‹ Œuvres de Goethe. 1Chapitre 7 sur 59 · LIVRE 'IL · texte numérisé non relu

LIVRE 'IL

r Les tableaux j lës ~àlsio~s,

Lestabieauïi'tout'commeMst'aMioM,

'5'unis5tnt\o!6ntitrsAYec)echMt..

Aïextsettterat Hélas ) le navire pbursuit-'incèssamment sa course irrésis-tible à travers lëa flots~écUmànts. Au loin la trace de la quille creuse t!n'ai!!ôh, où~ ~es dauphins le stnvënt en bondissattt, comme sf !à'proië s'énfUyait devant eux. Tout présage une heu-reuse irâVersëë; le'tranquille naùtôhier manœuvre doucement la voile, qut travaii!e pour tous. La, pensée~ des navigateurs se porte en avant, cornme tes pavinons et !es banderoles; Un scut, debout au pied du mat~ se tourne tristement en arrière it voit déjà se'teindre d'azur ies montagnes tugitives/it les voit dispa-raure dans là mer i toute joie disparait devant iùi. !t est aussi dérobe a ta vue, 6 Dora~Ie navire qui t'enlevé ton Atcxis, ton ahii/heiâs Pion fiance) Toi aussi, tu me cherches vainement du regard. Les cœurs battent l'un pour raufre encore, mais nof) ptUs, hëlàs t !'uh sur t'autrë àppUyës. Moment unique, pendant lequel j'ai vécu/tu pesés plus dans là balance que tous mes jours, jusqu'alors froidement écoules. Ah) dans ce seui instant, le dernier, une vie soudaine m'est venue de toi/comme de chez les dieux; C'est en vain que th tais' resplendir l'cther de ta Iu~ miere, o Phëbus, ton jour, qui éclaire toutes choses, m'est odieuxt Je me repitësur moi-même je veux y repasser on si-lence'Ietemps'ott elle'pâraissait chaque joùr'a nia Vue. Ai-je pu voir la beauté et ne pas la sentir? Le charme céleste n'agis-sait~I. pas sur mon cœur'emousse? Malheureux, ne t'accuse pas! Ainsi'lë poète propose souvent a l'oreille de l'assemblée une énigme artistement enveloppée dans l'expression. Chacun admire le rare ehchaincmeht des élégantes images, mais il tie manque toujours le mot qut'rehferme le sens. Est il enfin ré-vélé, tous les cœurs s'épanouissent, et découvrent dans les vers un sens doublement àgréablel Hélas pourquoi si tard, Amour, pourquoi l'as-tUIev~ trop {ardt le bandeau que tu avais attache sur mes yeux Des longtemps le navire, équipa attendait un vent favorable enfin la brise souffla heureusement du rivage a ta mer. Vaines années de !a jeunesse et vains songes de l'ave-nir, vous disparaissez cette heure unique me reste t Oui, elle reste} il me reste le bohheUr; Dora, je te possède, et l'espé-rance, Dora, me montre ta seule itnage. Souvent je te vis àHer au temple, modeste et parée, et ta bonne mère marchait grave-ment a ton coté. Tu étais vive et préssëe, quand tu portais tes fruits au marche et, quand tu revenais de !a fontaine, comme i'amphore se balançait hardiment sUr ta tête t Alors ton co~ ators tes épau!es,paraissaient incomparables; et incomparable !a juste mesure de tes mouvements. Souvent j'ai craint que ta cruche ne tombât, mais ctle se tenait terme sur te mouchoir enrouté. Bei!e voisine, oui, j'étais accoutumé à te voir, comme on voit les étoiles, comtne on contemple la lune, comme oh y prend plaisir, sans que le moindre désir de les possédors'é-- Ycine dans le cœur tranquille. Ainsi les années s'écoulèrent vingt pas seulement séparaient nos maisons, et je ne touchai jamais le seuil. Et maintenant l'horrible mer nous sépare! 0 mer, tu n'es qu'une menteuse image du ciel ton azur magni-fique est pour moi la couleur de la nuit. Déjà tout se mettait en mouvement un jeune garçon accourut a la maison de mon père il m'appela au rivage. Déjà l'on hisse la voile, me .dit-il; elle Hotte au veut j et, soulevée avec fbree, l'ancré se détache du sable. Viens, Alexis, viens. D Alors mon.bon père, posant avec dignité sa main sur mes cheveux boudés, me donna sa béné-diction ma mère me remit avec précaution un paquet tardive-ment préparé. Reviens heureux, s'écriercnt-ils, heureux et riche t Et je m'élançai hors de la maison, mon petit paquet sous le bras. Comme je descendais le )ong de la muraille, je te trouvai a la porte de ton jardin. Tu me dis avec un sourire. Alexis, ces gens, qui (ont tant de bruit Ia-has,sont-i)s tes com-pagnons de voyage ? Tu vas visiter des côtes étrangères et tu achèteras de précieuses marchandises et des joyaux pour !es ri--

