‹ Œuvres de Goethe. 1Chapitre 44 sur 59 · PREMIERS COMMENCEMENTS · texte numérisé non relu

PREMIERS COMMENCEMENTS

PROFO~DËMENTOMERVËS~ CONVENABLEMENT b~KOMMÉS. Poésie croyance populaire v forte nation.

Tftco!6g)e"cxattatioh idéale; sainte raison.

Philosophie abaissementqméclah'e sages, ¡j: intcHigcncc.. Prose, dissolution q\)i passe triviale sensitivitc.

au vulgaire

Mctahge, résistance, disso!utfoh.

Commentaire thr !cs pnrotca prtm~tvea.

(Poésie orphique.) 1~38 cinq stances qui suivent 6ht déjà part~dans le deuxième cahier de ia Morphologie~ mais cUës méritent peut-être do par-venir !a cotmaissancc d'un public plus nombreux; des amis ont aussi désiré qu'eHes fussent accompagnées de quelques ex-plications, aHn que ce qu'cnes'taisseht scùtement entrevoir fùt présenté de manière a en rendre le sens clairet t'intcnigence pure.

Ce qui nousaetetransmis des doctrines orphiques~ anciennes et nouvc!!cs, on a cherche ici aie resserrer) à l'exposer briève-ment, avec une concision poetiquCt Ces strophes renferment beaucoup d'idées importantes, dans un enchaînement qui, lorsqu'on l'a saisi, facilite a l'esprit les plus graves méditations.

AA)MQX. –GÉME.

Le rapport du titre avec h strophe a lui-même besoin d'line explication. !ci le AAt~MX signifie l'individualité de ta per-sonne, individualité bornée) nécessaire, qui se prononce im-médiatement a l'heure de la naissance; c'est le caractère par lequel un homme se distingue de tout autrCtSi grandes que soient d'ailleurs les ressemblances. Cette détermination, on l'attribuait à l'astre influent) et lés mouvements, les rapports infiniments variés des corps cétestes, soit entre eux soit avec t. Goethe reproduit en effet )ë$ cih<} stahce~ avec ta '('ûmmentairc. KoUs eh~ ayons donne ta traduction, p. 3H, et nous y renvoyons )o tecteur.

PKKS~ES.

là terre, pouvaient très-bien être rattaches aux vicissitudes di-verses des naissances. De ta devait dccôUicr aussi te sort futur de t'homme~ et, en accordant'ce bien avouer que~~Ius'quc tout ie restC) ta force et l'ihdividua-- Ht6 hâtives nxcnt M destihÉe de l'hom C'est ~ourquot cette strophe prochnte~ iriSisiah~é JI1hlmutabntté de lindividù. Si detërnnhe qu'~ il e§t sans doute) en sa qualtie de créa~ïre nhie, sujet a ]a destruc-tion mais, aussi longtemps que son germe subsiste) i! ne saurait être ni brise ni morceté, même parla suite des géné-rations.

Cet être constant, tenace) qui ne peut se développer que par lui-même, entre, il pst vra!, dans diverses relations par les-qucnes son caractère premier et originel est entravé dans son action, gène dans ses penchants, ett ce qui survient ators, notre philosophie ië nomme

T'fXit. L'ACCtDESTBt..

Cependant ce n'est point par accident qu'un homme tire son origine de telle ou telle nation, tribu ou famille car les nations répandues sur la terre doivent) ainsi que leurs diverses rami-fications être considérées comme des individus t et T)'XH ne peut agir que dans les mélanges et les croisements. Nous voyons un exemple marquant do la durable personnalité de ces tribus dans la race juive; des nations européennes) transplan-tées dans d'autres parties du globe, ne se dépouillent pas de leur caractère, et, au bout de plusieurs siècles, on reconnattra fort bien dans l'Amérique du Nord, l'Anglais, le Français, l'Allemand; mais, en même temps, les croisements rendront sensibles les effets de la TYXH, comme le métis est reconnais-sabtc a la couleur plus claire de sa peau. Dans t'éducation.si elle n'est pas publique et nationale, 'n'XH maintient ses droits capricieux nourrices et gardes, parents et tuteurs, institu-teurs et surveillants, comme tous les premiers cntours, cama-rades, localité (ville ou campagne), tout détermine le caractère propre, par la première culture, par le retardement ou l'accé-lération. Le AAIMQNse maintient sans doute au travers de tout, et c'est la nature propre, le vieil Adam, ou comme on voudra

52~ l'appeler, qui, aussi souvent qu'on te chasse, revient, toujours plus insurmontable.. 1. ,> C'est dans cehctd~ed\the.ntdnidua!h~~ éoüsti-tuée, que l'on a départi a chaque homme son démoh)'qui, daits t'occàsioh, lui souMe a l'orëillp ce qu'il doit faire, et c'est ainsi qucSocrate choisit là coupe empoisonnée, parce que son de-- Yoirétaitdemôurir.

