SIXIÈME PARTIE
L'idée de soumettre les morts a un jugement en forme ne saurait jamais être conforme a l'équité. Nous Souffrons tous a vivre. Qui voudrait excepté Dieu, nous demander compte? Ce ne sont pas nos fautes et nos souffrances mais nos actions et nos œuvres~ qui doivent occuper les survivants. Aux fautes on rcconnatt l'homme, aux mérites l'individu. Les imperfections et les destinées nous sont communes a. tous, les vertus sont le propre de chacun.
On ne doit ni ne peut révéler, les secrets des sentiers de la vie il s'y trouve des pierres d'achoppement, o~ chaque voyageur doit broncher, mais le poëte en indique la place. Ce ne serait pas la peine de vivre soixante et dix ans~ si toute la sagesse du monde était folie devant Dieu.
1. Nous laissons de cote la c!nqutemo partie, parce que toutes les pensées qu'eue renferme (a l'exception do deuï, que nous phcons en tête do la sixième partie) se trouvent dans le journal d'Ottitio (voyez notre tome Y), les pro. mieres, page 490, les dernières, page 4f8. La vérité est comme Dieu elle n'apparati pas directement il nousfaUtiàdëvinérasës manifestations..
Le véritable disciple apprend à démêler l'inconnu du connu ets'àpproche'dumàitre.
Mais les homniesné'peuVeh~àisémentdém~ du connu, parce qu'ils në!saveht pas que leur esprit emploie exac-tement tes~mémës méthodes que la nà~ Car les diëUxhôUs'ensëighëht~a imiter leur œuvre la plus particulière ~itoUjtefo~s nous savons seulement ce que nous fai-sons, màis'no~us ne connaissons pas cë~ Tout est ~ga!) tout estidégal tout .est ud!e et huistbte, par-iant et mUèt~râisônnàNë et déraisons que l'on ad-met sur chaque ol~etparticUlter se contredit soUvent. Car les hommes se sont imposé a eux-mêmes la loi; sans sa-voir sur quoi ils taisaient des lois~ mais tous les dieux ont or-donne là nature.
Or, ce que tes hommes ont étabtt ne peut cadrer, quel la chose soit bonne ou mauvaise: au contraire, ce que les dieux éta-blissent, bon pu mauvais, est toujours a sa place. Mais je veux taire voir que les méthodes connues qu'em-ploient tes hommes sont parcittes aux événements natureis, qu'ils soient manifestes ou secrets..
De ce genre est ~divination. EI!e découvre par les choses manifestes tes;choses cachées, l'avcmr par le présenta le vi-vant par te mort et le sens de ce qui n'a point de sens. Ainsi le savant discerne toujours bien là nature de l'homme et l'ignorant là voit- tantôt d'une façon tantôt d'une autre, et chacun d'eux l'imite a sa manière.
Qu'un homme aitcommerceavec une femme et qu'il en naisse un entant, c'est le connu qui à produit l'inconnu en revanche, que l'intelligence obscure de l'enfant perçoive les objets dis-tincts, il devient homme et; par le présent, il apprend a dis-cerner l'avenir.
Ce qui est.immortel ne se peut comparer a ce qui est de con-dition mortelle~ et cependant l'être qui n'a que la vie est aussi intelligent ainsi l'estomac sait fort bien quand il a faim et soif.
Tels sont les rapports de la divination avec la nature humaine. t/une et l'autre sont toujours bien aux yeux dé l'homme éclairé à l'homme borné,ehes paraissent tantôt d'une façon, tantôt d'une autre.
Dans la forge,' on amoHit le fer en sounlant le ~U) ::ën-, lève & !a barre sa nourriture superflue lé fer est-i! pûnHé.'oh le bat, on le dompté, et,' en le nourrissant d'une eau étrangère, on lui rend sa force i telle est aussi sur l'homme l'action de son instituteur.