ches dames de la ville appose-moi aUssi une chame légère je iapa;'cratavecrëcdhHaissan~ J'az so'uvént`désrré cetfe pârtire Je mutais arrête, et, a la manière des marchands, je demandais exactement ta forme et le potds de la chame commandée tu fixas un prix bien modeste. Cependant je regardais ces épaules, dignes des joyaux de hôtre reine. Des cris plus violents partirent du vaisseau tu me dis avec amitié 2 ~Emporte quelques fruits de mon jardin; prends les oranges les plus mures, les blanches ligues la mer né donne aucun fruit tout pays n'en donne pas. Alors j'entrai. Tu cueillais les fruits avec empressement) et ta charge dorée pesait sur ta robe rcleveerje te d)s piusieurs tbis, avec prière) que c'était assez comme cela, et ioujoùrs un fruit plus beau, touche lëgèremeht} tombait dans ta main. Enfin tu entras sous la treille la se trouvait Un petit panier. Et le myrte Heuri se courbait sur nous, et, gardant le silence~ tu rangeas les n'uitsavëc adresse ;d~abord l'orange, ux<!e par son poids, comme un globe d'or, puis la f!gucnlo!!e,que toute pression défigure, et le cadeau nit couvert et décoré demyrtCiMaisjc ne le prenais point, je restais immobile. Nos yeux se rencon-trèrent un voi!e se repanait sur ma vue ) Je sentis ton cœur sur le mien. Mon bras entoura tes belles épaules je couvris ton cou de mille baisers. Ta tête se pencha sur mon sein; et tes bras caressants formèrent aussi une chafneautotjr de l'heureux Alexis. Je sentis les mains de l'Amour; il nous pressa, hpus unit avec tbrcc, et le tonnerre gronda trois fois dans !c cict se-rein< Mes larmes coulèrent en abondance tu pleuras, je p!eu" rai; et, de douleur et d'ivresse, il nous sembla que le monde passait. Les cris redoublaient sur le rivage mes pieds refu-saient de me porter; je m'ccr~ < Dora, n'es-tu pas & moi? Pour toujours, dis-tu doucement. Alors, comme par un souMc; divin, nos larmes semblèrent doucement essuyées do nos .yeux On cria de plus près < Alexis "Et l'enfant, qui me cherchait, regarda par. la porte. Comment il reçut la corbeille, comment it m'entraîna, comment je te pressai encore une fois la main, comment j'arrivai au navire L. Je sais que je. paraissais 'vre. Ainsi en jugeront mes compagnons ils épargnèrent 1~ malade. M déjà la vapeur d'un lointain obscur couvrait la ville. < Pour toujours t Dora, as-tu murmure. Cette parole retentit a mon oreule avec le tonnerre de Jupiter. Elle était a coté de son trône,. sa ulle, la décssedc l'amour; les Grâces étaient auprès d'elle t! notre union est confirmée par les dteux.~Hatë donc ta course, 6 navire, avec tous les vents favorables Avance, quUleputssante, partage les ndtsecumanfs. Mène-moi au port ëtrànger~ afn qüe;i en son atelier, ~orfèvre me prépare sans délai lé céleste gage. Dora, jele jure, la cIiamettedëYtendi'a une cimine~ elle ? üètif fois, & larges replis, !e tour de ton côl/Puis jeté dohnerat encore les joyaux lesplus variés~ je veux que ta main soit parée de riches. anneaux d'or, où le rubis rivalise avec l'émeraude, où l'aimable saphir se montrc'cn regard de l'ityacihihe; ou l'or encMsselà pierre précieuse dans une belle monture. Oh t quelle joie pour le nancé, de parer sa!flancée des plus rares bijouxt Si je vois des perles, je pense a.toi chaque bague rappelle a mon esprit la belle imagcde ta main délicate. Je veux échanger et acheter dans tout mon trésor,.tu choisiras ce que j'aurai de plus beau je voudrais te consacrer a toi seule toute la cargaison. Mais ton amant ne se bornera pas a t'otTrir dés joyaux et des pierreries ce qui fait plaisir a une bonne ménagère, ilic l'apportera aussi de unes couvertures de laine a broderie de pourpre, afin de préparer un lit qui nous offre un coucher moelleux et doux des pièces de toile fine. Je te vois assise, occupée a coudre) cttu ha-billes, toi, moi, et, je pense, un troisième encore) Images de l'espérance, abusez moncœurt Modérez, o dieux, cette ardeur violente qui se déchatne dans mon seint Mais je la regrette aussi, cette joie douloureuse, quand le souci s'approche de moi avec une froide, une horrible tranquillité. Le flambeau des Eumé-nidcs, les aboiements des chiens infernaux, effrayent moins le coupable dans les champs du désespoir, que ne m'effraye le fan-tôme tranquille qui me montre de loin la belle Dora. Je vois encore ouverte la porte du jardin, et un autre arrive! Pour lui, a son tour, les fruits tombent.'et !a figue lui dispense son' miel nourrissant. Est-ce que Dora l'attire aussi vers le berceau? Marche-t-il sur ses pas? 0 dieux, aveuglez-moi, effacez en moi l'image de tout souvenir. Oui, cl!e est femme, et celle qui se donne à l'un promptemcnt se tourne aussi vers l'autre en un clin d'ceil.O Jupiter, ne ris pas cette fois del'audacieux parjure! Que tes carreaux éctatent, plus terribles ) Frappe ). Retiens tes

poSsiÈs;

U9 foudres ) Envoie sur ma <racejesnuages~~ Qué;ans'la nuit ténébreuse, tes briHànts éclairs foudrolëhi ce majheureux navire t Disperse les bordages, abandonne ces marchandises aux vagues furieuses et moi-m~me aux dauphjns 'Et maintenant) Muses, faites 'silence ht. Vainement vous iachez'de pëihdre'comnie îa~douleur et !a joie se succèdent dans le coeur d'un amant. Vous né poUve~ ~uéHr'Ies~bIessurës quëTamdûr a iaitést niais de vous sëUles~sëcburables déesses, vient !e soulageaient..

t<e mottTtXM ftHM<<«t et ta BoMqne<Mré.

