‹ Œuvres de Guillaume de MachautChapitre 18 sur 85 · INTRODUCTION XIX · texte numérisé non relu

INTRODUCTION XIX

avons jusqu'à trois exemplaires, Tune dans le manuscrit de Berne A 95 ', une autre dans le manuscrit 485 de la Bibliothèque de Chantilly \ une troisième dans le manuscrit de la Bibliothèque Nationale fr. 994, fos 65-86. Le succès de notre poème n'est pas moins bien attesté par les traces qu'il a laissées dans la littérature de l'époque. Il est très probable que le jugement élogieux que Froissart porte sur le roi Jean de Luxembourg3, n'est qu'un écho des éloges que Machaut lui prodigue ici à pleines mains. Des rapports plus précis existent entre le Confort dami et certaines poésies d'Eustache Deschamps. Dans son Lay de plour ', Eustache Deschamps donne, lui aussi, aux princes bon nombre de conseils (vv. 91-196). Il y en a de précis, et qui se rapprochent singulièrement de ceux qui se lisent dans le Confort d'ami : par exemple, la recommandation d'exclure les clercs des conseils de guerre (vv. i3 1-140), l'avis qu'un chef doit veillera sa popularité (vv. 141- 148), le conseil d'éviter de se laisser enfermer dans une

i. Nous le désignons par la lettre L. (C'est dans ce sens qu'il faut corriger notre indication à la page xlv du t. I de cette édition). Il ne reste plus aujourd'hui de cette copie que les vers 1- 426 et 1625-1712.

2 . Nous n'avons pas cru devoir tenir compte des variantes de ce manuscrit, qui n'est qu'une assez mauvaise copie du xve siècle. On en trouve la description dans Chantilly, Le Cabinet des Livres, Manuscrits, t. II, pp. 71-73.

3. La connaissance exacte qu'avait Froissart des œuvres de Machaut a été bien mise en lumière par M. Geiselhardt (Machaut und Froissart, Diss. de Iéna, 1914). D'autre part, Froissart, né en 1 3 37, n'a pas pu connaître personnellement le roi de Bohême, dont il connaissait, il est vrai, le fils Wenceslas de Brabant. Il l'a même si peu connu qu'il s"obstine à lui donner le prénom de Charles. Or, on remarquera que Machaut ne nomme jamais le roi par son prénom. L'erreur de Froissart n"exclut donc pas de sa part la connaissance du poème de Machaut; au contraire, elle témoigne plutôt en faveur de cette hypothèse.

4. Lay VII, éd. Queux de St-Hilaire. t. II (1880), pp. 3o6-3i4.

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