‹ Œuvres de Goethe. 1Chapitre 8 sur 59 · ÉPITRE I · texte numérisé non relu

ÉPITRE I

Aujourd'hui que chacun lit) et que bien des lecteur se con-tentent de feui!!eter !c livre avec impatience) et, prenant eux-mêmes !a plume, grcn'ent, avec Une rare habileté, un gros livre sur un petit, tu veux; mon ami) que, t'écrivant sur !'art d'é-crire, j'augmente !a fouîcet publie mon opinion, ann que d'autres disent la-dessus leur avis a !eur tour) et que, toujours de même jusqu'à l'infini) se rouie la vague'nottantc.~ais c'est ainsi que le pécheur s'avance dans !a haute mer, aussitôt que te vent et la matinée tu! semblent favorables. H fait son métier, quand même cent confrères sHionnent la piaine briiiante. Nobteami, tu désires ie bonheur du genre bmnain, de nos Attemands surtout, et) d'une façon toute particunere/dctcs plus proches concitoyens, et tu crains ies enets des livres dan-gereux. Nous !es avons) hélas! remarqués souvent. Ot)c faire? Que pourraient tes honnctcs gens réunis? Que pourraient !cs princes? La question me paratt grave et importante, maisciie tue trouve justement de joyeuse humeur. Par une température chaude et sereine, brii!e !a fcrtite contrée; tes airs caressants 1. Les ÈpUrcs sont écrites en TershcMm~rcs. m'apportent, par-dcssUs tes vagues émues, une fraîcheur dou-cement embaumée; a l'âme sereine, le monde aussi parait se-rein/et le souci ne se montre a moi que de loin, comme de légers hUàgesqut passent.

Ce que ma touche aisément esquisse s'enacë aisément elle ne se grave pas beaucoup plus avant, l'impression des lettres, qui .dit-on) bravent l'éternité. H est vrai qu'elle parle a beau-coup de gens, la page imprimée; mais bientôt) comme chacun oublie son visage, ses traits, qu'il a vus avec complaisance dans le miroir, il oublie les mots~quoIqûégraYes par l'airain. Les paroles flottent légèrement dans un sens et dans l'autre~ lorsque beaucoup de gens discourent, et que chacun n'entend que soi-même dans ses propres paroles, et même n~éntend que soi encore dans les paroles qu'un autre a prononcées, Il n'en est pas autrement des livres. Dans sa lecture, chacun ne démêle que soi, et, si l'on est fort) on se lit dans le livre, et l'on s'a-malgame l'élément étrangërt C'est donc bien vainement que l'on s~cnbrce de changer par des écrits les inclinations dé l'homme et ses penchants déjà décidés; mais tu peu~ l'affermir dans ses sentiments, ou s'il est neuf encore, le tremper dans celui-ci ou celui-là.- Je le dis comme je le pense, il me semble absolument vrai que la vie seule façonne les hommes, et que les mots ont peu d'effet. Car, si nous écoutons avec plaisir ce qui confirme notre senti-ment, ce n'est pas d'écouter qui le détermine ce qui nous ré-pugnerait, nous en croirions peut-être l'orateur habile, mais notre âme, affranchie, s'empresse de chercher ses voies ac-coutumées. Voulez-vous qu'on vous écoute avec joie et qu'on vous obéisse volontiers, il faut vous résoudre & flatter. Que vous parliez au peuple, aux princes, aux rois tous il vous faut conter des histoires, o~) paraisse vivre ce qu'Us désirent et ce qu'ils voudraient éprouver eux-mêmes.

Homère se ferait-il écouter et lire par tout te monde, s'il ne s'insinuait dans l'esprit de l'auditeur quel qu'il soit, et l'~tade ne sonne-t-elle pas toujours admirablement pour le héros, dans le palais auguste, dans la tente du roi? A son tour, la sagesse errante d'Ulysse n'est-elle pas mieux écoutée sur la place, oh les citoyens se rassemblent? Dans l'~xK/c, chaque héros se voit ennobli sous le casque et le harnais dans l'Ody~, le men-diant m6mé sous ses guenilles.