Le peintroPausias, do S'cycnp,'futt dahssajoun68s6tamout'euTde Gtyc&re, sa cpmpatr!ot0t trcs-habite à tresser des couronnes de ncurs. tts nvatisa~entehsemIjtC) et PaUs!as d6ptoya,dan& t'imitatton des Beurs, !aptus grande variété. MnCn it représenta son amante'assise, occt)p6e a tresser'uho couronnOt Co tableau pasBa poUr'étro i)n"de ses'h!ei!)0urs ouvrages et futappc!6!aTresseUseoU ta~Marchande de couronnes, parce que OycërCt qin était pauvre, avait gagne~sa yie ce travai). Lucutus acheta, 'dans Athènes t 'uhc'copie do ce taMëau, qu'il paya deux ta-- !ents.P)ine,'hv.XXXY,'c.xi.

ELLE. Répands !es neurs h mea pieds et aux tiens t Que! gra-cieux désordre) dans cette image confuse, de tes mains cchap-' p<!e!

Lui, Tu apparais comme J'amour, .pour enctjafner Jcs élé-ments aussitôt que tu les unis~tis s'animent, i!s vivent. ELLE. Doucement touche la rosé; qu'cHe festo cachée dans )a cot'bciHc. Ënquciquclicu que tu paraisses a mes yeux, mon ami, je te i'onre publiquement.

Lui. Et je fais commcsi tu m'étais inconhue,et je te remer-cie amicalement, jnais celle qui fait le don en évi<c !c salaire. ELLE. Donne-moi l'hyacinthe maintenant ct-donne-moi l'tcil-iet que la fleur précoce se trouve auprès de !a fleur tardive. Lui. Laisse-moi, dans ce cercle de ncurs, m'asseoir a têt pieds, et je remplirai ton giron de cette aimable troupe. ELM;. Passe-moi d'abord le fil; et les sœurs, qui, ~dans le jardin, ne se voyaient que de loin, seront charmées do se trou-ver unies.

roRsms.

Ï~t LùhQtte dois-je adhnrer d'abord, admirer c~ftn, ces fleurs magnifiques ou l'adresse de ta math 'ou le goût qui choisit? ELLE. Donne aussi des feuilles pour adoucir l'éclat 'des fleurs ébiouissantcs h vie'demande aussi des feuilles paisibles dans sa couronne.

.Lut. Dis-moi~ d'où vient qué~tu choisis si longtemps pôUr composer ce bouquet? Assurément, il est réserve pour quel-qu'un ~qUrtuveUx faire Une part plus belte.

ELLE. Je distribue, dans !c jour, cent bouquets et des cou-ronnes en foule, mais, la plus belte, c'est a toi, le soir, que je l'apporte.

LU!. Aht qu'il serait heureux, l'artiste qui peindrait ces guir-landes, ce champ Heuri, et d'abord la déesse t ELLE. Cependant il est assez heureux) ce me semble, celui qui est assis a mes pieds, et a qui jesuis plus heureuse encore d'onrir un baiser. > Lui. Ah t mon amie, encore un t Les jalouses brises du ma-tin ont dérobé soudain le premier sur mes lèvres. ELLE. Comme le printemps me donne les neurs, je donne volontiers les baisers a~ mon amantt et voici, avec le baiser, la couronne) I Lui. Si, par bonheur, j'avais eu en partage le sublime talent dePausias, reproduire cette couronne serait, !c jOUr~ mon ouvrage.

ELLE. EUe est beite, en vérité. Vois, les plus charmantes HUes de Doi'c forment alentour, leur danse aimable et changeante. Lui. Je me plongerais ensuite dans les calices, et j'épuiserais le doux enchantement que la nature a répandu sur tes corolles. EM.E. Et, le soir, je trouverais ici la couronne encore fraîche t sans se nétrir jamais, e!!e nous parlerait dans le tableau. Lut. Aht comme je me sens pauvre et impuissant! Comme je souhaiterais d'enchaîner le bonheur dont mes yeux sont éblouis t ELLE. Homme insatiablet Poëte, tu envies le talent de l'an-cien artiste? Fais donc usage du tient Lui. Et le poète peut-il reproduire l'émail des fleurs bril-lantes ? Auprès de ta figure, sa parole n'est toujours qu'une ombre. ELLE. Mais le peintre peut-il expmncr "Je t'aimct Je n'ainie quetoi,mdnami)jëYispourtôiseùH* Lui. Hélas t et le poète lui-ineme, divine enfant, ne peut dire t < Je t'aiine" comme ta voix caressante le soupire a thon oreille. ELLE. Ils peuvent beaucoup tous deux, mais le langage du baiser, le langage des yeux, ne sont donnés qu'aux'amànts,, Lui. Tu réunis tout; tu es peintre et poète avec les fleurs pour toi les nues de Flore sont a la fois des couleurs et un langage; ELLE. L'oeuvre qui s'échappe, tous les matins, des manis de la jeune fille est chose passagère la beauté en est déjà flétrie avant lesoir.

