INTRODUCTION XVII
même (w. 395i-56 ; 3964). Pourquoi ? Sans doute pour atténuer ce qu'il peut y avoir de trop présomptueux dans les conseils qu'il se permet de donner à un puissant seigneur. Les vérités qu'il lui dit risquaient de trouver un mauvais accueil et il espère y parer par une modestie feinte ou réelle'. Ensuite il introduit, selon son habitude, l'anagramme qui contiendra pour la première fois, à côté de son propre nom, celui du prince à qui est destiné le poème. On les trouve dans les vers 3968-3969, qu'on traitera d'après les indications données dans l'introduction (vv. 29-40). En supprimant Quant « au commencier du vers onsieme » à partir de la fin, c'est-à-dire au vers 3968, et la lettre e dans le dixième (3969), il reste exactement, sans « rien oster ne mettre», de quoi faire: Guillaume de Machaut ; Charles roi de Navarre. On n'arrive pas toujours à une solution aussi pleinement satisfaisante que celle-ci \
La fin du poème soulève un autre problème. Vexplicit du Confort d'ami, fait unique dans l'œuvre de Machaut, est suivi d'une tirade de 26 vers qui représentent — ou sont censés représenter — une réponse du roi à l'envoi de Guillaume \ C'est une espèce de complainte du captif sur les maux qu'il endure depuis un an et demi et sur les vexations qu'il subit de la part de ses ennemis. Le texte en est par endroits assez obscur, ce qui tient surtout à la forme de cette réponse. L'auteur s'y est en effet livré à l'un de ces jeux de versification, comme les aimaient les rimeurs de la fin
1. On remarquera une précaution analogue aux vers 3665- 3667 °ù il essaie d'atténuer la portée de la critique qu'il ose diriger contre les « seigneurs ».
2. Je me permets de renvoyer à mon article sur les anagrammes de Machaut, dans la Zeitschrift fur romanische Philologie, t. XXX (1906), p. 404.
3. Cette tirade se trouve dans tous les manuscrits à l'exceptiun de la copie du manuscrit 994 de la Bibliothèque Nationale.