Sur la rive bien pavée'de là cité les honneurs divins à des lions ailés, j'entendis un jo~r ~ure Un conte. JL~ peuple attehMf~tsajt cercle, et se autour du rhapsode en guenilles. Un jour~ dit-il, l'orage me jeta sur le rivage de, l'île qu'on nomme Utopie. Je ne saià M quelque autre persôhae de làsoctëté la Ytsiiajamats.E~ s!t~é~(j'àl mer, a gauche des colonnes d'Hercule. Je tus accueilli d'une manière très-àmiealé on me conduisit dans une hÛteIlërie, of) je trouvai là chère et le vin excellents, Un Itt mou et des soins délicats. Un mois passa bien vite. J'avais oublie tout a tatt mes chagrins et nies soutïrahccs. Matsjë commençât a me dire tout bas avec souci Hétas t'après le repas .que vas-tu dire de < l'écot? Car la bourse ëtàit vide. De grâce; mbtns de bonnes choses,* disais-je al'hôte. H m'en servit plus encore. Mon an-goisse àugmentatt, l'inquiétude m'otait toute envie de manger, et je dis enfin < Monsieur l'h6te, je vous prie de me <atre une note raisonnable; mais lui) me regardant de travers~ d'un air sombre, il prit un gourdin le balança sur moi Impitoyable-ment, et me trotta les ëpàutes, me trotta la tête, et faHlit m'as-sommer. Je m'enfuis et courus chez le juge. On manda sur-le-champ mon h6te, qui se présenta tranquillement et répondit d'un ton mesuré On en devrait taire autant tous ceux qui violent ia sainte hospitalité denotreile, et, d'une manière in-décente, impie) demandent la noie à l'homme qui les a Itonr nétement hébergés. Devais-je endurer une pareille olïensc < dans ma propre maison? Non, en vérité, je n'aurais eu qu'une éponge & la place du coeur, si j'avais supporté cela. La-dessUs le juge me dit Oubliez-les coups, car vous avez mérité ce < châtiment'et un plus sévère encore. Cependant, voulez-vous < rester dans cette Ile et l'habiter avec nous, il faut d'abord 'vous montrer digne et bon citoven<–Hélas! répliquai-je, «monseigneur) je n'ai jamais pu me faire au travail; aussi «n'ai-jc aucun do ces talents qui nourrissent aisément leur homme: onm'appelait toujours, parrailIerio.JeanSans-Souci, et l'on m'a chassé de la maison. Oh) sois donc le bienvenu, répondit le juge, tu. prendras & table le haut bout; quand la

PÔHSIËS.

< cohnhùhè se yassëmb~crâ~'nous té donnerons 'au 'conseit la" K place que tu mentes. Mats garde bien qu'une honteuse're-~ « chute ne t'entrathé au iraYait ,qU'on ne trouvefpëut~ëiré'chez < toilà ~echeoûla rame:tusëràis'aussn6f~ êt" << sahshourriturë'ëtsahsK~dhheilrYRes~ daps îà)pÍqéèj'Iès = bras croiscs'sur' !a panse rebondie, écouter !es joyeux airs de <' nos chanteurs ~rë~rder !es 'danses des jeunes nl!es, tes' <jëuX des entants voitMes'devoirs que tu Yas promettre et < jurer de rempHr. ,,¡, >

Te! fut lerëcit de t'hdinmc. Les fronts dé tous les auditeurs étaient devenus sereins~ et t6Us souhaitaient de se voir un Jour héberges et même battus comme hu.

EPITRË II.

Digne ami, tu fronces le sourcil; ces badihages ne te sém-- .Ment pas être à leur place: la question était sérieuse, et tu demandes une réponse réfléchie. Je ne sais, par le ciel, d'où vient que la notice s'est éventée chez moi tout a coup. Mais Je poursuis avec plus de réservCt Tu me. dis Je veux bien que la foule régie comme elle pourra sa v!c et ses lectures mats songe à mes filles que !e poète suborneur initie a tous les désordres.