Lui. Les dieux aussi nous dispensent des faveurs passagères, et ils séduisent sans cesse les nibrtels avec de nouveaux pré-sents.

ELLE.Cependant ni bouquet ni couronne ne t'ont manqué chaque jour, depuis la première, qui nous unit si tendrement tousdeUx.

Lui. Oui, elle est encore chez moi, suspendue dans ma chambre, là première couronne que tu m'ouris, en faisant avec grâce le tour de la fable de fête.

KLLË. Comme je couronnais ta coupe, le bouton de rosé y tomba, et, buvant soudain, tu t'écrias Jeune fi!!e, les fleurs sont un poison.

.Lui. Et tu répondis < Les fleurs sont pleines de miel, mais l'abeille seule sait trouver la doUce liqueur. B ELLE. Et !e sauvage Timanthe me saisit et dit t Les bour-dons ne peuvcht-Us pénétrer ies doux secrets du beau calice? e Lui.Et tu détournas la téte$ tu voulais fuir, et, devant l'homme grossier, la corbeille et les neurs iombërent. ELLE. Et tu lui crias d'un'ton impérieux t Laisse la jeune fille t Les bouquets comme la jeune fille elle-même, sont pour des sens plus délicats.

Lui. Mais son étreinte n'en était que plus forte il ricanait, le drôle, et ta robe fut déchirée du col en bas. ELLE. Et, transporté de fureur, tu lui lanças ta coupe, qui, versant ses flots noirs, retentit contre sa tête. Lui. Le vin et la colci'c m'aveuglaient cependant j'aperçus soudain tes Manettes épaules et le beau sein, que tu couvrais. 12~ ELLE. Quel tumulte 'et quel désordre éclatèrent! A flots de pourpre, le sang, mêle avec le vin/ruisselait affreusement 'du frontdetonadversairc.

Lm' Je ne voyais qûetoi~-tbi seule, a genoux, auligëe; d'une maiU) tu relevais ton vêtement.

EnË. Mêlas ) et !es assiettes volaient contre tôt Je tremblait que le'choc du métal, lance eh tournoyant; n'atteignit le noble étranger.

Luî. Cependant je ne voyais que toi) et comme) avec vitesse, tu ramassais/de l'autre main, sous le siége~corbeille) fleura etcôut'onhcs.

En-E. Tu t'avanças, pdUrme'protcger contre les suites 'de l'accident ou lacolcre de l'n6te, dont j'avais troub!c le iestih. Lui. Oui, je m'en souviens encore je pris le tapis, comme fait le combattant, qui l'agité sur le bras gauche au devant du taureau.

ELLE. L'hôte et de sages amis imposèrent la paix. Je m'es-quivai doucement. Je tournais toujours les yeux vers toi. Lui. !!é!ast tu avais disparu. Je cherchai vainement dans tous les coins de la maison, comme dans les rues et la place. ELLE. La honte me retenait cachée. La jeune n!!e sans tacite, jusqu'alors aimée des citoyens était devenue la fable dujôur~ Lut. Je voyais assez de ncurs, et des bouquets, des couronnes en foule, mais tu me manquais,'mais tu manquais àJavUlc. ELLE. Je demeurai chez moi dans da retraite; mainte rosé s'efÏeuiUait sur la branche, l'oeillet aussi se desséchait. Lut.'Plus d'un jeune homme disait sur !a place: Voilà les nourstmaiseUe manque, i'aimable enfant qui les eût tres-sées en couronnes~" Er,LE. Cependant Je tressais, ala maison, des couronnes, que je laissais sc-flétrir.Yois-tu? elles sont encore suspendues près dufoycrpourtoi.

Lui. Ainsiscf!étrissàit!a couronne, ton premier présent. Je ne l'oubliai point dans Ic'tumùlte; je la suspendis a coté de mon lit.

KLLE. Le soir, je les regardais, mes couronnes fanées, je res-tais assise et je pleurais, jusqu'à ce que/dans la nuit sombre, couleur après couleur s'évanouît. Lui. J'allàts errant de tous cotés et m'enquérais de ta de~ meurc~ aucun, même des plus vains, ne pouvait m'en instruire~ ELLE. Nùt ne m~a jamais visitée', et nul necôhhatt mon asile écarte la grandeur de la cite cache aisément 'là-pauvre nlle~ 'Lui. Jéicoûrais de tôutes'pàrtsj et j'implorais le soleil, a qui ricn~échàppe: < Montre-moi, dieu puissant, là retraite où tu brillcàpourclle.' ` 'ELLE. Les gi'andsdteux'ne t'exaucèrent pointa mais 'là Pau-vreté t'exauça ennn !à nécessité me pressa de reprendre mon métier.

Lui.~ Un autre dieu ne te pressà-t-il pas encore dechërcitcr ton protecteur? Amour ne nous avait~i! pas frappés tour a tour désesUcches? w Ëu.E. Mcsregardstecherchaient dans ]à foule sur !a place, et je te vis.

Lut. Et la foule n'arrêta ni l'un ni l'autre'amant. iËLLE. Vite nous fendîmes la presse; nous nous rapprochâmes; tu étais.;).

Luj. Et tu étais devant moi; oui! et nous étions seuls! Mn,E. Au milieu des hommes. Us ne semblaient que des arbres et des buissons.

Luj. Et leur vacarme ne me paraissait que le murmure d'un ruisseau.