MaisTVXHnesërelÂchëpoiht,ét surtout elle ne cesse pas d'agir sur la jeunesse, qui) avecses passions, ses plaisirs, ses goûts sociables et sa conduite Mvolë, se jette <ànt6t~'uh~c6té tantôt de l'autre) et ne trouve nulle part nxité et contentement. Alors se développe de Jour en jour une inquiétude plUs sé-rieuse, une ardeur plus profonde on attend l'arrivée d'une nouvelledivinité.

Et*M.–Attoutt.

Souscchom estcpmpris tout ce qu'on peut imaginer, depuis l'inclination là plus légère jusqu'à là fureur là plus passionnée. Ici le démon individuel et TYXH, la séduisante, s'unissent en-semble: l'homme parait n'obéir qu'a lui, laisser agir sa propre volonté s'inféoder a son penchant et pourtant ce sont des accidents qui s'interposent) ce sont des influences étrangères qui le détournent de sa voie, il croit saisir et il est pris; il croit avoir gagné et il est déjà perdu. Ici encore TTXH pour-suit sonjeu~ elle attire dans de nouveaux labyrinthes l'homme égaré, ici point de limites à l'égarement, car le chemin est Une erreur. Alors nous risquons de nous perdre dans cette consi-dération) que ce qui semblait disposé pour la plus étroite spé-cialité se dissipe et s'écoule dans la généralité. C'est pourquoi les deux derniers vers s'empressent de nous signaler nette-ment le seul moyen d'échapper à cette erreur et de s'en garan-tirioutesavie.

Alors enunonpeut reconnaître do quoi le AAIMCN est ca-pable; lui, indépendant, égoïste, qui s'avançait dans le monde avec une volonté absolue, et qui ne voyait qu'avec chagrin Tl'XH lui barrer ça et la le chemin; il sent désormais qu'il n'a pas reçu de la seule nature sa détermination et son empreinte; sa conscience lui dit maintenant qu'il 'peut se déterminer lui-même; qu'il peut, non-seulement saisir de force l'objet.que la

PHKSÉHS.

sort lui amené ) mais encore se l'approprier; b!cn plus, qu'il peut posséder avec un aMour étcritcl, impérissable, un nouvel ôtrc, comme n se possedclu~menie. ` A peine ce pas est-il faity que, par tine.tibrc Ycs~ ta liberté est abandonh~cT deux âmes doivent s'ùntr~~e~~ î.iÛ"SÓlÍl corps, deux cbrpsfeti 'une scUte âme 'et en 'mcmc temps qu'un parci! accord s'établit ) une troistcmcvieht~s'yjoind po.ur serrer une mùtueuc; une atmab!echatne~ parcMs fan tsdbh'cnt do hôUvëau former un t6ut~~heur conuh'uny mais p!us grand/!ebM6 te: 'cÓfps'~ÓÍù'pÕSé de tant de mehujrës est blesse, selôn'Ia'destiUe~ tùlÍrèsÜ'c' en que!qH'unéd6'ses parties, et, au !ieU de jouir dans I'cnsembte,tt souurc dans !e detait néanmoins cette relation est trbth'ce aussi désirable' que nécessaire. Les avantages attirent chacun, et t'en se résout a subir !es mcôhvcmcnts. La thmiHc se groupe avec !a tamH!e} !a tribu avec ia' tribu une peupiadc s'est for-mée, et s'aperçoit que !a résolution prise par l'individu est aussi avantageuse a I'cnsemMo;cI!c'rend par îa!oi cette rp$o!ution irr6voeab!e; tout ce qUë l'amour accordait volontairement de-vient un devoir, qui engendre miHe devoirs, et, afin que tout soit conclu pour !c temps et l'éternité, ni l'état ni l'église ni la coutume n'épargnent les ccrcmohics.Toùtcs les parties pren-nent .leurs mesures', au moyen des contrats les plus obliga-toires, de toute la publicité imaginaMë,pdUr que l'ensemble ne soit pascompromis.dans son plus petit detail.parl'inconstàhcc et le caprice.

ANArKtt.–NËCMSU~.

Cette strophe n'a besoin d'aucune explication il n'est per-sonne à qui l'expérience n'ait fourni pour ce texte des notes suffisantes; personne, qui ne sente une douloureuse contrainte) au simple souvenir de situations pareilles, beaucoup de gens pourraient même tomber dans le désespoir, quand'le présent les tient de la sorte enchamés aussi, avec quelle joie courons-nous aux derniers vers) dont toutes lésâmes tendres aimeront àfaircpôùrelleslecommentaire moral et religieux:

EAIHï:. ESPERANCE t · ,t..tt* t. <t.t

tUtt~MMtd danger.