Puisque nous sommés persuadés que celùfqùt ~contemplé le monde intellectuel et découvre la beauté de la~éritâblé intelli-gence, peut aussi eh" recôhnà!tre le père, qùt~~é~~ lé~à'aùed6s;~ sus dé toute portée- des sens i essayons de recohhàitre, 'selon nos forces, et d'énoncer pour hbus-mémes (àutàhi que des chosesparettlés se peuvent rendre clairement) de quelle maniéré nous pouvons contempler !a beaUté de l'esprit et de l'univers. Supposez donc deux blocs de pierre placés l'un à côté dé l'autre l'un est resté informe et brut, mais un artiste a fait de l'autre une statue d'homme bu de dieü si c'est une divinité,élle pourra représenter une Grâce ou une Muse; si c'est une figure humaine, cène devra pas être une personne déterminée~ce sera plutôt une figùréidéa!e, que l'artiste aura composée do tous lestraitsdubcati.
Mais la pierre a laquelle le ciseau a donné une belte forme vous paraîtra belle aussitôt, non parce qu'elle est pierre, sans quoi l'autre bloc semblerait également beau, mais parce qu'elte à une figure que l'artiste lui a donnée.
Or la matière n'avait pas cette formé, elle existait chez l'in-venteur avant de passer à la pierre. Cependant elle n'existait pas chez !~ar(is<e parce qu'i! avait des yeux et des mains, mats parce qu'il avait le génie de l'art.
Il y avait donc en lui une beauté bien supérieure encore; car ce n'est pas la forme que l'artiste a conçue qui est transmise à la pierre; cette forme demeure dans sa pensée, et il s'en pro-duit une inférieure, qui ne reste pas pure en elle-même et telle que l'artiste la souhaitait, mais seulement en tant que la matière obéit au ciseau.
Mais si l'art manifeste ce qu'il est et ce qu'il possède, et s'il manifeste le beau conformément à la raison, selon laquelle il procède toujours, c'est elle; qui possède, par excellence, une beauté de rart plus grande et ptUs~mihente/ptus~ que tout ce que qui se prô~u~au dehors.
Car la forme prenant dé l'expansion des qu'elle passe dans la matière.devientdèslorsplus~ible~ celle qui ~'es.~o'ë~W~trée dans l'unité Ce qui éprouve en soi ~un écartement; s'éloigne en enet de soi-même.: la force de. la force, la chaleur cte là cha-leur, la puissance de là puissance et M~ b.u~f~ la beaÛié. Ainsi donc la cause efHctente doit être plus excellente que !'e~ fet. Ce n'est pas là tradition musicale, c'est!à musique qui fait le musicien là musique idéale produit celle qui se manifeste par les sons.
Quesi quelqu'un voulait mépriser les arts, parce qu'ils imi-tent la nature, on peut répondre que les natures aussi imitent bien d'autres choses; que d'ailleurs les arts n'imitent pas pré-cisément ce que nous voyons de nos yeux, mais qu'ils remon-tent a cette haute raison qui constitue la nature, et selon la-quelleelleagit.
D'ailleurs les arts tirent aussi beaucoup de choses d'eux-mêmes, et, d'un autre coté, ils suppléentsouvent a l'imper-fection de la nature, car ils ont en eux-mêmes la beauté. C'est ainsi que Phidias put figurer le Dieu sansimiter rien de vi-sible a l'œil, mais en te concevant) par la pensée, tel que paraîtrait Jupiter lui-même, s'il venait a se présenter devant nos yeux..
On ne peut blâmer les idéalistes anciens et modernes d'in-sister si vivement sur la méditation de l'unité, de laquelle tout découle et a laquelle tout devrait être ramené en effet le principe vivifiant et ordonnateur est tellement resserré dans le phénomène qu'il peut a peine s'en dégager. Mais, d'un autre côté,nous nous faisons tort, quand nous refoulons la puissance formatrice et la forme suprême dans une décevante unité, qui échappe à notre perception externe et interne.
L'homme est appelé au développement et au mouvement. Ce sont la les deux formes générales dans lesquelles se manifestent toutes les autres, et particulièrement les formes sensibles. Une forme intellectuelle peut, sans déchoir aucunement, se mani-fester dans le phénomène, pourvu que cette manifestation soit Une génération une' propagation véritable, L'engendré n'est pas moindre que le générateur; c'est même l'avantage dé là génératton vivante, que l'engendré ptnssé être plus excellent quelle générateur.