Je réplique Il est plus facile d'y remédier qu'on ne pourrait le croire. Les jeunes tilles sont bonnes et se mettent volontiers à faire quelque chose. Donne a l'une les clefs de la cave. Qu'elle soigne les vins de son père, aussitôt que, livrés par le vigneron ou le marchand i ils enrichissent les vastes caveaux. Une jeune nlle a beaucoup à iairc, pour tenir en bon ordre les nombreux tonneaux, les futailles et les bouteilles vides. Souvent aussi elle observe le travail du moût écumant} ajoute ce qui manque pour que les bulles flottantes atteignent aisément l'ori-tiçe dtt:tpnneàu~et que.iajhpb!e,queur)ib~~ ~et,lhîlÍiidc; se tnArisse ennn pour les années sUivanteSt Alors elle est inta-t)gab!e;à remplir) ~pUiser~ann que la boisson, toujours spiri-tueuse~ipure~antmeie.repas. i Donne a l'autre la cUtsine~poUr son einpirët La, certes, elle trouve assez d'ouvrage, pour prëparer)I'etd comme l'hiver, le repas quotidien, toujours appétissant) et Sans trop saigner ta bourse. Des le printemps, elle a soin d'elevef des poulets dans la basse-cour) d'engraisser des canards qui barbotent. Tout ce que la saison lui donne, elle le fait parattre en son temps sur la ta-ble elle sait, chaque jour~ varier habilement les mets i'cte mû-rit les fruits a peiner qu'c!!e pense déjà aux provisions pour l'hiver. Dans la cave fraîche t'crmentc le chou sUccu)cnt, et le cornichon se confit dans !e vinaigre mais là chambre aérëe lui garde les dons de Pomohe. Eue est sensible aux éloges de son père et de ses frères, et, si quelque chose lui réussit mal, c'est un plus grand chagrin pour elle que pour toi la fuite d'un débiteur, qui part sans payer son billet. Ainsi la jeune iille est incessamment occupée, et se forme en silence aux vertus do-mestiques, pour le bonheur d'un homme sage. Knnn, lui prend-il envie de lire, elle choisit, n'en doute pas, un de ces livres de cuisine, que la presse diligente nous a déjà donnes par cen-taines.

Une socut' se charge du jardint qu'il ne faut pas condamner a n'être qu'un lieu sauvage, qui entoure ta demeure d'une om-bre humide et romantique mais qui, divise eh planches dé-gantes, comme vestibule de la cuisine, nourrit des herbes utiles et des fruits, délices de l'enfance. Sache toi-même te former ainsi, comme un patriarche, un petit royaume, et peuple ta maison de tiddes serviteurs. As-tu d'autres tilles encore, qui préfèrent rester assises, doucement occupées d'ouvrages de femme, c'est mieux encore I'aigui))c ne chôme guère de toute l'année, car, si occupées qu'elles soient a la maison, elles ai-ment a paraître au dehors en dames dësœuvrccs. Combien la couture et le ravaudage et le blanchissage et le repassage n'ont-ils pas augmente de cent façons depuis que la jeune filtc aime a se voir en blanche toilette arcadicnne, avec de lon-gues robes traînantes, balaye les rues et les jardins et soulève la poussière dans la salle de balt En vérité, quand j'aûrata seule-ment une douzaine de QUes dans la niaison, jàmàMjé hë sérats embarrassé pour le travàiL EUes s'en créent assez a éhes-méme~.PasuQtivrè, envoyé du cabinet de lecture, ne tran-chirait, de toute l'aohée, le seuil de ma porte.

ËPI&RAMMES'.

(VENISE n90.)

Comment oh a dissipe!eon temps el son argent à

te petit livre gaiement le dira.

t. Le païen, pour décorer les urnes et les sarcophages, y répandait )a vie les faunes dansent alentour avec le chceUr des bacchantes, ils forment une ronde variée; le chèvre-pieds jouf-flu fait sortir des sons rauques et sauvages de la corne reten-tissante les cymbales, les tambours, résonnent nous voyons et nous entendons le marbre. Oiseaux voltigéants, que votre bec trouve à ces fruits un goût délicieux! Le vacarme ne vous effraye point moins encore efïraye-t-il l'Amour, qui n'aime a porter son flambeau que dans le tourbillon de la foule. Ainsi l'affluence triomphe de la mort, et, sous ce marbre, dans la muette enceinte, la cendre paraît jouir encore de la vie. Oh 1 puisse bien tard le sarcophage du poète être ainsi couronné de ces pages on il a répandu richement la vie t 2. –'A peine, dans l'azurplus foncé, s'otïraicnt à mes yeux le soleil éclatant et les touffes de lierre suspendues au rocher en élégantes couronnes, que je vis lé diligent vigneron attacher la vigne au peuplier. Un vent tiède venait à. moi par-dessus le berceau de Virgile soudain les Muscs rejoignent leur ami, et 1. Les épigrammes de Goethe sont écrites en distiques, à la manière des anciens. nous tenons ensemble des discours sans suite, comme les aime levoyageur.

