‹ Œuvres de Guillaume de Machaut (volume 2)Chapitre 3 sur 61 · Ed. Scheler, 1868, p · texte numérisé non relu

Ed. Scheler, 1868, p

3. Jean de Condé, 1314-1340; Watriquet, 1 3 ig- 1 829, d'après le Grundriss de Grôber, II, 1, p. 843 et 85 1.

4. Un Liber Fortunae (inédit), de 1 345, d'après le Catalogue général des manuscrits, fr. 12460, [Âne. suppl. franc. II 1891, p. 532), est un peu plus récent que le Remède de Fortune. Rappelons qu'à la même époque, de 1 358 à 1 366, Pétrarque composa ses Remédia utriusque Fortunae, évidemment sans connaître l'œuvre de Machaut.

5. Nous tirons cette conclusion du fait que les manuscrits K et J reproduisent précisément ce passage du Voir Dit, le seul qu'ils présentent de l'œuvre entière. C'est donc que cet épisode a dû être apprécié tout particulièrement.

poème de Guillaume et ceux qui le précèdent '. Même le Roman de la Rose n'a pas été utilisé dans cette partie du poème : quoique traitant le même sujet, les questions sur lesquelles disserte Jean de Meun sont bien différentes de celles qui sont exposées dans le Remède de Fortune 2. En dernier lieu les points de contact que peut présenter ce poème avec les ouvrages français antérieurs s'expliquent encore par cela qu'ils remontent tous, les uns directement, les autres indirectement, à la même source, le célèbre traité de Boèce, De consolatione Philosophiae. C'est laque s'inspirent les poètes et les moralistes qui se proposent d'entretenir leur public des désastres causés par Fortune et de lui apprendre à supporter ses coups redoutables. Jean de Meun renvoie à « Boëce de Confort » dans le Roman de la Rose, en souhaitant que quelqu'un en entre-

i. Si par exemple la troisième strophe du poème de Watriquet offre quelque ressemblance avec la première strophe de la Complainte du Remède de Fortune, cela n'est dû qu'à cette circonstance que les deux strophes riment en -ourne et cette rime est donnée tout naturellement par le verbe tourner, l'une des fonctions principales de Fortune. Ou encore la roe de Fortune, entraînant après elle des rimes telles que moe, boe, etc., établit un air de ressemblance entre la douzième strophe du Dialogue de Pierre de la Broche avec la dizième strophe de la Complainte . Quant aux lieux communs, ce sont les plaintes sur l'inconstance de Fortune, sa « mutacion soudeinne », sa « trahison »,sa fausseté qui « oint » et « point » etc.

2. Nous avons fait remarquer plus haut (p. xv, n. 3) que Guillaume, en recommandant d'aimer malgré tout, fait une opposition directe aux recommandations que Jean de Meun fait entendre aux amoureux par la bouche de Raison. Le ton même du passage en question (v. 2797-2803) nous fait croire que Machaut avait vraiment en vue les vers du Roman de la Rose et qu'il les combat en effet, sans toutefois en faire expressément mention. Cela prouverait, ce qui était admissible a priori, qu'il se souvenait de cette partie de l'œuvre de Jean de Meun, lorsqu'il écrivit le Remède de Fortune.

INTRODUCTION

prenne la traduction '. Gervais du Bus, dans le Roman de Fanvel, raconte brièvement l'histoire du philosophe et donne un compte rendu succinct de son traité 2. Guillaume de Machaut lui-même, dans la Complainte, rappelle expressément les recommandations de Boèce (v. 982). Il oublie par exemple de nous dire combien il doit au philosophe romain : toute la partie consacrée à Fortune est, non pas une traduction, mais une adaptation plus ou moins libre de plusieurs, chapitres choisis du traité latin. Pour la première fois nous observons chez Guillaume ce procédé, dont plus tard il usera encore souvent, de donner, intercalés

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