DéYelopper cela~ plus amplement' et rendre; parfaitement clair,'ct~ qutpïuses~tdutafai :pratiqd~ ¡séràft~'u'nè'gl;aiIde importance'! mais une ëxposiû exiger des icctcur~unc'trôp~ Ce qui apparttéht à'quelqu'un, il né S'en d~~ én!eréjëtah<.
La houvèllé'philosopmc'dé hûg vb l'Ouest prouvé que les hommes, quoi qu'ils fassent} et mctne aussi les peuples en-tiers; reviennent toujours &cequiest'mhéchezéux et pourrait-il en être autrement ~puisque c'est cela même qui déter-mine leur haturë et leur faconde vivre?
Les Français ont renoncé au mà<éria!ismë)'etiis ont accùrdé aux premiers principes un peu plus de spiritualité 'et de vie; j' ils se sont délivrés du sensualisme/et ils ont concède âUx'pro-fbndeurs de la nature huthainé un développement spohtahé i!s admettent en elle une ibrcc créâh'icC) et hé cherchent pas a expliquer l'art tout entier p~r l'imitation des Objets extérieurs. Puissent-ils persévérer dans'cette voie) Une peut yâvoir'dc phitosophie éclectique, mais bien des philosophes éclectiques.
On peut dire éclectique tout homme qui, dans ce qui l'envi-ronne, dans ce qui se'passeau~dUr de lui, s'approprie ce'qui est conforme a sa nature, et ici est compris tout ce qui s'ap-pelle culture et progrès, dans lésons théot'iqUe'oupratique< Deux philosophes éclectiques pourratent 'donc devenir adver-saires prononcés, si/étant nés avec des inclinations contraires, Us s'appropriaient) chacun'de son coté,'dans toutes les philo-sophies connues, ce qui leur conviendrait: Que l'on jette seulement les yeux àutout* de soi, et l'on trouvera toujours que chaque homme agit de la sorte, et de ta vient qu'il ne conçoit pas pourquoi il ne peut gagner les autres a son opinion.
Il est même rare que, dans l'âge ie plus avancé, un homme devienne historique pour lui-mcmo, et que ses contemporains deviennent historiques pour lui,'èn sorte qu'il ne peut et ne veut plus cohtroYërseràYecpersohne. i Si l'on y regarde de plus 'près, oh trouve qu'il est rare qù~ l'histoire même ait pour l'historien le caractère? historique) car chaque auteur écrit toujours comme s'il eut assisté ~lui~ mêfuè' afi'i'év~IÎçfueiitS {au lieU;'diéci-ireée;q~iét¡Ut atitI'etoi~ et même'auxévénemëhts; au lieu d'écrire était autrefois et qui émouvàitàlorsiés hommes~ Lechrohiqùëurtùi-mêmé laisse toujours paraitrë'plus ou moins~l'étroit horizon et lés particu-iarités de sa ville, de s6nc~ottre, cbmmè~dè'son temps. -) F Diverses maximes des anciens qu'on a' coutume de se répé-ter souvent, àYâieht une tout autre signincàtiôhqti'oh ne? vou-draitleur donnérdansles temps modernes." I!s ont dit ~'Aucune personne ignorant ià géométrie, étran-gère a la géométrie ne doit se présenter dans l'école du phi-losophe~ mois cela né veut pas dire qu'on doive être un ma-mématictéhpôurdevehirun philosophe.
La géométrie est ici entendue dans ses premiers éléments, i tels que nous les trouvons dans Euctide, et que nous les faisons Commencer à tous les jeunes étevès. Dans ces limites, c'est la préparation et même l'introduction la meilleure à la. philoso-phie. i Lorsque l'enfant commence a comprendre qu'un point invi-sible doit précéder un point visible, que le plus court chemin d'un point a un autre est conçu comme une ligne droite, avant que le crayon l'ait tracée sur le papier~ il .éprouve un certain orgueil, une certaine satisfaction. Et ce n'est pas sans raison, car la source de toute spéculation lui est ouverte; l'idée et sa réalisation, po<et)(Mt et octt~ lui sont devenues intelligibles; le philosophe ne lui révèle rien de nouveau la base de tout rai-sonnement s'était déjà manifestée au géomètre. Si nous'prenons ensuite cette grave parole 'Connais-toi toi-même, nous ne devons pas l'expliquer dans le sens ascéti-que. Ce n'est point du tout l'Mau<o~H(M)e' de nos modernes hypo-condres, humoristes, héautontimorumenea mais cela veut dire tout simplement < Fais un peu attention a toi-même, prends connaissance de toi-même afin de t'éclairer sur tes rapports 10 ConM)!sance de so!-m6me. avec tes semblantes et avec le monde. Pour cela~ il n'est be-soin d'aucunes iôrtures psychologtqûës; tout homme avisé sait par expérience ce que cela veut 'dire c'est un bon conseil, dont'chacuh peut ttrer dans la pratique Un très-grand avan-tage.