3. Toujours je tiens mon amante avec ardeur dans mes bras enlacée; toujours mon cœur se presse sûr s coctir~ tou-jours ma teie s'appuie sur ses genoux mon regard se love vers sa bouche et ses yeux charmants. Kffcmihe, dira quelque cen-seur, c'ëstdoncaihsique tu passes !cs jours? Ahïjc Icspasse bien maIL.. Apprends ce qui m'arrive: malheureux que je suis, je tourne ledos a l'unique joie de ma vie voila déjà la vingtième journée que la voiture m'cntràme. Les vbiturihs me hravent.Iegarçon d'auberge tnenaite et le valet de place in-vente mensonges et tromperies Si je veux leur échapper, le maître de poste s'empare de moi; les postillons en font a leur tête: puis viennent tes douanes t –Je ne te comprends pas; tu te contredis tu semblais goûter le repos du paradis, aU com-bledu bonheur, comme Renaud. Ah) jcmccomprends bien mon corps est en voyage, et mon âme repose toujours dans les bras de mon amante. D 4.– Voila toujours l'Italie, à laquelle j'ai dit adieu. Les che-mins sont encore poudreux; l'étranger est encore dupe, qu'il s'y prenne comme il voudra Vainement tu cherches de toutes parts la probité allemande ici régnent le mouvement et la vie, mais non l'ordre et la règle. Oh ne pense qu'a soi; on se défie des autres; on est vain a leur tour, les maures de l'Ktat ne songent qu'a eux-mêmes. Le pays est beau, mais, hélas! je chct'che en vain faUstine. Ce n'est plus la l'Italie que j'ai quittée avec douleur.

6.–J'étais couche dans la gondole, c! je passais à travers les navires qui sont chargés en nombre dans le grand canal. Vous trouvez la. diverses marchandises pour divers besoins, blé, vin, Ipgumes, bois, broutilles; nous passions au .travers comme la Mèche; soudain un laurier perdu me frappa rude-ment la joue. Je m'écriai Daphne, peux-tu bien me blesser?. J'attendais plutôt une récompense! La nymphe dit tout bas, avec un sourire Récités de poète ne sont pas graves la peine est légère. Passe ton chemin.

6. Quand je vois un pèlerin, je ne puis jamais retenir mes larmes. Pauvres humains, comme une erreur nous rend heureux t

t4i 7. J'avais une àmahfe; elle m'était plus chèrè~ tout au monde. Mais je ne l'ai plus t Silence résigne-toi à fa'pcrfe. 8. Je compare'cette'gondole au~b~ :Üotlcement bafahce, et la caisse~ I~haut; semble ùn~àrgecèrcueil~~ entrclebèrceaù et le cercueil on nottë~~e~ in= souciahcë, sur lé grand "canal 9. ~bus voyons, cote du ~dôge, le nonce marcher d'un pas solennel 'ils~ensëvelisséht le Seigneur l'un d'eux scelle la pierre. Ce que pense lé doge, je l'ignore; mais l'autre rit sans doute de ce sérieux appareil.

t0. D'oh vient que le peuple se presse et crie de là sorte? J! veut së=n6urrirj faire des enfants et les nourrir àussi~bicn qu'il pourra. Observe ces choses, voyageur, et fais de mejne chez toi. ~ûl n'en 'fait daYahtage, qu'il s'y Eprenne cbmme'il voddra.

H. <' Comme ils carillonnent, ces prêtres ) Que de peine ils sedonnent pour que l'on vienne, que l'on bavarde seulement aujourd'hui comme hier) "Ne glosez pas sur les prêtres ils connaissent les besoins dé l'homme combien il est heureux en effet, s'il bavarde demain comme aujourd'hui! !2. –Que le fanatique se fasse des disciples sans nombre, comme le sable de la mer) Le sable n'est que du sable; mais toi, la perle, toi, sage ami, sois mon partage. '13. –11 estdouXt au printemps, de fouler d'un pied délicat le tre~c nouveau, et de toucher la toison de l'agneaU d'une main caressante; ilést doux de voir couverts de~neurs les rameaux renaissants et d'appeler avec le regard du dcsfr !c tendi.'c icuil-lage mais il est plus doux de parer de Heurs le~sein de la bergère, et, ce bonheur plein de charmes, le mois de mai:ne mel'accordc'pas.

l4t Je compare le pays a cette enclume. Je prince au mar-teau, et le peuple a la fëuil'e de cuivre qui se courbe entre deux. .uatheur & la pauvre feuille, si cite ne reçoit que des coups in-certains~ capricieux, et si la chaudière ne semble jamais achevcc!

