un couple d'amants, il croit voir l'objet le plus magnifique.

yî. Le coucou~ctio~ rossignol voudraient enchaîner le printemps, mais déjà l'été s'avance partout avec les chardons et les- orties; il a aussi rendu plus épais lé léger feuillage à travers lequel je dirigeais, pour'le plusYdô&x larcth', nies re-gards amoureux; il est Cactt6pourm6i)letûitcol6rléet le gril-lage et lai porte; là-bas, où pénétrait mon œil curieux, sera toujours mon Orient.. t VU. une était plus belle que le plus beau jour c'est pour-quoi l'on doit me pardonner de ne pouvoir l'oublier, et moins encore dans la campagne, C'est dans le jardm qu'elle .vint a moi,, pour. me témoigner sa faveur; je le sens encore et j'y.pense, et je lui apparuens toujours sans réserve.. i j VIff. L'ombre du crépuscule est descendue; déjattout voi-sinage est lointain; mais elle parait la première, l'étoile du soh'ala clarté propice; tout {lotte dans le vague; les vapeurs s'élèvent doucement dans les airs; reflétant les ténèbres au fond de ses noirs abtmes, le lac repose immobile. Ht dans la plage orientale je pressens la lueur et les feux de la lune; les rameaux chevelus, des saules .flexibles caressent les ondes voisines. À travers les jeux des ombres mobiles tremble la clarté magique do la lune, et, par les yeux, la fraîcheur se glisse dans le cœur qu'elle apaise. y IX. C'est aujourd'hui seulement qu'on apprécie Un bouton de rose, aujourd'hui, que la saison des roses est passée; un bouton tardif brille encore sur le buisson, et, a lui seul, il complète le monde des fleurs.

X.–On te proclame la plus belle, on te nomme la reine des. fleurs; témoignage irrécusable, universel, mervcincux événement, qui ferme la porte la manie des disputes. Tu l'es donc, tu n'es pas une simple apparence; en toi se, rencontrent la vue et la foi; mais la méditation lutte et s'efforce~ infati--

POËSlHS.

gable, pour découvrir la loi, le principe, le pourquoi le comment.

XI. –-Ï1 me iatigue<lésôph!sme, dans lé bavardage odieux ou rien ne subsiste, ou tout fuit) ou déjà s'évanouit ce que on voit, où m'chvcioppe le Siet suspectt aux mailles grises. Courage! l'impérissable est Féternelle loi selon laquelle fleu-rissent le lis et la rosé." XU. Plongé dans de vieux revéS) tu courtises les rosés, tu converses avec les arbres, oubliant les béUcs.et les sages: ¡ voilà ce que nous ne pouvons approuver. C'est pourquoi <cs Udeles amis viennent se joindre toi, et, pour ton service et le nôtre, nous trouvons les pinceaux, les couleurs le vin, sous la fcunice. · XHt. Pourquoi troubler ma joie tranquille? Laissez-moi auprès de mon verre. On peut s'instruire en compagnie, on n'est inspiré que dans la solitude.

XIV. Kh bien, avant notre départ, às-tu encore quelque sage parole à nous dire? »- Pour calmer l'ardeur qui vous porte vers le lointain, vers l'avenir, occupez-vous ici et aujourd'hui de bonnes choses.

TABLE DE M MRTÎE.

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