Qu'on y réfléchisse, là fgrandcur des anciens et prmCtpale-ment de l~écolc'de Socrate) est d'exposer aux yeux la source et lareglë dë'toute vie et de toute activité, et d'Inviter, non pas a une spéculàttôh frivole, mais .a là viëét a l'action Si donc notre enseignement scolaire fixe toujours l~attchttôh sur l'ahttquité; s'il encourage l'éttide des langues grecque et tatine~nous pouvons nous féliciter.de voir: que ces ctudcs~ si nécessaires a une haute culture, ne rétrogradent point. Lorsque nous nous plaçons en face de l'antiquité/ct que nous la contemplons sérieusement, avec l'intentioddè nous forinër sur elle il nous semble que c'est de cette heure seulement que nous soyons devenus des hommes.
L'instituteur, en s'exerçant a écrire et à parler en latin de-vient ses propres yeux un homme plus considérable et plus distingué qu'il n'ose se le figurer dans sa vie rout!niere< En présence de l'antiquité l'esprit capable de sentir les créa-tions de la poésie et de la plastique est transporté dans l'état de nature idéal le plus agréable, et, de nos jours encore) les chants d'Homère savent nous délivrer, du moins pour quelques moments, de l'énorme fardeau que les traditions de trente siè-cles ont accumulé sur nous..
11 n'y a que deux vraies religions, l'une qui reconnaît et adore sans aucune forme la sainteté qui habite en nous et autour de nous, l'autre qui la rcconnait et l'adore dans la forme la plus belle tout ce qui se trouve entre deux est idolâtrie. On ne peut nier que, par là réformation) l'esprit n'ait cherché s'affranchir; la connaissance de, l'antiquité grecque et ro-maine fit nattre le désir, la passion, d'une vie plus libre, plus décente et plus polie mais la réformation ne fut pas peu favo-risée par la tendance du cceur a rentrer dans une certaine simplicité naturelle et de l'imagination à se concentrer. Tous les saints furent hannis du ciel la fois, et, d'une mère divine et de son petit cnfhnt, les sens, les pensées, le sçnti-ment, se reportèrent sur l'iiëmmo fait) qui déploie une activité morale, qui sounré injustement) et quitut plus tar~ transfiguré cômtne demi-dieu) reconnu et~àdor~ comme véritable Dieu'. Il apparui deVant uK arriëre-plan, où Ie~ '~ŸaÍÎ,idé-ployé; l~univers~de~lui'découla une'in s'appropria ses souffrances comme un modèle ;:ét sa transfigu-ration fut le gâged'Une éternelle durée.'<(<!j Kii.ini.i. j: Comme l'encens ranime la vie d'un brasier)'ta prière ranime les espérances du.coeUff~ ;i. '~<< Je suis persuadé que la Bible paratttôujôu~~ 'pl.bel re'àiIi~-sure qu'on la comprend mieux, c~ést-a-dirè a mesure que l'on découvre et que l~on voit mieux que chaque mot dont nous sai-sissons ;Ie sens général} et'dont nous faisons a' hous-mémcs l'application enparticUlier~ eutencore~ selon certamcs circon-stances, selon les rapports de temps et do lieu, une relation pro-pre)Spéciaie,ifnmédiatementindividue!îe.