ELLE. Les amants sont toujours seuls dans la plus grande assemblée; niais, lorsqu'ils sont deux, le troisième survient aussi.

Lui. Oui, l'Amour! Il se pare de ces belles couronnes. Épanche maintenant de ion giron les ncùrs qui restent. ELLE. Je les secoue ces belles fleurs. Ami, c~est dans tes bras, c'est aujourd'hui seulement, que le soleil recommence a luire pour moi.

MnphrMyne'.

Là lumière pourprée du soleil, qui s'enfuit) s'cnàce même sur les cimes aigucs et glacées de la plus haute montagne; des Fi))e du comMicn Ncumann, rcstdo prphetine & quatorze ans. Et&ve de Goethe. K)te épousa le comédien Hecker, et toourut a t'aRO do dit-neuf ans. Goethe voyageait en Suisse, torsqu'it apprit !a nouveUe de sa mort.

PÔ~StËS.

longtemps la huit enveloppe la vallée et les sentiers du voya-geur, qui, au bord du torrent sauvage~ soupire âpres sa haute retratte~ après le terme de sa journée et sa tranquille demeure pastorale et/devant ses pas, marché avec empressemeht le diYinsommeit.cedôUx compagnon du voy~ Ptiisse t-il; encore aujourd'hui ) me bénir et couronner ma tctc'~du pavot sacre t Mais quelle lumière rayonne vers moi de ce rocher la-bas, et illumine, d'un si gracieux renet~ la vapeur des torrents écumeux? Le soleil ray6nhë-t-!l peut-être à travers les déchi-rures et !es crevasses secrètes? Car ce n'est pas une flammé terrestre que je vois là-bas errante. La nucseroulc et s'ap-proche, pHc s'embraser. 0 prodige t Lé rayon rosé ne devient-il pas une figure animée? Queue déesse vient a moi? Et laquelle des MUses cherche son ami ndelejusqué dans cet afrrcuxabtme? CcUc déesse, rcve!é-toi, et h'abttse pas, ch te dérobant a mes yeux, mon esprit inspire, mon cœur ému. PrononcCt si cé!a t'est permis devant un mortét, prononce ton'nom divin si non daigne m'avertir par quelque signe, afin que je devine !a-queUc tu peux être des fitles immortelles de Jupiter, et que !e poète d'abord te célèbre dans Un chant digne de toi. t Ami, est-ce que tu ne me connais plus? Et ces traits, que tu aimas autrefois, déjà te seraient-ils devenus une image étrangère? A la vérité) je n'apparnens plus a la terre, et déjà mon âme frémissante s'est dërobcc avec douleur aux plaisirs de la jeunesse; mais j'espérais que mon image était encore pro-fondément gravée dans le souvenir de mon ami et encore bril-lamment iransnguréc par l'amour. Oui) déjà je le vois à ton regard ému je le vois a tes pleurs, Euphrosyne est connue en-core de celui qui l'aima. Tu le vois, la morte s'avance a travers les forêts et les sauvages montagnes; cHe cherché le voyageur, hélastjusquedans les pays lointains; elle cherche le maure, l'ami, le porc; elle jette encore Un régard en arrière sur !e léger échafaudage des joies terrestres. Laisse-moi les rappeler) ces jours où tu me préparais, enfant) aux jeux de la scène t a cet art prestigieux des Muses charmantes; laisse-moi rappeler ces heures et toutes les moindres circonstances. Aht qui n'é-voque pas avec amour ce qui ne saurait renattret La foule charmante de nos jours les plus doux, ait t qui l'estime à son