!5. Le fanatique se fait des disciples en t'ouïe et il ébranle la multitude, tandis que l'homme sage. ne compte que de rares amis. Les images miraculeuses ne sont, le plus souvent, que de méchants tableaux les oeuvres de l'esprit et de l'art ne sont pasfaiies pour le peuple. d'" 16. Qu'il se rende le maître, celùi.qui entend son intérêt i Et pourtant notre choix appellerait celui qui entend le h6tre. t7.–La misère enseigne prier, ;dit-qh. Si quelqu'un veut s'en convaincre, qu'il visite l'Italie l'étranger y trouvera cer-tainement la misère.

18/QueIIefpfesse cette boutique) Comme, sanë~ on pesé, on reçoit l'atgent, on livrela marchandise) Ici l'on vend du tabac a priser. C'est la se connahre soi-même) Le peuple se pourvoit d'ellébore sans ordonnance du médecin. 19, Tout noble: de Venise peut deYenir doge: cela lui donhe~ dès l'enfance, l'air distingué, indépendant, circonspect et Sert De la vient aussi que les oublies sont si délicates chez les welches catholiques, parce que, delà même pâte, le prêtre con-sacre Dieu.

20. A l'Arsenal reposent deux lions grecs antiques. Auprès de ce couple, la porte et la tour et le canal sont petits. Si la mère des dieux venait'du ciel) ils se courbèraient tous deux devant son char) et elle serait fière de son attelage. Mais au-jourd'hui ils languissent dans un triste repos; le matou mo-derne déploie ses ailes, en tous lieux il nie, et Venise le nomme son patron.

21.–Le pèlerin chemine sans cesse. Et trouvera-t-it le saint? Entendra-t-il et verra-t-il l'homme qui a fait les miracles? Non l le temps l'a emporté tu ne trouveras que des reliques, son crâne, ime couple de ses ossements conservés. Nous sommes tous des pèlerins ) nous qui cherchons l'Italie ce sont des os dispersés que nous honorons, joyeux et croyants.

22. Jupiter ptMvftM, tu te montres aujourd'hui une divi-nité propice, car tu fais plus d'une largesse en un seul moment tu donnes de l'eau à Venise a la campagne une verdure nou-velle et a ce livret maint petit poème.

23. Verse encore, baigne encore les grenouilles au man-teau rouge, arrose la campagne altérée, afin qu'elle nous en--

1. NtMWUM, ra<tM <<<nMt<a<ot)'< et aussi <!M'M'e. leu de mot* tntM-duhtMe. toièdes brocolis thais ne vâ pas transpercer mon peUt livre. Que j'aie un iIacônd'aràkpUr, et que chacun ae fasse du punch asàguise.

14. Saint-Jeàh-dâhs-là-Bôue estle hem de cette église aujourd'hui) à double titre, j'appelle Venise Sainf-Marc-dans-la-Boue.

26. As-tu vu Baies, tu connais là mer et les poissons~ Voici Venise tu connais aussi désormais la'vàsèetle.s'grehbmilês. 26. Dormëz-YOuaëncôt~P –Paix, laissez-moi reposer. Si je m'éveiMe/que taire jci~~m~ tlf'~dai'gei' mâis il est vide. Où l'on dort solitaire ) 'c'est tômoùrs la Sàrdaigne; c'est toujours Tthur~ Où notre amie nous réveille. 7 27. Toute la Nèuvaine (je veux dire lés Muses) me faisait des signes souvent; mais je n'y prenais pas garde; je tenais ma maîtresse dans mes bras. Maintenant j'ai quitté ma belle les Muses m'ont quitté, et, dans mon trouble) je cherchais du coin del'œil Une corde et tin couteau. Mais l'Olympe est rempli dé divinités Lassitude, tu vins me sauver) Je te sàlde! mère des Muses 1 28. Quelle jeune fille je souhaite posséder?. Vous le' dé-mandez ? Je là possède comme je la souhaite, c'est-à-dire, il me semble, beaucoup avec peu. Je marchais au bord de la mer, et je cherchais des coquillages t dans l'un je trouvai une petite perle. Dès ce jour, je la gardai sur mon coeur. 29. J'ai beaucoup essayé, dessiné, gravé sur cuivre, peint à l'huile} maintes fois aussi, j'ai pétri l'argile, mais avec incod.stance, et je n'ai rien appris, rien produit il n'est qu'un seul talent ou je sois devenu presque mattre, l'art d'écrire en alle-mand; et, poète malheureux, je dissipe dans la plus ingrate ma-tière ma vie et mon' àrt.