À bien considérer la chose, nous~avons encore a nous réfor-mer toUs les jours etaprotcstercontrëles autres, bien que ce ne sôitpas dans le sens religieux.; C'est notre tdclie de tous les jours, notre tache sérieuse, iné-vitable~ de mettre nos paroles dans un accord aussi direct que possible avec nos sentimehts, nos observations, nos réflexions, notre expérience, nos idées) nos jugements.' Que chacun s'exâmine< et il trouvera que la chose est beau-coup plus difficile qu'on ne pourrait le penser; car) malheureu-sement, les mots sont d'ordinaire pour l'homme des pis aller il pense et il sait te plus souvent mieux qu'il ne parle. Mais persévérons dans nos efforts pour écarter, autant que possible, par la clarté et la loyauté, le faux, l'ihconvenable, l'insuffisant,, qui pourraient se développer ou s'insinuer chez nous et chez les autres.
Avec les années augmentent les épreuves.
Au point où je dois cesser d'être moral, je n'ai plus aucun pouvoir..
La censure et la liberté de la presse ne cesseront pas de se combattre. Le puissant veut la censure et l'exerce; l'inférieur réciame !a liberté de la presse. Celui-ia ne .veut pas être gêné dans ses desseins et ses actes par des contradictions indiscrètes; il veut être obéi~ celui-~i voudrait exposer ses raisons pour le-gitimersadésobéissancè. ,> C, Mais il faut remarquer aussi' que le plus faible~ celui qui souiïre s'eSbrce également & sa manière) d'étoùner la liberté de la presse, et, cela; dans le cas o~t il conspire et ne veut pas qu'on letrahiMe. ',< On n'est jamaistr6mp~,ohsetr6m~ -'w Nous ntanqùons dans npire~ langue d'un mot qui exprime, pour l'idée de peuple', le même rapport qui existe entre eM/a~e et en/aMt. L'instituteur doit écouter l'enfance et hpn l'enfant: Le iégislateur et le prince doivent écouter lepeupleàbstra~;e~ ïiàn le peuple concrett'L'un exprime toujours ]a~ même chose~ il est raisonnable, cbnstahtj pur et Yrai l'autre) a force de vouloit', ne sait jamais cequ'ilveutf C'est dansée sens que la loi doit être et peut être l'expression gëhërale de la volonté du' peuple ab-strait, Volonté que n'exprime jamais la multitude, mais que les intelligents comprennent/que les sages savent satisfaire et que lesbonssàtisfontavecplaisir.
Quel droit nous avons de gouverner, nous ne le'demandons pas) nous gouvernons.' De savoir si te peuple à le droit de nous déposer) c'est Ce qui ne nous préoccupe en aucune façon~ nous veillons seulement ace qu'il ne soit pas tenté de le faire. Si l'on pouvait abolir la mort) nous y donnerions volontiers les mains; abolir la peine de mort sera dinicile si nous pre-nons ce parti, nous la rétablirons a la première occasion.. Si la société renonce au droit d'infliger la peine d6 mort, ]a défense personnelle reparait immédiatement, la vengeance du sang frapper la porte.
Toutes les lois sont faites par les vieillards et l'âge mur les jeunes gens et les femmes veulent l'exception, les vieillards la règle.
Ce n'est pas l'intelligent qui gouverne, c'est l'intelligence, ce n'est pas le sage, c'est la sagesse.
Qui vous loue s'égale a vous.
i. Ce môt n'opte pas non plus en français, ~o pouvant te former comme Goethe, qui propose t'ottho't, dtriv6 do t'o~ (peuple), nous nous bornons a rendre la pensée M'aide des mots abstrait et <:OHcr<(.
PËHSËËS.
Il ne sunit pas de savoir, il faut aussi appliquer il ne sufut pas de vouloir, l! faut aussi agir.! H II n'y a point d'art national, point de science ~atioAale l'art et la science' appartiennent ,con~me~outë chose eM au monde entier) et ilalae peuvent Ifairë dès progrès que par l'ac-tion mutuëne, générale et libre de ious~ les cohtempbràms~. jointe à l'étude cohstante.de ce qui nous reste et que nous con-naissôhsdupàssé, i=; L'inestimable avantage dont jouissent les étràngërs~'a' com-mencer aujourd'h~Lsëutemeht une étud~ littérature, c'est qu'ils franchissent d'un pas lesMaladies dc~ sance par lesqueUeshbus avons du passer pendant le cours du siècle presque ehttër~ et que,'s!'le ~sUccos est heureuxti!s se ibrment avec nos écrivains d'unemaniëre toute particuhere, et aussibichqu'itspouvaiehtiô désirer.
