‹ Œuvres de Goethe. Tome 1Chapitre 44 sur 109 · QUERELLE DE L'ESPRIT ET DE LA BEAUTÉ · texte numérisé non relu

QUERELLE DE L'ESPRIT ET DE LA BEAUTÉ

2. — Le seigneur Esprit, qui mérite tout respect, et dont nous estimons hautement la faveur, apprend qu'on a eu l'audace de mettre la Beauté au-dessus de lui : aussitôt il fait grand bruit. Survient le seigneur Souffle, à nous connu de longue date, comme digne représentant de l'Esprit. Il commence, hélas! peu galamment, par sermonner la friponne. Cela ne touche pas le moins du monde la tête légère. Elle court tout de suite au maître : « Vous êtes habile et sage, lui dit-elle : le monde n'est-il donc pas assez grand? Si vous faites le fier, je vous plante là ; mais, si vous êtes sage, vous m'aimerez. Soyez assuré que, de toute l'année, on ne verra pas un couple aussi joli. »

"AAAIÎZ.

La Beauté eut de belles filles; l'Esprit engendra des fils stu-pides. Ainsi, pendant quelques générations, l'Esprit ne fut pas permanent, mais bien la Beauté. L'Esprit est toujours auto-chthone. Il revint donc, travailla, s'évertua et trouva, pour su-prême récompense, la Beauté, qui lui rendit une vie nouvelle.

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