‹ Œuvres de Guillaume de MachautChapitre 13 sur 85 · XIV INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XIV INTRODUCTION

entre les lignes, on a nettement l'impression que cette conviction manque de solidité '. En somme, il n'en sait pas plus long sur cette affaire que tous ses contemporains. A l'en croire, l'opinion publique dont il se fait l'écho et sur laquelle il fournit des renseignementsintéressants, 2 était partagée (vv. i8o5-i8o6), et on ignorait les raisons qui avaient pu déterminer le roi Jean, à faire son coup de main de Rouen. 3 En tout cas, si Machaut proclame l'innocence du roi de Navarre, il se garde bien d'accuser le moins du monde le roi de France. Au contraire, celui-ci sera pour Charles un « bon et loyal juge, sage, piteus et véritable » et enclin au pardon (vv. 1 83o-i 833). Le poète se tient donc sur une prudente réserve.

Or, on constate qu'à partir du Confort d'ami il ne sera plus jamais question de Charles le Mauvais dans les œuvres de Machaut ; par contre, dans tous les poèmes suivants, notre auteur donnera une place à des membres de la maison royale de France : ce sera le duc de Berry dans la Fontaine amoureuse, le dauphin, dans le Voir Dit, et quand le dauphin sera devenu le roi Charles V, il l'introduira dans la Prise d'Alexandrie. C'est une orientation toute nouvelle dont il n'y a pas la moindre trace dans les poèmes antérieurs au Confort d'ami, bien que les rapports de Machaut avec la maison royale de France remontent bien plus haut 4. C'est qu'il était lacile de prévoir que la rupture définitive entre la maison de France et celle de Navarre était chose inévitable. Elle n'était cependant pas consommée au moment

i. Voyez notamment les vers 1 833- 1884, et la restriction significative exprimée aux vers i655-i66o.

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