Ou les Français du dix-huitième siècle sont destructeurs; Wio!ahdëst*harceleur<* Le talent poétique est donné au paysan aussi bien qu'au che-valier il s'agit seulement pour. chacun d'embrasser son é!at et de.l'cxercer avec dignité.
< Les tragédies,' que sont-elles autre chose que les passions versifiées de'gehs qui se font des choses extérieures je ne sais quelte préoccupation?' Yorik Sterne est le plus beau génie qui ait jamais déployé son action {a le lirè~ on se sent d'abord li!)re et heureux. Son humour est inimitable) et, chéz d'auti'es, l'humour ne donne pas toujours a l'âme la libertés < La modération et un ciel serein sont Apollon et les Muscs. La vue est le plus noble des sens; les quatre autres ne nous instruisent que par les organes du tact c'est par un. attouche-ment quo l'on entende que l'on goûte que l'on odore et que l'on palpe: la vue est infiniment plus élevée; elle se subtilise au delà des bornes do la matière, et s'approche des facultés de l'esprit.
Si nous nous mettions a la place des autres, la haine et l'en-vie que nous éprouvons si souvent à leur égard cesseraient bientôt, et, si nous mettions les autres a notre place, l'orgueil et la présomption en seraient beaucoup diminués. 4&a On a comparé ta médifatto~ et a Lia l'une était plus agréable, l'adtrc plus féconde. Apres la santé et la vertu, tl n'est rien au monde de plus pré-cieux que la conhaissance et le savoir~ tl~n'est rien non plus qu'on ptnsseàcquenràtfssi aisément et qu~ aussi bôti marché i tout le travail est d'être tranquille) et là dépense, le tentps, que nous ttësauvbhs pas sans lo'd~~ ¡ Si l'on pouvait mettre le tehtps de c6~~ C{ID)ine",l'àrgeh't cpmptaht):sahs l'employer) ce serait une sorte d'excuse pour l'oisiveté de la moitié des hommes~ hmis non une excuse com-plète, car ce serait un tnéhagé où l'on vivrait du capital, sans se soucier'dës intérêts.
Les pôëtes modernes mettent beaucoup d'eau dans leur encre. Parmi tant d'étranges sottises des écoles, je n'en vois point d'aussi parfaitement ridicule; que les discussions sûr l'adthëh-ticite des anciens écrits, des anciens ouvrages. Est-ce donc l'au-teur ou l'écrit que nôUs àdn~irons ou que nous condamnons? Ce n'est jamais que l'aùteûr:que nous avons devant nous i que notis importent les hotns) quand nous expliquons un ouvrage d'esprit? l Qui affirmera que nous avons Uom&re ou Virgile sous nos yeux, quand nous lisons lestcxtes qui leur sont attribués? Mais ce sont les éeTivains que nous avons sous nos yeux~ et que nous 'aut-il de plus ? En véritc, les savants qui procèdent avec:un oin si scrupuleux dans cette anaireinsigninahtc/ne me sem-blent pasmieuxavisésqu'unc~tres-beUe dame, qui me disait un jour, avecie sourire le plus doux < Quel est donc l'auteur des drames de Shakspearc?" p Il vaut mieux faire la chose la plus futile du monde que de tenir pour futile une demi-heure.
Le courage et la modestie sont les vertus les moins équivo-ques, car elles sont de tel!c nature que l'hypocrisie ne peut les imiter elles ont aussi ce caractère commun qu'elles se ma-nifestent l'une et l'autre par la même couleur.
Entre tous tes voleurs, les sots sont les pires ils nous dé-robent ta fois le temps'et la bonne humeur.
