EN DOUZE. LIVRES
MDGANNÎ NÀMEH.
LIVRH DU CHANTEUR.
J'at tattse s'écouter vingt années et j'ai
Jcut de ce qut nie fut'donhe en partage
période parfaitement heureuse, comme te
temps des Barmecidea.
nê~re< Lcnord ctt'buest et te sud volent'en cctàts, I&stMnes se bri-sent, les t'oyaUthes tremblent saUVc-toi~ va'dans !e put* orient respirer l'air des patriarches; au mi!ieU des amours, des fes-tins et des chants, !a source de Cniser te rajeunira 1. Le Divan'cst'~HteKTer~rtm~ de diMreMe~ meures. Il s'y rencontre beaucoup de noms propres: nous avons -suivi généralement l'orthographe de l'original.
2. Chisor, prophète, saint ou sage, qui àtrouT6)asource de ta Tie oudë la jeunesse et qui en est le gardien. Il est doué iut-méme d'une jeunes;e éterneue. La, dans la pureté et h justice, je veux pénétrer jusqu'à î~ôrl-gme première dès races IiUmames, jusqu'à ces ien~ps ou elles recevaient encore de Dieu la céleste doctrine dans les langues terrestres et ne se creusaient pas l'esprit; Ces tempsbu elles vénéraient les ancêtres et défendaient tout culte étràhgerY je veux me complaire dans l'étroit horizon d premier âge tune foi vaste, une pensée restreinte, était alôï importante comme ta parole, pa~ce'qu'elle était une paroi prononcée.
Joyeux me mêler aux bergers, me rafraîchir dans les oasis, voyageant avec les caravanes et'faisahtcommërce'de~ choies, dé café et de musc; je Veux fouler chaque sentier du désert jus-qu'aux villes.
A la montée et a là'descente, tes chants; Hafiz, charment le pénible chemin de rochers, quand le guide, avec ravissement, sur la haute croupe du mulet, chante pour éveiller les étoiles et pour enrayer les brigands.
Dans les bains et les tavernes, saint Itafiz, je veux penser a toi, quand mabicn-aiméc soulevé son voile et; secouant sa che-velure ambrée, exhale de doux parfums. Oui, que l'amoureux chuchotement du poète fasse nattre le désir même chez les hourist 1
Si vous voûtez lui envier cette joie ou même la troubler, sa-chez que les paroles du poète voltigent sans cesse aux portes du paradis, et frappent doucement, implorant la vie éternelle.
<.<~ett de Mtct~.
Un TAMSMAN de cornaline porte aux croyants bonheur et prospérité. S'U est même fixé sur une base d'onyx, que ta bouche y dépose un saint baiser. Il chasse tous les maux; il te protège et protège le lieu; si le mot gravé proclame purement Je nom d'AHah, il t'cnnammc pour l'amour et les exploits, et le talis-man charmera surtout les femmes.
Les AMULETTES sont des signes du même genre, tracés sur !c papier, mais on n'est pas à la gêne comme dans l'espace étroit !de la pierre précieuse, et il est loisible aux âmes pieuses do choisir ici des légendes plus étendues. Les hommes portent a leur cou ces papiers avec foi, comme des scapulaires.
D!VAN~ L'tNsctupuoM ne renfermé aucun sens cacher elle est elle-même et doit tout vous dire ce'que,~ après l'avoir lu, vous aimez à dire, avec Une loyale satisfactibn~c'cst la ce que jë~dts~tnoi ) 1 Des ABRAxAs ) j'en porter rarement. Ici, d'ordinaire, les monstrueux enfantements d'une sombre folie seront mis au plush&ùt prix. Si je vous dis des choses absurdes, oyez que je porte des àbraxas. v Graver UneBAGUÈ A CACHET est tmë oeuvre difficile elle doit renfermer le.schs le plus profond dans le plus étroit espace; mais, savez-vous y adapter une idée vraie, ]c mot est I~t grave, vous y songez a peine.
Libres pcn~e*.
Laissez-moi achevai) s'il meplath ltestez dans Vos cabanes t sous vos tentes! Je cours gaiement dans les pays lointains n'ayant sur mon turban que les étoiles.
Il a établi les' étoiles pour être vos guides sur terre et sur mer, afin que vous y preniez plaisir en regardant au ciel sans cesse *f
TMtantMtt.