POËSJËSt prix, ce trésor fugitif) Ii semble pelit) mais tl ne l'est pas poUr le ctBur.~L'amoUt') 'les arts, agrandissent lès 'petites choses. Te soUYiën~ilchcorë de cette heure st~r'lésvPlâmchès~dù théâtre, tu më'Ss gravir les: degrés~ sériénx ~dé° 1'art sû- Mime? Je parus en Jë~ ènfânt; tû'ïne nôitimaisArtni]r~ettiÏanin)asM môi'là pôéüqûe fgtire dü l3rétbrii; tu ménàçats avec ûa furieux transport rmëspauvrës'ye~ et, sous l'empire d'une illuston secrète y tu oétourn~ toi=mëtné ~tès ycuxen pieUrs. Aht tu~enlontras pro~ ét tü'pc4tégéas`~üiïë triste Yie, qu'une fuite téméraire ehBn ravjt atehfàa~ Tu pris dans tes bras sccoùràbles le corps bnse tu m~emporias~ et long-temps sur ton sein Je teignis la mori. Enfin J'ouvris les :yëux, et je te vis plongé dans ùne(grave et silencieuse méditation, penche sur ton tavôrit Je m'élevai 'vers toi comme un enfant, et, de ines lèvres, Je pressai tes mains avec rëcoQnatssâhce~ je te présentai, pour un baiser pur) ma bouchecomp!aisante. Je te dis 'Pourquoi es-tu si sérieux, mon père~Oh! j'ai faitU) t enseigne-moi comment je pourrai'mieùx réussir. Nul c~brt < ne m'est pénible auprès de toi; et l'ensemble et chaque dé-- < tàil) je répète tout volontiers, quand tu me diriges et m'en-soignes. Mais tu me saisis avec force, et tu me pressas plus vivement dans tes bras, et mon coeur frémit au fond de ma poitrine. Tu t'écrias < Non mon aimable enfant; l'ensemble < et chaque détail~ comme tu les as présentés aujourd'hui pré-- < sente-les demain à la ville; remue tous les cceurs comme tu < m'as remué, et, pour t'applaudir, couleront des yeux les plus secs de précieuses larmes. Mais tu m'as saisi plus'proton t dément encore, mot) ton ami, quitetiens dans mes bras, < moi, troublé par la seule apparence de ta mort prématurée. < 0 nature~ qu'en toutes choses tu te'mônfrès sûre ët'gràhde ) I < Le ciel et la terre suivent une loi immuable, éternëue; les ans suivent les ans; l'été donne la main au printemps) et !e < sociable hiver au riche automne; les rochers demeurent < fermes sur leur base'; l'onde éternelle se précipite/écumeusë Pour t'tntet~gence dM d~taita de ce pastige~ nous renvoyons !e !ecteur au drtmeteRotJ~an.deShakspeare. Dans t'e~u'tede ta pièce, Goethe jouait te rote d'Hubert, qui Mt charge dé fatre àveugtér Arthur. Le jeune prince se tue on se préc!p!tant du haut d'une tour, pour échappera ta prison. et mugissante; Jes pins verdoient sans cesse; que dis-je? les < bois dé~ujilés nourrissent,~ même ;au~~s~ l'hivër, dé se= < crct~ Bourgeons leurs, braùclies .ToUt nah et meurt selon sa loi mais; sur la vie; de~ l'hommQ, ce préciet)x trésor règne < une nottante destinée.LCe ;n'~st pas toujours le père} satisfait de mourir, qui~ d~bôrd de=Ï~~ avec son < digne ûisnotissant; ces paUpiÈEés~ volontiers s;âba>sseïit, < le plus jeune oejtes ferme pas toujours aU plus YieuX) Innommé 'robuste a l'inurme.:PlUssQUYehi~l~ lts>:dèstin~è rènvérsè l'ordre~es jours..Un .YtejUa~d sans appUt pleure~ en vain; ses < Gis et ses petits-ula~il reste comme uii~ tronc mutile, autour < duquel lajgrAleoragetMe.aL jonche la terre dc~'ameauxfra-- < casses~ C'est pourquoi,.chère enfant) je fus plongé dans cette m6ditaUon,pro{bnde,Jorsque~ avec l'apparence d'uh cadavre d~Sguré,~ufus coucliée. dans mes braa. ~ats~ je te vois avec joie, dans, l'éclat de îa jeunesse ô créature chérie, revivre sur < mon. cocurt iYa'coUrir: gaiement~ garçon déguisé t La jeune Cllegranditppu~la.joie du monder pour mon enchantement. t Poursuis toujours de meme~ et qu'a cl)aqUeipas do ta vie < ascendante,l'art cUltiye. tes dons natureist Sois longtemps ,< mon plaisir;.&yant ~que:mes.yeux.soient termes~je souhaite ;< de voir ton. beau talent heureusement accompli. Tel Att ton langage, et je n'oubliai jamais cette heure solennelle. En les interprétant, ;je me développai) parL;tes~leçoBS:sublimeat Oht qu'avec bonlieur je;répéfa)ts au peuple l~a paroles touchantes et fortes que tu ayais çonnées mes l~irres enfantines t t0h t comme je me formais sous.tesEegards, et te.cherchais danë'Iatbule serrée des spectateurs étonnés! Et tu retourneras désormais~ tu assisteras à ces~jeux,jet jamais Euphros~nenéipaMttrà! pour citarmeria voe.~Tu~ned'entendraa plue, la voixfde l'élève ado-lescente que tu.!tonnas, bien jeune éncor&.amacceBta des douleurs de.Famour. D'autres viendront:et!passeront~ d'autres sauront te plaire, le grand, talent lui-même est btentot'remplace par.unpIusgrandf-Mais~ toi ):ho m'oublier pa&t S'il) en: est une quelque jour, qui, au milieu des Occupation~ qui t'assiègent, vienne toi d'un air serein obéisse'& ton din d'cÈtI, mette sa joie dans ton sourire, et hé se plaise qu'à la.place~que tu<Iui auras destinée; si elle n'épargne ni les eSbrts ni l'étude; St, avec ardeur, jusque la porte m6m au tôn~ibeaü; éile fait `lé joyeux ~d. ami, tu~té soùviéndr~s~dé mo~ et bMn tard tu t ecr ei-as encpre.i. Eûphrdsyhe).~ Jeila m~~ < ~olont~ coup,dechoscs,m~~M~ célle qui s'ën va;-ne siârr2fe pâs nnë div~nit~ soi~vérainé; inéxorâûlé; piè ~ide.Àd.eu.dej~jesuMenira~ d'tiné coârse ~nçerta~nès Ent~dsmonmquë~u;quet6namtti6rex~ ( Yé~~e laissé pas descendre sahsgM~ chez les om~~ La triüse sé~le dôiine quetqu~ la môrt, Câr; daus le roÿaume de Prôserpinè; ~ent~en&sansfo~ muititude cônfusè,les om~res dé'= ~esdeIeurnoM; mais celle que le poète à cé! §`avâticè ~P~, avec une forme distincte, et se joihtaûchœ des hcirès dé tous .les,temps. Je m'avance avec joië~ annonce par tes chants,, et 16 regarddela.déesse s'arrête sur.m avéc bien-. ~llMce.EUe m'accueille avec bonté/et m'appel~ pâr: irièn nom; elles me saluent,~ës!femmes illustres, divines, qui sans Msse entourent son Û-6ne. Pénélope me parler Pénélope; la plus Môle des femmes; Ëvadnéaussi/appuyée sur son,époux aimé. De plus jeunes s approchent ensuite~ descendues ayant l'âge aux sombres bords elles dépIoréDt a~ë~ moi notre commune des-tmée. :Si.AQt !gpne survient, Antigone, la.plus.&aternelle des Ames, et Pôlytene, encore troublée de sa mort huptmïe, je les regarde comme des sœurs et les aborde comme leur digne com-pagne car.elles senties Mble%<~éatiohs de l'art tragique. Un poete.auMi me fonM,etse& chanta achèveront en mo~e'que ma refusé 14 vie.. AiQoi,dit~Ie,: et ses lèvres chômantes essayaieot de parler encore~ mais la Voix expira murmurante. Car le divin Hermès~ calme et radieux, sortit de la nue pour-prée, flottante) toujours agitée; il leva doucement le caducée et donna le: signal les, nuages .balancés,. s'amoncelèrent, et ils engloutirent, dans leur~ course, les deux~ figures devant moi. La nuit m'environne, plus profonde; il~torrentjgrontb avec plus de fureur, à coté du sentier, glissant une invincible tris-tesse ..une douleur accablante, me saisit,.et une roche moussue est le seul appui de mon corps chancelant, I~a mélancolie dé-chire toutes les nbres de mon sein; la nuit voit couler mes pleurs, et 1 aurore s'annonce sur les cimes de la forêt. <jeM*to<r.