Bien souvent ) dans te cours la vie ,tandisqUe nous che-minons avec la.plus grande sécun~, nous remarquons tout a coup que nous sommes tombes dans une erreur; que nous nous sommes ;préyenus pour certaines personnes, pour ccrtames choses; que nous avons rêve avec eiles des rëîatmns'qu! s'éva-nouissent~soudain quand~nous ouvrons tes yeux..Cependant nous ne pouvons nous .dégager; un pouvoir aui nous semble incompréhensible; Quelquefois pourtant nous par-venons a nous reconnattrc.partaitcment~ et nous comprenons 8 qu'une erreur, aussi bien qu'une vëritc, peut disposer et pous-ser à l'acttYtté.bt comme l'action est partout deçtsh'c, d'une erreur agissante il peut résulter quelque chose d'oxccncht, parce que l'euet de iouteceUvre accomplies'étend a l'infini. Aussi la production est-e!!e assurément toujours ce qu'il Y a de meit-leur. Mais la destruction n'est pas non plus sans heureuses con-séquences.

L'erreur la plus .étonnante est celle .qui serapporte à nous-mêmes et a nos forces qui fait que nous nous consacrons a une belle, œuvrC) a une honorable cntrcprisCt qui dépasse notre portée; que nous visons & un but que nous n'atteindrons ja-mais. C'est a la tbis le supplice de Tantale et de Sisyphe, et nous le sentons avec d'autant. plus d'amertume, que nos intentions étaient plus loyales. Et pourtant, quand nous nous voyons pour jamais écartes de notre but il arrive bien souvent que nous avons déjà trouvé sur notre chemin un autre objet désirable, quelque chose défait a notre mesure, et ou nos dispositions naturelles nous font trouver notre contentement.

Philosophie de la Mtttnre.

H y a dans l'introduction que d'AIcmbort a placée en tête de l'Uncyclopédie un passage qui a été pour nous d'une grande importance. Il se trouve a la page 10 de l'édition in-quarto; il commence par ces mots t A l'égard des sciences mathéma-tiques et finit, page H, par ceux-ci a étendu son domaine.' La tin, qui se relie au commencement, exprime cette grande vérité que, dans les sciences, tout repose sur la portée, la &28 valeur et !as61idité d'un prermer principe, et sur h netteté du but. Nous aussi, nous sommes persuade que cette grande con-dition doit être observée, non~ ce q~i; tôúbHe! les mathématiques) mais'ëh toutes choses, dans les sciences, dans les arts, cômniédahs la vie.

Oh ne peùt'trop le répéter, le poète,' comme l'artiste,' doit considérer d'abord si le'sùjctqu~it entreprend dé't~ qù'n puisse ëh'résultër une œUv~ )" complèi~;êî~'sàlis~ faisante. Si cette prëcaution~ë~ tôlisJes''èif6rls 'qU'on pourra faire ~aiUëurs seront compt~~ i' rîÍ11eSièt prosodie, coups' de pinceau et de ciseau~ sont dépensés ett vain et si m~më une éxecution ëxcëHehtë pouvait tromper quelques instants le connaisseur, il sentirait bientôt Je défaut d'inspiration dont toute taussë conception est atteinte. Ainsi dône, qu'il s'agisse dès arts, des sciences hatureHes ou des mathématiques, dans la tractation, tout dépend de la vérité fondamentale dont lé développement ne se manifeste pas tant dans la spéculation que dans la pratiquer car la pratique est la pierre de touche des conceptions de l'intelligence, de ce qui est admis comme vrai par !ë sens intime. Si l'homme, per-suadé delà solidité dé ses vues~ s'adresse a l'exténeur et de-mande au monde non pas seulement d'adopter ses idées, mais de s'y accommoder, de les suivre, do les réaliser, c'est alors seulement qu'il fera la grande expérience de savoir s'il s'est trompé dans son entreprise, ou si son époque ne se soucie pas de reconnaître la vérité.

Mais il reste toujours une marque essentielle pour distin-guer) avec la plus grande certitude, la vérité de là fausse appa-rence la vérité est toujours féconde, et favorise celui qui !a possède et la cultive; au contraire, l'erreur est, en soi, morte et stérile on peut même la considérer comme une nécrose, où les parties mortes empêchent d'accomplir la guérison des vi-vantes. ORIENTAL-OCCIDENTAL

EN DOUZE LIVRES eotTaz.–t. ?

~rM.

ORIENTAL-OGGIBENTAL

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