A Dieu est l'onenU A Dieu est l'occidehtt Les pays du nord et du midi reposent dans la paix de ses mains. Lui, le seul juste, il veut pour chacun la justice. Que, d'entre ses cent noms*, celui-ci soit hautement loué Atnen ) l L'erreur veutm'égarer, mais tu sais m'en dégager. Que j'agisse, que je médite, trace-moi le droit chemin. Si j'ai des réflexions et des pensées terrestres, cc)a tourne a mon plus grand bien l'esprit qui n'est pas disperse avec la poussière, refoulé en lui-même, s'élance vers les cicux. Dans la respiration il y a deux grâces, aspirer l'air et s'en délivrer; l'un oppresse, l'autre soulage telle est la vie et son merveilleux mélange. Remercie Dieu quand il te presse, et re-mercie-le quand il te délivre.
t. Koms de certatns talismans chez les Gnostiques. 2. Paroles du Coran. Kous ne signalerons pas tous les emprunts que Goethe a faits à ce livre.
3. Les Mahotattans donnent & Dieu cent dénominations différentes. '> >. ~Mtttre~r&ect.
Afin que, (!a!'s!cur!patnc,!cs Arabes parcourent gaiement !<cnd<!c, Â!!ah, pour )c satut comtnuh, leur accorde quatre gr~c<M!< ¡, ,.> >' »> ,> >. >.»
D'abord loiUrban, parure p!usbeUcque'to !os couronnes; une tente, qu'on cn)oyc deJa p!aco, pour (Icmcurcr'phrtout. Un cimeterre, dcfonso plus sûre que'rochers et'hautes 'mu-raiitos; une chanson, qui;charme et proutc et se fait écouter jiesbeUes.
Et si, par mon chant, sans me trouMer.jo fats choir !es f!eurs do son chatc, elle sait & mcryci!!c ce qui h)i appatucnt, etmercstc<a~orah!eet'riantc.
Ht je sais vous gentiment ncurs et fruits. Vouiez-vous aussi des moratites.je.vous on servirai de toutes fratchcs.
A~ea* QucHe chose est difncitc a cacher? ï~c feu car,pendant le jour, la fumée trahit le monstre, et, pendant !a nuit, c'esila flamme. L'amour aussi çst'dimci!e a cacher si secrètement qu'on le nourrisse, il s'élance du regard bien aisément: Mais ce qu'il y a de plus difficile a cacher, c'est une chanson. On ne la mctpassous leboisscaUi Le pocte'vicnt-~t.dc h chanter, ii en est tout pénétré; !'a-t-it écrite nettement, etegamment, i! veut la voir aimée de tout !e monde, et, joyeux, it la dchite a cha-cun d'une voix forte, que cela nous cxccdc ûu nous charme.
JÉt~nen~.
De combien d'éléments doit se nourrir un bon poëme, pour qu'it soit goote des ignorants et que 'tes ma<trcs l'entendent avec plaisir?
Avant toute chose, quand nous chantons, que t'amour soit notre thème si l'amour peut pénétrer !a mctodietoutCnticrc, les accents en seront bien plus doux.
Qu'ensuite retentisse le bruit des verres et qu !c vin scintille en rubis car c'est aux amants, c'est aux buveurs, que l'on sourit avec les plus bciics couronnes.
Je veux entendre aussi !c bruit des armes; que la trompette aussi rcsonnet~auh que ) si ~Ia fortune britte namboyantC) le hcros se divinise dans la victoire.
Knnn il est indispensable que le poëtchàisse.inaihtes choses. Ce qui est insupportabte et !aid, it ne doit pas 1'àccUeittir commelebeau.
Si te chanteur sait combiner ënsetnhie les forces pritnitives de ces quatre ëlémenta~ comme Hafiz,tt rcpandr& ëternctie-ment chez les hommes lajoie et la vie.
Ct~etTi~tetf.
Le père Adam étaitune motte de terrer que î)Ieu Ht homme, mais il apportait du sein de sa mère bien de la rudesse encore. IjCsHIobim lui insufnercnt dans lés narines le plus pur es-prit i alors il parut être quelque chose de plus et il commenta aéternuèr.