Lu!. Dquce àmie~ permets encore un bai~ h ces lèvres t Pourquoi ite~rouvë~ë si avare aujdurd'hu!? Mter, comme aujourd'hui, l'arbre heUrissait~ nous ëcnangeames mii!e baisers tu' tes comparais m~6me$ a,l'essaimtQes abeiltes: qm s'approche des npurs et les sùce~ et~ lës: sebé éncôrë-; si bien que l'a~rëàblë chant de leurs douces vôluptésTrësonne alentour. Toutes poursuivent encore leur aimaMe travaii le prihtètnps se serait-il envolé pour nous, avant que les fjeura se'fussentdispersëes?' > HLLE. R6vë toujours) mon doux ami parle d'hier encore; Je t'ccoute volontiers~'je te pressé ïid61ement''sUr mon .cœUrt <l!ier,z dis-tu?..i II futjë le sais~ il iut délicieux; une parole venait mûurir dans l'autre; le baiser suivait de près le baiser, il fut douloureux de se quitter le soir elle fut triste, la longue nUit d'hier a ce matin cette nuit qui s~mposait aux amants sé-pares. Mais le tnatin est revenu. Hé!as! faut-it que; dans l'in-tervàHe ) j'aie vU l'arbre porter dix ibis des fleurs et des truits)

Amym<M.

Nicias, homme excellent, médecin du corps et de t'ame, je suis malade~ il est vrai, mais ton remède est rigoureux. Ah) mes forces épuisées se refusent a suivre ton côhsèiti'Déja même l'ami me semble être un adversaire. Je ne'puis' contester avec toi/je me dis tout, je me dis même là parole') plus dure, que tu ne prononces pas. Mais, h'élast'I'ônde se précipite de ja roche escarpée~ et les chants n'arrêtent pas'!ë (lot du ruisseau. La fureur'de l'orage n'est-elle pas irrés!stiMe?'Et le soleil ne roule-i- il pas du haut des cieux dans les Ondes ?. Et voilà comme' de toutes parts la nature tne dit l 'Amyntas, tu es aussi courbé soUs la loi sévère des puissances Inflexibles." Ouc ton ffont, mon ami, ne se rembrunisse pas davantage; écoute de bonne grâce ce qu'un arbre m'enseignait hier !a'-bas, près du ruisseau. Il me rapporte peine quelques pommes~ i lui, si charge autrefois; tu le vois, la faute en est au lierre qui l'entoure et le presse. Et je pris la serpe courbée, tranchante~ je coupais, j'arrachais, rameau après rameau; mais'je frémis soudain) lorsque) avec un profond 'et douloureux soùp !r/d<M-cenditdèlàcin)èjusqu'a'~oi''cë'pla~~ `=Oh; ïië me Messe pas; hio~i'~6tendël~ jârdiri ';t;qùi, d~s~ton plds jeune âge,tu fus rédevâblë'dë' mamtë' joûtssahce ) Ott hë")hë blesse pas Avec cesramëa~x'ëntr~ ~ije''bnsc ia violence tu m'arrachës'cr~ lâ` vié.Cetfé` plâmfe~ .iïe l'âi=jè'pâ's nourrie moi~ntemë'et 'doucement élevée pour n~oi? Sa verdure ne tn~ést-ëlle pas utiie cdmme'mdn propre fëuitiage? Ne~ pas là chénr elte qui, tn'ayaht besoin~ que 'de ntbi avec tinë force sëcr6te~passiohhëe,s'ëniacë~uiour'de"m~ tfânc Millé rameaux s6 sont enracinés avec hutte et m~tëS~res~ënë s'at-tache aux bases de ma vie; el!ë ttre de moi h nôurriturëfce qui m'ëtatt hecessaire, ene eh jouit e~ë suce mannoëUë ëUë sitcë mon ~më.' C'estënvàm que je me nourris encore; mes puissantes racines ne %nt) hétas! monter jusque moi que ta moitié de !a sève vita!e car !'h6të dangereux;' bten-àime s'ap-proprie avidement, au passage, !a substance des fruits d'au-totnho. Rien n'arrive a ma couronne} !ë haut 'de Ja cime se dessèche; eue se dessèche'même, )a branche sur le ruisseau. Oui) c'est là irompëuse, c'est eue/qui, par ses caresses, de-robe mes trésors et ma vie, eue) qui dérobe ma force active, mon espérance. Je ne sens qu'e!!ëseuie) e!!ë sëùte, qui m'eh. lace je ne me plais qu'à ces henS) a cette mortë!!e parure, u ce fouitlagë étranger~' ihoighe ta serpe, A Niciast épargne !e tnameureuxqtii se consume) esciave volontaire, dans Je plaisir d'aimer. Toute dissipation est douce; 6ht laisse-moi jouir de ta p!us he!!c Qui se livre a l'amour tieht-ii compte de sa vie ? r

