‹ Œuvres de Goethe. Tome 1Chapitre 26 sur 109 · VII. — Le départ · texte numérisé non relu

VII. — Le départ

J'étais insatiable après mille baisers, et, avec un seul, je dus enfin m'éloigner d'elle; après les douleurs, profondément sen-ties, d'une séparation cruelle, le rivage auquel je m'étais ar-raché, Avec ses maisons, ses montagnes, ses collines, ses fleuves, aussi longtemps que je le vis distinctement, me fut un trésor de jouissances. Enfin dans le ciel bleu resta le ravissant spectacle des ombres lumineuses, qui s'effaçaient au loin.

Et lorsqu'une fois la mer borna le regard, mon désir brû-lant retomba sur mon coeur : vivement affligé, je cherchais mon bien perdu.

Soudain le ciel me parut resplendir ; il me sembla que rien, rien ne m'avait échappé, et que j'avais encore tout ce qui fut jamais mon partage.

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