Mais, avec ses os et ses membres ot sa tête, il n'était encore qu'une masse'imparfaitc, lorsque enfin Noé ut, pourl'imbécile, la vëritabie trouvaille; le jus dè'Iavigne't Aussitôt que la masse s'en est arrosée, elle sent l'impulsion soudaine, comme la pAtc, sous l'influence du levain, se met en mouvement.
.Hanz, ainsi ton noble chant, ton saint exemple, nous condui-sent, au bruit des Verres, dans le temple de notre Créateur.
fh~nom~xe.
Quand PhébUs se marie avec la nue pluvieuse, il se forme soudain un arc nuancé de diverses couleurs.
Je vois se dessiner dans le brouillard un cercle pareil l'arc est Manc.Ma vérité, mais c'est un arc-en-ciel. i)c mcmc, vigoureux vieillard; ne te laisse pas aller a la tristesse: bien que tes cheveux soient blancs, tu aimeras, en-core.
ChJet mtmmttïe.
La-haut, quel objet bigarre me semble unir la colline avec le ciel? La vapeur matinale ouusque ma perçante prunelle. Sont-ce les tentes que le vizir a dressées pour ses femmes t. Lttt6ratetcent to hanap, !a coupe.
DIVAK. à chéries? Sôn't-ce des tapis de tête, pour célébrer son mariage avecsafavorite?
Rouge'et btanc, tue!é/ banolé~ rieh de plus beau'ne pdùr-ra!t s'offrir ma vùe< HaBz,'cbmmen~ donc ion Chiraz est-H YëhudanstesbrÙmeuscspIatncsduNord?
Oui~ ce soM tés pavots émantcs; qui se dépiôieht enseh]b!e et, bravant le D!eu de ]a guerre, couvrent les campagnes d'une graciëusëtëhture..
Puisse toujours l'homme sage cuittvër, pour le bien du monde; de charmantes nëurs/et~comme aujourd'hui, un rayon de soleil !ës faire brilter sur mon chemin t
tM*cwr<t)Htee.
Si Cupidoh joue de là flûte a magauche) au bord duruissëau, et qtie, dans les champs, a ma droite, Mars embouche la trom-pette, t'ôreinc est attirée doucement de l'autre coté; mais le vacarme lui dérobe là fleur de la mélodie, et, si elle continue, à pleine voix, parmi le tonnerre des batailles, je deviens furieux, ma tête s'égare est-ce un prodige ? S'il va toujours croissant, le son de la flûte,le bruit de la trompette, je m'oubne, j'entre en fureur: faut-il s'en étonner?
Lé ~assè dans le présent.
La rose et le lis, baignés de rosée matinale, fleurissent dans Je jardin du voisinage dans le fond, un rocher s'élève, buissonneuse retraite; et, entourée d'une hàutc'fbrct, et cou-ronnée d'un noble manoir, la cime courbée se prolonge et s'a-baisse enfin jusque dans la vallée.
Et ce sont les mêmes parfums qu'autrefois, quand l'amour nous faisait soun'rir encore, et que les cordes de moi) lut!) ri-valisaient avec le rayon du matin quand la fanfare du chas-seur s'élançait du hallicr, pleine et sonore, pour enflammer, pour réjouir le coeur, selon qu'il le désirait ou qu'il en avait besoin.
Or, les forets sont toujours verdoyantes eh bien, que vofr.o ardeur se réveille avec cette jeunesse! Ce que vous avez goût6 pour vous autrefois, vous pouvez le goûter en d'autres t Nul ne 'jous accusera plus de ne vouloir du bien qu'a nous seuls. Désormais, dans toutes les phases de ta vie, il faut que vous puisstezjotnr.
Et avec ce chant et ce circuit, Hanz, nous revenons a toi; car, l'accomplissement de la journée, ii est beau d'en jouir avec ceux qui jouissent.
iLeehttmtétPimtt~e.
Que le Grec pétrisse et iaconnc l'àrgite; qu'il soit ravi eh ex-tasé de~aiit l'âèüviè dé sés matps:
tase devant l'oeuvre de ses'mâihSt Notre volupté, c'est de h6Us élancer dans l'Kuphrate, de ha-gerM'àventurëdansl'élémenthquidet Si j'apaise ains! l'ardeur de mo<t âme, un chant va retentir; que le poète lapuised'une maiu pure, l'onde en gtobe va s'ar-rondir'.
