INTRODUCTION XIII
qu'il a passé dans l'entourage du roi. et on retrouvera encore dans son dernier ouvrage, la Prise d'Alexandrie, un éloge de ce souverain, comme le monde n'en vit de pareil « depuis le temps Charlemeinne » '.
Au moment où Machaut écrit son Confort d'ami, il se trouve encore sous ie coup de la terrible défaite de Poitiers et de la captivité du roi de France. 2 L'événement lui a suggéré une consolation qui nous paraît pour le moins bizarre. « Heureux emprisonnement», dit-il en substance au prisonnier, « qui vous a obligé de rester à l'écart de ce désastre, car il vous aurait placé, comme les autres, devant la perspective d'une fuite honteuse, ou d'une captivité ruineuse en Angleterre, ou encore de la mort! » (v. 2781-2866). Et aussitôt il passe à un éloge pompeux de la bravoure du roi Jean pendant la bataille, éloge bien mérité, certes, mais qui étonne quelque peu dans un poème dédié à la victime de ce même roi. Machaut aurait-iloublié, un instant, à qui il adressait son Confort ? Ce n'est guère admissible. A-t-il donc, en exaltant le courage du roi et en faisant des vœux pour sa prompte délivrance, simplement voulu exprimer ce qui était le sentiment général de ses compatriotes, et le sien propre, cela sans aucune arrière-pensée et sans tenir compte des sentiments bien différents que devait avoir là-dessus le prisonnier du château d'Arleux ? On arrivera peut-être à une certaine précision, si l'on essave de déterminer quelle fut l'attitude personnelle de Machaut dans le conflit entre les deux rois. Qu'il prenne le parti de celui à qui il veut apporter un « confort d'ami », cela va de soi. Il se déclarera donc pleinement convaincu de l'innocence du captif. ' Mais, en lisant