MertMnm et Korothte.

Ainsi donc)' Hy avait du crime à m'inspirer un jour de Pro-' perce a m'associer au téméraire Martial, a ne pas laisser der-rière moi les anciens garder l'école; a les voir avec plaisir me suivre dans !e Latium au sein de !a vie; & m'ëHbrccr avec xetc d'observer !a nature et Fart a n'étrecbioui par aucun nom, cn-ehaincpar aucun dogme; a ne pas sounrir que, chez moi, rhomme fut déguisé par Jes importunes convenances de !a vie; a dédaigner te misérable masque de l'hypocrisie? Ces torts, ô Muse, que tu as soigneusement cultivés, le peuple me !cs rc-proche~ il ne voit en moi que le peuple; l'honnête hotnme lui-même, Menveinant et loyale âütreizient :~inais c`est tôi seule, 6 Muse, qui )~gnes sûr m6t~ car toi se~~ ëücorè tu reüôüvelles, iu raviVeâ la jeunesse dans mon cœur~ et tu me la promets jusqu'à .la nn.RedoubIe~ déessei ta sainte vigilance! Hétas! une abondance dtevelure ne ndtt~ plûs auttiür de ma tête i c'est mainteaànt qu'on à besoin: de couronner i pour abuser et soi-màmë et les autres. César ne couronna non plus sa tête que par nécessité/Si tU tri;as'des~né un~ràmèâd de laurier~ laisse-le verdir 6nMre sur tàbrand~~ pourle donneT ùn jour au plus digne.. Cependant tresse a plaisir les rosés eh cou-ronne familière tMent6t des boucles argentées s'y entrelace-ront comme des lis. Que ma femme attise le <eu pour préparer les aliments sur le tbyer pur{ que mon nls~ en jouant, s'occupe d'y jeter le branchage fais que le vin ne manque pas dans !a coupe. Amis ailables et sympathiques, entrez Les couronnes vous attendent. D'abord) la santé de l'homme~ dont l'audace nous délivre entin du glorieux Homëre, et nous appelle aussi dans la carrière agrandie !QuL oserait en enet lutter avec les dieux, et qui, avec l'homme unique?. Mais, d'être un Home-ride fut-ce même le dernier, c'est une belle chose. Ecoutez donc mon nouveau poème Buvons encore un coup ) Que le yin, l'amitié et l'amour séduisent votre oreitle. Je vous produis les Allemands eux-mêmes ) dans le séjour plus tranquille, où, près de la nature, l'homme s'élève encore humainement. Qu'il nous accompagne, le génie du poète qui, pour nous charmer) 3 unit soudainement sa Louise l'ami digne d'ette Je terai aussi passer sous vos yeux les tristes images du temps, mais le cou-rage triomphera dans la race vigoureuse. Si mes vers savent tirer des larmes de vos yeux et répandre la joie dans votre t. FrM. Aug. Wolf. Goethe estimait beaucoup son profond savoir, stns adopter cependant ses tdees pàradoMtes sur [es poBmes d'Homère. 2. A))us!on &ia Loutsode YOM, Cesniots rappeUent, Mtt ta mantero impré-vue dont te pera de Louise bentt Mn mtrtage, sott la tetratte prêcipfteo de! nouveauï epom. Loinse t ~te surprise parson Ëaace~an moment o<t e)te essaye sa parure nuptiale, havi de la beauté de son épouse, tt ta mené a ses parents pour ta teùr faire admtrer, et te ~teui pattéur procède aussitôt & ta bénédiction. Les gens delà maiMn~ reunis & table, manifestent leur sympathie par des chants et des toasts, auïquets le< épout M dérobent, asseï brusquement pour exciter ta maiigne curiosité des conviTes.

PoUsïUs.

amè,vencz) pressez-moi sur voire coeur avec tendresse Ode l'entretien soit sage. Le siècle, qui touche a sa nn, nous en-seigne la sagesse. En est-il un seul que le sort n'ait pas éprouve? Désormais vous jetterez en arrière un regard plus serein sur les douleurs passées, si un joyeux sentiment vous dit qu'i! est bien des choses dont on peut se passer. Nous avons appris à cohhaitre les hommes et les peuples apprenons a connaître nôtre propre coeur et jouissons de nous-mêmes.

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