30, yoUs portez dans vos brâs de beaux enfants, et vous restez la ngUre voilée; vous mendiez t c'est là parler avec force au cœur humain. Chacun désire avoir un petit garçon comme le pauvret que vous montrez, et une maîtresse telle qu'on se l'imagine sous le voile.

31. Ce n'est pas ton véritable enfant, celui pour lequel tu mendies, et néanmoins tu me touches. Oh combien me tou-chera celle qui m'apportera le mien 1 32. Pourquoi Icciies-tu ta bouche mtgnonne, quand tu me rencontres en jCourant? Fort bien) ta petite langue me dh commeellesaitjasërt 33. L'Allemand apprend et cultive tous.les ~M dans chacun, il montra un beau ialent/quand Hst~ ment.II n'est qu'un art qu'il cultive sans le vouloir apprendre) c'est là poés!c de 1~ vient qu'il bousille de la sorte. Amis, nous en savons quelque chose! ,ir .7 v 34. –Souvent, 6 dieux, vous vous êtes déclarés ;Iës amis dû poète donnez-lui donc. aussi ce ~pnt il a besbin.lllut iaUt pcU de chose et pourtant beaucoup; D'abord une agréable demeure} puis Une table sufnsante et <Ie. bon vin. Comme vous, l'Alle-mand se connatt en nectar. Puis des habits décents, des amis, pour deviser <amil!èrement,!Ctt la nuit, une mahrcssedon~ l'amour le réclame.VoiH:les bienfaits de naturc~que je de-mande avant tout, Donnez-moi encore'les langues anciennes et modernes~ afin que j'apprenne à connattt'e, la ~'ie des peuples et leur histoire; donnez-moi un sentiment pur de ce qu'ils ont fait dans les arts donnez-mo! de la considération parmi le peuple; de l'influence chez les puissants, et tout ce qtu peut s'onrir en-core d'agréable citez les humains. Fort bien) 0 dieUX) je vous rends grâces, vous aurez bient6t fait de mo! le plus heUrcux des hommes, car je tiens déj~ de votre faveur la plupart décès biens.

35. Entre les princes de la Germanie, le mien est petit sans doute; ses Mtats ont d'étroites limites, sa puissance est bornée: mais, si chacun cmployaittCommelUt.ses forces au dedans, ses forces au dehors, que l'on serait heureux d'être Allemand avec les A!!cmands)Eht que servent :mes louanges a celui que ses actions et ses œuvres proclament? Et mon hommage peut-être semblerait suborné; car il m'a .donné ce que les grands ne donnent guère t aftcction.Joisir, con-fiance, terres jardin, maison. Je n'ai d'pbhgattpn qu'a lui seul, et bien des choses m'étaient nécessaires, a; moi, poëtc, qui entendais mal le soin de ma fortune. L'Europe m'a loué l'Europe, que m'a-t-clle donné ?IUen! J'ai;payé bien cher mes poésies! L'Allemagne m'a imité et !a France a pu me lire. Angleterre, tn fis un accueil gracieux .a ton hote~défi-guré'. Mais en sùis-jë~ptus a\'ancé, St !e' Ctnhôis M-ntc~ s'appuquc a peindre sUr verre, d~uhë main soigneuse~ et Charlotte? Jamais empereur n'a daigna s'enquérir de 'moi aucun roi n'en a pris soucif et lui) il a été poUr moi Auguste et Mécène..