Audaee.
A quoi tient-it eh tout heu que l'homme trouve la santé 1 Chacun aimé a entendre te bruit qüi se module en harmonie. Arrière tout ce qui trouble ta course t mais point de ten-dance funèbre! Avant qu'il chante t avant qu'il cesse/le poëte doit vivre.
Ainsi les retentissements de la vie feront vibrer son amCi Si le poète sent son cœur oppressé, lui-même il s'apaisera.
Vt~oarenx et hardi.
Faire des vers est d'un présomptueux Que nul ne me bMme, ne craignez pas d'être bouillants, joyeux et libres comme moi 1 Si la fatigue de chaque heure me semblait amere, je serais modeste aussi, et même plus que vous.
Car la modestie est charmante chez la jeune fille en fleur; elle veut être poursuivie avec délicatesse, celle qui fuit l'homme grossier.
Elle est bonne aussi, la modestie, dans la bouche de l'homme sage, qui peut m'instruire sur le temps et l'éternité. Faire des vers est d'un présomptueux t J'en fais volontiers dans la solitude. Amis et femmes d'humeur vive, entrez aussi sans gêne.
t. ComparM la t~cnde du J'orfa, page 87< &38
Petit moine, sans froc et sans capuchon,'ne viehsj pas me! catéchiser tu pourras bien me rendre capot, mais non pas modeste, non! v
Tes phrases vides me font mir j'ai déjà usé cela sous mes semelles.
Quand le moulin du poëtechëmihè) ne l'arrête pas qui vient une fois à nous cômprèhdre~hbûs pardonnera aussi.
Vie nmi~eMeMe.
La poussièrc:esttih des éléments dont tu disposés) avec une habileté rare, HafiZ) qUano tu modules un chant gracieux en l'honneur de ta biën-aimée.
Car la poussière) sur le seuil de sa porté, est préférable au tapis brodé de fleurs d'or sur lesquelles s'agenouillent les fa-vorisdcMahmoud'.
Si lé vent qui passe en tourbillon enlève de sa porte un nuage
de poussière, le partum t'en est plus agréable que le musc et
l'essencedérose.
La pôussièret j'en nis privé longtemps dans le nord/sans cesse
enveloppe de brumes mais, dans le midi brûlant, je l'ai trou--
veeen abondance.
Toutefois il y à longtemps que les portM chéries restent pour
moi muettes sur leurs gonds. l'luie orageuse, viens à mon aide,
fais-moi sentir le parfum de la terre rafratchie t
Si maintenant tous les tonnerres grondent et si tout le ciel est
en feu; la poussière, que l'orage emporte~ retombe humectée
surla terre.
Et soudain surgit la vie, il se développe une mystérieuse et
sainte activité; tout est rafraîchi, tout verdoie, dans les ter--
restres régions.
Une ombre noire est, sur la poussière~ la compagne de mon
amante. Je me suis fait poussière, mais l'ombre a passé par--
dessus moi.
Pourquoi n'userais-je pas d'une image comme il me platt,
1. Hafiz a con~'osô un pcën)0 en l'honneur do Hbou tshak Mahooud. puisque Dieu nous donne, dans la mouche, l'image de la vie? 7 Pourquoi n'ùserais-je pas d'une hnàgë comme il me plait, puisque Dieu me montre son image dans les yeux de mon amie?
J)Me)thenreN<e ardenf.
Ne le dites qu'aux sages, parce que le~vuîgaire est dispose a la moquerie je veux chanter le vivant qui cherche la mort dans ta flamme.
Dans la fratcheur des nuits d'amour, où tu rocus la vie, oft ttt ta donnas, une étt'ange impression te saisit, a !a clarté du flambeau trahqUtHe.
Tu ne restes plus enferme dans l'ombre, et un nouveau désir t'cnh'atne vers un plus haut hymehëe.
NuHe distance net'arretc, tu viens, tu voles, enchante; en-fin amoureux de la lumière, papillon, tu es consume. Et tant que tu n'as pas obtenu de mourir pour renaitre, tu n'es qu'un h6te obscur de la terre ténébreuse. Un roseau sort de terre pour adoucir les mondes puissent d'aimables sentiments couler du roseau qui trace mes vers! 1
HAFIZ NAMËH.