L'estime de nous-mOnes règle notre moralité; la considéra-tion pour les autres règle notre conduite. L'art 'et là science sont des mots qu'on emploie~ souvent et dont l'exacte dtfréfëncc est rarement comprise oh les emploie souvehtI'unpourl'aUtre; Les déuiutions qu'on en donne ne me plaisent pas non plus. J'ai vu comparer quelque pari là'sciehçë & l'esprit de saillie, l'art à l'humour je trouve 'la' dedans plUs d'imagination que de philosophie cela nous donne peut-être Une idé~~ rence, mais aucune dù'caràct~réprbpjrede~ èfae)'io., Je crois 'qu'on pohrrait appeler la science la connaissance de l'uhivcrsei~'le savoir ;abstràit~ l'art, aU serâirla, science appliquée ~l'action; la'sctënceSeràit la raison, ~~ë s6h mécanisme t on pourrait donc le nommer aussi la science pratique; en somme, la science serait le théorème et l'art le problème. r Onm'objecterà petit-être que l'oh regarde la poésie commeun art, et que pourtant elle n'est pas mécanique~ mais je nie qu'elle soit uh~àrtiËne'n'cst pas non plus tme science :'on s'élève aux arts et aux sciences par la méditation!, mais non a la poésie, parce qu'eHc est une inspiration. L'amer l'instant de son premier'cvcil, l'avait déj~ reçue en elle. On' né devrait pointl'appëlërartbusciehce.maisgénië. ` De nos jours encore, tout homme cultivé devrait relire les ou-vrages de Sterne, afm que le dix-neuvième siècle apprit a son tour ce que nous devons a cet écrivain, et qu'il vit ce que nous pourrons lui devoir encore.
Dans la suite des littératures~ les anciennes sources produc-trices sont obscurcies, et les produits qui en sont résultés prennent le dessus: c'est pourquoi on fait bien de jeter de temps en iënitps un regard en arrière. Ce que nous avons d'ori-ginalité, nous ne pouvons mieux l'entretenir et le vivifier qu'en ne perdant pas de vue nos devanciers.
Puisse l'étude des littératures grecque et romaine rester tou-jours la base de l'éducation supérieure t Les antiquités chinoises, indiennes, égyptiennes, ne sont toujours que des curiosités; on fait très-bien de les étudier et d'en répandre la connaissance, mais notre culture esthétique et morale y gagnera peu de chose.
Uien de plus dangereux pour les Allemands que de chercher 4&4 le progrès avec leurs voisjns et sous leur inf!Uehce.Ïl,n'est peut~tre aucune nation qui~ soit plus propre a se développe!' par elle-même aussi c'a été pour elle un très-grand avantage que les étrangers atèntSxési;tard leur att~~ St nous jetons un coup d'o~tt sur les derniers, temps de;n6t~~ littéràture'~pendant plus d'ùn'détm-sieclèt thoUs trouvons que rien ne s'est f~M par complaisance pour les étrangers. LesAMemands furent choques ehnh devoir que ~r~ le Grand ne voulut pas entendre pârier~d'eû~)' et its ttrcnt tout leur possible poUr lui montrer qù'its eiatënt quelque; chose.. Maintenant qu'il se iorme tihe Htterature ~mverseite, todt bien considéret ce sont tes A!temands qui .ont îe plus & perdre. Us ~rôht bien dé songer a cetaveriissement..
Des esprits pénétrants eux-mêmes ne remarquent pas qu'ils veulent expliquer ce qui constitue ;des expériences fondamen-tales, auxquelleson devrait acqUiesceV.
Toutefois cela même est peut-être avantageux i autrement on renoncerait trop vite aux recherches.
Désormais celui qui ne se voue pas a la pratique d'un art 6U d'un métier s'en trouvera maL Le savoir n~est plus une res-source dans le tourbiltpn des anaires humaines àYant qu'on ait pris connaissance de tout on s'échappe a soi-même. Aujourd'hui le monde nous inculque, de lui-même, une instruction générale; aussi n'avons-nous pas a nous en mettre en peine c'est la spécialité que nous devons nous~approprier. Les plus grandes dtulcultés se trouvent Ou nous ne les cher-chons pas, Lawrence Sterne) né eh t7i&~ mourut en 1768. Pour com-prendre cet écrivain, il ne faut pas perdre de vue ce qu'étaient de son temps les mœurs et l'Église; on doit aussi se rappeler qu'il fut l'ami particulier de Warburton., Une âme libre comme la sienne court le risque de devenir téméraire, si une noble bienveillance ne rétablit pas l'équilibre moral.
Une impulsion légère suffisait pour qu'il se déployât tout entier; une lutté incessante lui faisait discerner le vrai du faux; il s'attacha à l'un avec fermeté~ et traita l'autre sans ména-gement. Il sentait p6Ur le sérieux une hâiAé prononcée~ parce qu'il est didactique et dogmatique, et qu'il passe bien aisément au pédantisiné~poUr lequel il nbûrrissatt Une 'aversion extrême de la sa répugnâncé'pour là terminologie.