36. Là vie d'un homme qû'est~elle? Cependant mi!le voix pëuvëntdiscoUrirsu~ un honime, sur~œ a (ah et Comment ill'afatt. Un poëmeest%pins encore i~ë~ pôtî'rlàritmÍÍ]e'pelivent s'y platrCt mille le critiquer. N'importë~~nonami avivez, chantez toujoursi' 37. Je m'étais iatiguc a hc voir jamais que des tableaux, maghinques trésors" de l'art) tc!s que Venise lesconscrvc car cette jouissance elle-même cxtgc du reiache et'du !oisir. Mes yeux tasses chercitaient des charmes vivants. Jongleuse) je i'c-connUs en toi ie type des bambins ravissants que !ë pinceau de JeanBelIth nous otTreavecdesaites; que t'aulVéron~se envoie, ta coupe a!à main, au nàncedont les convives/trdmpes, boi-venU'eaupourduvin.

38: Comme tai!!ce par!a main d'un'artiste, l'aimable figu-rine, souple et saris ossements, nage; a la façon du mollusque tout est liaison, tout est jointure, tout est charmant) tout, assem-blé avec harmonie, et tout se meut a volonté. J'ai vu des hommes et des animaux, des oiseaux, des poissons, certains reptues particuliers, prodiges de la grande nature, et cependant je t'admire, Dettme) prodige charmant) qui es toutes choses à toi seule et un ange encore par-dessus.

39. Aimable enfant, ne tourne pas tes petites jambes vers le ciel Jupiter te voit, le fripon, et Ganymede s'inquiète. 40. –Va, tourne sans crainte tes petits pieds vers le ciel) i Nous levons les bras dans la prière) mais sans être Innocents comme toi.

4l. Ton joli cou se.penche est-ce merveille? Il té porte souvent tout entière. Tu es IcgcrC) mais trop pesante pour ce col dc!icat. Elle ncmcdépiattnuilcment, cette inclinaison de ta jolie tête jamais un cou ne néchit sous un plus gracieux fardeau. t. Goethe était mécontent des traductions qu'on avait faites de ses œuvres en anglais,etceversyfaftaUusion.

42. Comme Brcughel, avec des formes confuses, que son caprice ehchatne avec son génie internai et sombre,- trouble nos regards YacÏMahts; comme Durer, avec ses images apoca-lyptiques, hommes et chimères tout é~ ébranle notre raison; comme un poète, chantant avec puisse SpNp, les Sirènes et les Centaures,. éveille la curiosité dans.i'oretlle étonnée comme un songe émeut L'homme mqutct, lorsqu'il croit saisir, courir en avant, et que tout Cotte et change. ainsi nous troubte Bottine, en donnant mille formes ses membres gracieux mais elle nous charme, aussitôt que ses pieds touchent la terre..

43.–Volontiers, je franchis, les limites tracées avec une large craie. Fait-elle &o/~a', i'enfant me repousse avec gen-tillesse..

44. Hélas < que fait-il, de ces âmes ? Jdsus Maria ) ce sont paquets de linge, comme on eh. porte a )a fontaine. Cette fois, elle tombe t Je ne puis y tenirt Venez, partons!Qiie c'est joli Voyez donc comme elle se tient debout t Quelle aisance! 1 Tout cela en riant) en badinantt "Vieille femme, avec raison tu admires Bottine. Tu me semblés belle et rajeunie, depuis que ma mignonne te.ra.Yit.

45. -–De toi tout me platt, mais j'aime surtout à voir comme ton père te fait vivement pirouetter sur toi-même tu fais la culbute dans ton élan,.et, après le saut périlleux, sur tes pieds tu retombeS).et tu cours, comme si de rien~n'etait.

46.–DeJ~ chaque visage se, déride; les sillon du travail, les soucis et la pauvreté disparaissent;, on croit voir des. heu-reux. Pour toi le marin, s'adoucit et te donne une .tape sur la joue; pour toi labourses'ouvre, chichement, il est-vrai, mais elle,s'ouvre pourtant; l'habitant de Venise déploie son manteau et te donne son offrande, comme si tu l'implorais par les mira-cles de saint Antoine) par les cinq- plaies du Seigneur, par le cœur de la bienheureuse Vierge, par les tourments du feu qui purifie les âmes. Chaque petit garçon, le marin, le revendeur, le mendiant,, se presse, et, près de toi,, jouit d'être un enfant comme toi.

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