IX. — Deuxième lettre de l'amante
Pourquoi cette lettre nouvelle ? Ami, ne le demande pas ex-pressément ; car, au fond, je n'ai rien à te dire ; mais enfin cette feuille parviendra dans tes mains chéries.
Comme je ne puis aller, ce que j'envoie te portera mon cœur sans partage, avec ses joies, ses espérances, ses extases, ses tourments : tout cela n'a point de commencement et n'aura point de fin.
Le jour présent, je ne veux rien t'en dire, ni t'avouer comme, dans ses pensées, ses désirs, ses rèves, ses volontés, mon cœur fidèle vole et se tourne vers toi.
Ainsi j'étais un jour en ta présence, à te contempler, et je ne disais rien. A quoi bon le langage ? Je sentais mon ètre ac-compli.