‹ Œuvres de Goethe. 1Chapitre 3 sur 59 · POÈMES · texte numérisé non relu

POÈMES

<8 Gange ~ë!!e s'incline vers }a claire surface tout a coup< des plus hauts espaces du ciel passant, ~volant sur sa tête, se ré-fléchit a ses regards surpris la tout aimable -Cgure~d jeune homme àugustë)!'que la pensée divine, dans' sa primitiv& beauté~ a tirée dé son sein éternel~ A' la contempla sent te fond de son être saisi de mouvements tumultueux; ë~le~ perststér dans'cette cbntemp!at!on~eHe là repoussa; l'obj~ revient; et)' troublée,'eue court vers le neuvë~ d'une tnain mal assurée mais, jhélas 'elle hë~pUise plus~t car lé flot sacré semble fuir et s'éloigner; elle ne voit sous ses pieds que l'affréux~abime) qui se creuse en tourbitiohs. Ses bras tombent, ses' pas chanceUënt.' Est-ce donc ta !e. sentier qui mené a !a maison? Dôit-ëHë hésiter? doit-elie fuir? Yeut-eUe réfléchir) quand la~réncxiôh lui refuse la fois con-ici! et secours? C'est ainsi qu'elle parait devant son époux. Il fa regarde ce regard est Un arrêt. Avec une attière pensée il saisit leglaivc) là'traine à la coHine des morts, où !esmàifai-teurs expient teUrs crimes dans leur sangt PoUrrait-eUe ré-sister ? Ppurrait-e!ië s'excuser d'une faute qu'etie ignore? Et avec son épée sanglante, H revient pensif a sa demeure si-- !encicUse la it rencontre son uls "Quel est ce sang, monp&ret mon père? –Le sang do !a coupable. –Nullement, car it ne se figepas au glaive comme un sang criminel. Il coule a flots, comme d'une blessure. Ma mère) ma mûre) viens ici, sors de la mai-son Mon père ne fut jamais injuste/dis-mptce qu'il vient de f~ire. –Silence, silence, c'est le sien) De qui? Silence,. t' silence t Serait-ce le sang de ma mère? Qu'cst-it arrivé? quel fut son crime ? A moi le glaiyet." Je le tiens. Tu peux tuer ta. femme, mais non pas ma mère! L'épouse suit dans les flam-, mes son époux chéri, et le tendre fils meurt de la même épée que sa mère uniquement chérie.

–Arrête,'arrête) s'écrie le père: il en est temps encore; h~te-toi, hâte-toi) Replace la tête sur le tronc, touche-la de l'épée, et, vivante) elle te suivra." »

Il accourt, hors d'haleine; il voit avec surprise les corps de deux femmes l'un sur l'autre croisés et puis les têtes. Quelle épouvante ) Quel choix va-t-il faire? 11 prend la tête de sa mère il ne la baise point, cette tête d'une pâleur mortelle. Sur la

sa plaie du cadavre voisin il ta place a la hâte; avec le glaive il consacresapieûseactiôn.

Et une colossale ngure se JtèYe."sQudain.< Les I&vres chéries de la m~re, ces ie.vres, dont la douceur divine est toujours la même, prononcent ces ànrëuses paroles « Mon fus .6 mon u)s, quelle méprise! La~, le cadavre de ta mère, a côte, la tête crimineuedeIa:MUpabIe, immolée par ta M l, Tu m'as grenue sur son corps pour l'éternité. Avec une volonté sage, avec une conduite violente je vivrai pàrnu les dieux. Oui .('jmage du divin adolescent notte, pure et belle, devant mon û'ont et mes yeux~ Descend-elle dans mon cccur, c!!& évci!!e une ardeur insensée.

Toujours eiie doit revenir, toujours monter, toujours des-cendre, s'obscurcir, s'tiujminer~ ainsi Brahma le voulut. Il ordonna aux aites diaprées, au c)air visage, aux membres dé-licats, la vision unique et divine, de m'éprouver, de me séduire; car la séduction vient d'en hattt, lorsque p!a!t aux dieux/Atns!, moi, brahmine~ qui porte ma tête dans !es cieux, je dois, comme paria, sentir la puissance terrestre, qui m'en-tratneici-bas.

Mon fils, je t'envoie vers ton père. Va le consoler. Ou'un& triste pénitence, une morne attente; un mérite orgueilleux, ne vous arrêtent pas dans !a solitude. Voyagez & travers tous les mondes, passez à travers tous tes âges, et annoncez, même au pJUschétif, que la-haut Brahma l'entend) t <' Nul pour lui n'estleptuschétif; quiconque, avec des mem-bres paralysés, l'esprit anreusement troublé, sombre, sans secours, sans espérance, qu'il soitbrahminc, qu'il soit paria, J tourne ses regards vers le ciel, éprouvera, apprendra, que là-haut des yeux sans nombre étinccnent, que des orei)!es sans nombre sont attentives, auxquelles rien ne reste caché. t St je m'élève vers son trône, s'il me regarde, moi, l'hor-rible créature, qu'il a transformée affreusement; s'il doit à; jamais avoir pitié de moi, que cela tourne à votre avantage! Et je l'avertirai doucement, et je lui parlerai avec furie, selon que l'esprit me l'ordonnera, selon les mouvements de mon cœur. Ce que je pense, ce que je sens. que cela demeure un mystère.'

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