Dans ses ëtudés et ses lectures multipliées) il dëcouvrait par-tout l'insunisant et le ridicule.; = i Il nomme iS/tOtKMMme l'incapacité dé rëhëchir deux minutes suruhsujètsériéux. .< ..i; 'i- Cette rapide alternative de sérieux et de plaisanterie, dësym-pathie et d'indifrérënce, dé douleur et dévoie, doit être dans le caractère irlandaise 3 Lasagacité et là pënétration sont chez lui sans limites.. ,=v Spn humeur sereine, facile et accommodante en vôyagey ou ces qualités sont misés particulièrement a'1'ëpreuve, ne seront pasiacilemeht'ëgàlëés. j.:
Autant nous prenons plaisir à contempler'cétte~ âme indépendante) autant il nous iaut réconnattre' que, dé toutes ces choses qui nous charment) bu du moins de la plupart) il n'en est aucune qu'il nous soit permis de'noûs approprieri' i .f L'élëment de là sensualité) dans lequel il 'se comporté avec tant de sagesse et de grâce, serait la perte dé beaucoup de gens." Ses rapports avec sa femme, comme avec~Ie mondé} sont dignes de remarque. Je n'ai pas proBté de mon infortune'eh homme sagc<dit-il quelque part.
Il badine très-agrëablement sur les contradictions qui rendent sapositionéquivoque. < Le pr~er m'est insupportable je crois que je'm'en suis donné une indigestion dans ma jeunesse.* »
Il n'est un modèle en rien, mais en tout un indicateur, un excitateur.
Notre zète pour les afïaires publiques n'est le plus souvent que bourgeoiserie.
<H ne faut rien estimer plus haut que le prix du jour. » Pereant, qui, ante Mo~, oostra d)'a;et't<t!</ celui-là seul pourrait tenir un si singulier langage, qui s'imaginerait être autochthone. Celui qui tient à honneur de descendre d'ancêtres rai-t. Sterne naquit à Clonmel en Irlande. 4&6 sonnabtes leur accordera pour!e moins autant de bon sens qu'à lui-même.
Les auteurs les plus originaux'dësdcrmers temps ne le sont pas parce qu'ils produisent qttëlq~~ n'eüf J" iÍ1âÎs: seule; ment parce qu'ils sont capables de dire les clioses comme si elles h'aYaientjamMsétëdhesaUparaYahtt
Aussi la plus belle marque~d'origmatité consiste-t-elte ra-voir développer d'une manière si féconde uneYpchsec rë~ue~ que .personne h'éut'décoùvort aisément combien de choses étaientrëcéléësenetle.
Beaucoup dé pensées écloscnt de la culture gchcralc comme les ÛeUrs des rameaux verts i dans là* saison des rosés }bh:Yôit partôutlesrosesueurir.
A.proprëment.parler) tout )tiënt~aux sehtimcms ou ils se trouvent) tes pensées se produisent, et, tels sont les sentiments, telles sont aussiles pensées; 4
llestdimcite de rien reproduire d'une mani&rc tout a. fait impartiale. On pourrait dire que le miro!r~<ait ici une excep-tion) et cependant nous n'y voyons jamais notre image tout a
fait exactement; même, le miroir.Ia~ retourne, et fait de notre 'main gauche là droite. Ce peut être un symbole pour toutes nos
reuexiôns sur nous-mêmes.
Au printemps et eh automne, on ne pense guère au coin du
feu cependant, s'il arrive par hasard que nous passions auprès
d'un iëu aHurne, nous trouvons si agréable la sensation qu'il
procure, que nous nous y arrêterons volontiers. Il pourrait
bien en être de même pour chaque tentation.
Ne t'impatiente pas si l'on n'admet pas tes arguments.
Si vous vivez longtemps dans des relations importantes, il ne
vous arrive pas, assurément) tout ce qui peut arriver a
l'homme) mais du moins l'analogue et peut-être certaines
choses jusque-la sans exemple. i'
PËMSEM~
~>w ;r. J.I'ii.W-o f J.